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Mercredi 22 Novembre 2017         

Tunisie : Depuis quand les contrebandiers sont-ils des adversaires politiques ? (Chahed)

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Publié le Jeudi 20 Juillet 2017 à 12:13
Youssef Chahed  à l'ARP (Photo d'archives)Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a défendu énergiquement ce jeudi 20 juillet à l’Assemblée des représentants du peuple, sa politique anti-corruption, affirmant qu’elle repose sur l’application de la loi à tous, et l’égalité de tous devant la loi. Les objectifs de cette campagne sont le rétablissement de la confiance dans l’Etat et entre les électeurs et la classe politique, ainsi que l’amélioration de la position de la Tunisie dans le classement de Transparency International, pour la faire passer de 76 sur 168 pays actuellement, au premier tiers des pays les moins touchés par ce fléau dans les prochaines années, a-t-il promis en substance.

Le locataire de la Kasbah s’est défendu que cette campagne soit sélective, affirmant qu’elle n’excepte ni n’immunise personne, quelle qu’en soit la position, ou la couleur politique. "Notre slogan dans cette campagne : "pas d’immunité pour qui que ce soit. Personne n’est au dessus de la loi, et personne n’est au dessus de l’Etat", a-t-il proclamé.

Chahed pointe "la mauvaise foi" de ses pourfendeurs

"La loi doit être appliquée à tous, sans sélection, ni discrimination", a-t-il asséné, s’en prenant à ceux qui ont taxé sa politique de sélective ; une accusation "fallacieuse qui procède d’une mauvaise foi, dont le but est de défendre et de couvrir les corrompus". "Certains ont parlé de sélection avant même de connaître la liste des personnes visées et la nature des soupçons qui pèsent sur elles", a-t-il dit.

"Notre guerre ne sera pas sélective, elle est de longue haleine, sera menée avec détermination et obstination, et n’épargnera aucune personne objet de soupçons de corruption", a-t-il martelé.

Pour ceux qui disent que cette campagne émane de règlement de comptes politiques, il a rétorqué sous les applaudissements nourris de l’hémicycle : "depuis quand les contrebandiers sont-ils des adversaires politiques ? Depuis quand ceux qui ont commis des crimes contre la communauté nationale, ceux qui ont pillé, et dont la source de fortune n’est pas connue, sont-ils des adversaires politiques ?" Ces gens ont commis des crimes contre le pays et la communauté nationale, ils sont coupables d’évasion fiscale, de crimes de change, de blanchiment d’argent…, a-t-il énuméré. "Ceux qui useront de couverture politique pour couvrir la corruption ne passent pas", a-t-il prévenu, admettant que "dans la guerre contre la corruption, il n’y pas de neutralité, ou on est avec l’Etat ou avec la corruption, il n’y a pas de position de milieu".

Chahed prône un Etat juste
S’agissant du procédé utilisé dans les dernières arrestations, et le recours à la loi sur l’état d’urgence, il a indiqué que tout ce qui a été fait était dans le cadre de la loi et des dossiers ont été transférés à la justice. Il a admis que des mesures exceptionnelles ont été prises.

A l’instar de la lutte contre le terrorisme, à guerre exceptionnelle, mesures exceptionnelles, a-t-il noté en substance.

Il s’est défendu que cette politique anti-corruption soit dirigée contre les hommes d’affaires, ou les riches, appelant à se garder de diaboliser les chefs d’entreprise qui ont pâti de l’exacerbation de la corruption et de la contrebande.

Les chefs d’entreprise sont, en majorité, des patriotes qui investissent dans leur pays, prennent des risques, et créent des richesses ; l’Etat leur doit la reconnaissance qu’ils méritent.

Il a expliqué que la guerre contre la corruption n’est pas une campagne, car une campagne est conjoncturelle et limitée dans le temps, mais c’est "une politique de l’Etat pour mettre fin à ce fléau", laquelle ne doit pas reposer sur ces mesures seulement, mais requiert des réformes profondes à tous les niveaux.

Il a dit que son gouvernement s’en est tenu dans sa politique anti-corruption aux engagements pris dans le cadre du document de Carthage, qui s’articulent autour de quatre axes :

*La stratégie nationale de lutte contre la corruption

*L’institution d’un cadre légal et d’un arsenal législatif

*La réforme administrative et la numérisation de l’administration

*Imposer le respect de la loi à tous.

Le co-chef de l'exécutif a énuméré les textes de loi votés ou qui le seront dans la prochaine période, signalant que le dispositif de corruption et la mafia ont exploité le vide juridique pour sévir.

Il a évoqué le texte sur l’enrichissement illicite qui permet d’interroger les responsables de l’Etat sur les sources d’une fortune qu’ils auraient amassée et qui ne correspond pas à leurs revenus.

Ce projet de loi a été parachevé, soumis au Conseil supérieur de la magistrature pour avis, et sera par la suite transféré à l’Assemblée des représentants du peuple.

"Cet arsenal législatif est un acquis pour notre pays, et est un pas important pour consacrer démocratie et construction d’un Etat juste".

La politique anticorruption de l’Etat requiert que l’administration développe sa prestation et consacre la transparence. Il a cité deux principales dispositions prises dans le cadre de la réforme administrative : la première porte sur la simplification des procédures administratives et donnera lieu à la révision de 2000 mesures administratives ;  la seconde est la promotion de l’administration électronique et l’Open Gov.

"Unifier les Tunisiens autour d’un rêve commun"

Le chef du gouvernement a admis que le pilier de la guerre contre la corruption est le pouvoir judiciaire devant travailler en toute indépendance conformément à la constitution, citant les mesures prises pour renforcer la justice, notamment le recrutement de 500 magistrats sur deux ans pour la justice judiciaire, de 60 magistrats pour le tribunal administratif et 20 magistrats pour la Cour des Comptes, et l’augmentation du budget du ministère de la Justice de 20 %. Il a annoncé la tenue d’un conseil ministériel dans la prochaine période pour prendre des mesures à même d’améliorer les conditions de travail des magistrats.

Youssef Chahed a dit avoir "la conscience tranquille, ce qui ne veut pas dire autosatisfaction, étant donné que les réussites réalisées dans certains domaines restent relatives, par rapport aux attentes des Tunisiens et des défis à relever, en termes de lutte contre le terrorisme, d’instauration d’instances constitutionnelles, de lutte contre le chômage, d'amélioration du pouvoir d’achat, etc.

"Notre but est d’unifier les Tunisiens de toutes les catégories autour d’un rêve commun, celui d’une Tunisie démocratique et prospère", a-t-il souhaité, affirmant que "le refus de cette guerre par les lobbies dont les centres de force ont été frappés ne nous fait pas peur et ne nous empêchera pas d’aller de l’avant dans cette guerre". Ni la campagne de diffamation, ni les menaces, ni les pressions ne nous feront revenir sur ce processus,  et ne nous dissuaderont d’accomplir notre devoir pour l’intérêt de la Tunisie, a-t-il juré.
Gnet

 

Commentaires 

 
0 #2 Augmentez K
Ecrit par Tunisien     20-07-2017 18:23
Le temps c'est important.
Augmentez K (Y=KX)pour atteindre les objectifs le plus vite possible.
Le temps c'est de l'argent, le laisse allé c'est une perte. Dans tous les domaines les responsables ne doivent pas perdre du temps. IL FAUT AGIR.
 
 
0 #1 Bravo mais..
Ecrit par Ortho     20-07-2017 13:14
580 magistrats sur deux ans ?
Est-ce bien sérieux ?
Quelle sera leur formation ?
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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