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Mercredi 23 Mai 2012         

Tunisie, Chedly Ayari pointe la mal-gouvernance de la révolution

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Publié le Vendredi 20 Janvier 2012 à 16:27
Chedly Ayari évoque une déficience de la gouvernance de la révolution tunisienne. L’économie tunisienne a souffert en 2011 d’un blocage de la croissance. C’est la première crise grave après 24 ans. La toute dernière crise, celle de Mohamed Mzali, remonte à juillet 1986, où le taux de croissance était de 1 %. Sinon, la moyenne du taux de croissance en Tunisie était, bon an, mal an, aux alentours de 4,5 %, dit en substance Chedly Ayari, professeur émérite. Cet ancien ministère de l’Economie de Bourguiba tire la sonnette d’alarme, pointant une mal-gouvernance de la révolution, et mettant en garde contre "un effondrement de la société tunisienne, dont la première victime sera le peuple".  

Chedly Ayari fait un flash back et se rappelle de l’époque où il était aux manettes. "Au cours des 50 dernières années, la Tunisie a connu des taux bas de croissance, mais la machine économique ne s’est jamais arrêtée, comme cela a été le cas en 2011. En 2011, la Tunisie ne créé plus de richesses", martèle-t-il.

Intervenant sur la situation économique et sociale en Tunisie, un an après le 14 janvier, lors d’un séminaire organisé hier par la confédération Générale tunisienne du Travail (CGTT),  Chedly Ayari estime que les neuf semaines les plus terribles pour l’économie tunisienne étaient celles s’étalant du 23 octobre à la fin de 2011. "Alors qu’au 1er trimestre 2011, on a eu un taux de croissance négatif de -3%, la situation s’est améliorée les 2ème et 3ème trimestre, et on assistait aux prémisses d’une embellie, mais les choses se sont vite dégradées d’une manière inattendue. Le tournant était, à ses yeux, l’annonce de la démission de Béji Caïd Essebsi.

Pour ce professeur émérite, le problème ne réside pas dans un manque de ressources. Puisque le volume d’investissements prévu en 2010 et 2011 est à quelque chose près le même. Alors que les investissements programmés en 2010 -entre 15,7 et 15,8 milliards de dinars- généraient un taux de croissance de 3 %, ceux prévus en 2011 qui étaient de l’ordre de 15 à 16 milliards de dinars, ont donné 0 % de taux de croissance, explique-t-il. Il en déduit que "la corrélation entre croissance et investissements n’est pas systématique". Chedly Ayari refuse d’admettre que cette débandade économique est le coût de la révolution. "On ne peut pas tout mettre sur le compte de la révolution, le problème est dans la gouvernance de la révolution".

"Les gouvernements ont travaillé sous la terreur de la rue"
Les gouvernements postrévolutionnaires ont trouvé une situation difficile, avec des tensions sociales dues à un déséquilibre de développement, remontant à l’époque du président déchu, et même à l’époque de Bourguiba où j’étais ministre, dit-il. LaTunisie a toujours connu ce dualisme, voire un développement à plusieurs vitesses, reconnaît l'ex-ministre.

"Il y avait une inégalité en matière de contribution à la création de richesses à traves l’emploi, et une injustice en matière de distribution de richesses. C’est ce que les marxistes appellent, les conditions objectives de la révolution". Mais, cette situation n’explique pas tout. "C’est la mal-gouvernance de la révolution qui était à la base de la catastrophe économique".

Et d'expliquer : La gouvernance de la révolution n’est pas imputée au seul gouvernement, elle est dévolue à trois composantes : le gouvernement, la société politique et la société civile. Les gouvernements Ghannouchi 1 et 2 ont travaillé sous la terreur de la rue, et étaient obligé de répondre aux demandes de la rue sous pressions.

Le gouvernement de Béji Caïd Essebsi a trouvé un pays dans une situation difficile. Il a suivi une politique d’apaisement, a agi d’une manière urbaine avec les gens, en laissant faire, estime Chedly Ayari, en ajoutant : "Malgré ses efforts, la prestation du gouvernement de Béji Caïd Essebsi n’était pas au niveau des défis posés par la révolution tunisienne".

S’agissant de la société politique ; "ses membres ont suivi la révolution dans les salons, ou à l’étranger, ils l’ont par l’a suite récupérée. Au lieu de se considérer comme étant une partie de la gouvernance dans cette étape difficile, ils étaient enivrés par les libertés, et sont entrés dans une course au pouvoir", déplore-t-il en reprochant à la société civile de ne pas avoir de vision unifiée, et un travail de terrain coordonné. L'ex-ministre jette, au passage, l'anathème sur l’UGTT. "Elle était à l’origine de la zizanie, et a trouvé dans la révolution l’occasion de se venger et d’accéder au pouvoir". Autant de facteurs qui font qu'il y ait "déficience de la gouvernance" de la révolution en 2011.

"Hélas, on le dit avec franchise et amertume, les prémices de 2012 ne nous rendent pas optimistes", regrette Chedly Ayari, considérant le taux de croissance de 4,5 % comme "un vœu pieux". "Le danger qui guette la Tunisie n’est pas uniquement celui d’une croissance négative, mais de l’effondrement de la société tunisienne", selon son analyse
L’ancien ministre a pris la mesure de la gravité de la situation en se rendant à Makthar. "J’y étais et j’ai senti une grande tension". Il appelle à une prise de conscience des enjeux, loin des intérêts des partis et des gouvernements. "Le peuple tunisien doit être conscient que cette situation conduit à l’effondrement de la pyramide tunisienne, ce sera lui la victime. La Tunisie doit être unie, et la solution doit être trouvée d’une manière collective", préconise-t-il.

Avant le début des travaux, Chedly Ayari a papoté avec Slim Besbes, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Finances, les deux hommes viennent tout juste de se faire connaissance. L’ex-ministre  n’a pas hésité à demander au secrétaire d’Etat, quelle est sa spécialité, et ou il a fait ses études. "Je suis fiscaliste et j’ai suivi mes études en France", répond le secrétaire d’Etat, en restant humble devant celui qui a été le professeur de l’actuel ministre des finances, Hassine Dimassi.

Slim Besbes : nous avons un Etat interventionniste et non dirigiste

La Tunisie vit une décélération économique, selon Slim Besbes. Slim Besbes a dans son intervention formulé deux observations, une bonne et une mauvaise. La première est "qu’une année après la révolution, il y a eu un processus politique qui a été couronné de succès, avec la tenue du scrutin du 23 octobre et l’élection d’une constituante dont était  issu le premier gouvernement légitime dans l’histoire de la Tunisie".
La deuxième observation consiste  à dire que "le processus socio-économique a trébuché. Il y a une décélération économique. Le taux de croissance est de 0,2 %, comparé à 4,5 %, enregistré au cours des dernières années avant la révolution. Bien que la révolution ait été déclenchée a cause du chômage, le taux de chômage est passé de 14 % à 18 %". Contrairement à Chedly Ayari, Slim Besbes se résigne à conclure qu’il s’agit là du coût de la révolution.

Le gouvernement, qu’il soit le précédent ou l’actuel, a consenti des efforts pour limiter le taux de chômage et relancer la croissance, souligne-t-il. 25 mille emplois ont été créés en 2011, et 25 mille sont programmés en 2012. Plus d’un million de dinars ont été alloué pour l’intégration des jeunes et des diplômés du supérieur dans le marché du travail. Slim Besbes rappelle : "Nous vivons dans un système d’un Etat interventionniste, et non d’un Etat dirigiste. L’Etat met les conditions juridiques et institutionnelles propices pour encourager la création d’emplois", relève-t-il, en lançant un appel à la société civile et aux différentes composantes de la société "à contribuer à la relance du développement et à aider à la création d’un climat sain pour les investissements".

Habib Guiza, SG de la CGTT, affirme que la Confédération Générale tunisienne du Travail est contre les sit-in et les grèves anarchiques et abusives. "Nous proposons un nouveau contrat social basé sur la révision des relations professionnelles, tout en accordant une importance à l’emploi et à la compétitivité de l’entreprise". Habib Guiza pointe la situation politique, caractérisée, selon ses dires, "par des défaillances sécuritaire, administrative et politique". "Il ne peut y avoir de développement et de démocratie, sans le rétablissement du prestige de l’Etat", souligne-t-il, en se défendant d’être l’allié ou l’adversaire du gouvernement. Habib Guiza présente la CGTT comme "une force de proposition et de progrès", et prône "l’unité syndicale dans le cadre de la diversité et de la pluralité".
H.J.


 

Commentaires 

 
-1 #5 DEROUTE
Ecrit par mokaddem     29-01-2012 17:44
DE TOUTE FAÇON AVEC CE GOUVERNEMENT D ISLAMISTES CE SERA LA DÉROUTE TOTALE CAR CEUX SONT DES INCAPABLES COMME TOUS LES ISLAMISTES .
LES ISLAMISTES DANS LES MOSQUÉES
LES MILITAIRES DANS LES CASERNE
ET LES VACHES SERONT BIEN GARDÉES.
 
 
+7 #4 scandale de la BAD
Ecrit par BABA LAHNINE     21-01-2012 15:53
OU ETAIT PASSE CE PERSONNAGE APRES SA MESAVENTURE!!!AU SEIN DE LA BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT ????
Mr AYARI VOUS ETIEZ UN GRAND ECONOMISTE MAIS CE QUE VOUS AVIEZ FAIT A LA BAD VOUS A FAIT PERDRE TOUTE CREDIBILITE ALORS RESTEZ A L'OMBRE C'EST MIEUX POUR NOTRE PAYS.
 
 
0 #3 @Med Chawki ABID
Ecrit par Sorfag     20-01-2012 23:19
L'héritage est connu. C'est pour ça que le peuple s'est révolté.

Ce qu'il faut c'est d'énumérer le plan d'action.

البكاء على الأطلال لا ينفع
 
 
-4 #2 Plusieurs défis à relever
Ecrit par Med Chawki ABID     20-01-2012 22:30
L’héritage de ZABA et de BCE n’est pas facile à gérer dans une conjoncture nationale et internationale particulièrement difficile. En dehors de la récession économique (-1,85% comme annoncé hier par le PM), il y a lieu de noter :
1.Une prolifération inédite des grèves illégales et légales et autres sit-in, ayant fait partir en fumé plus de 310.000 journées de travail.
2.Un chômage touchant 800 mille personnes contre 500 mille à la veille du 14 Janvier
3.Une dizaine de mille d’emplois détruits
4.Des centaines entreprises endommagées, avec des pertes estimées à environ 160 Millions de dinars
5.Des moyens de production endommagés, incendiés, vandalisés ou détruits
6.Des bassins miniers et sites industriels entiers sinistrés
7.Près de 120 entreprises étrangères employant près de 40 mille ouvriers ont mis la clé sous la porte
8.Des IDE en chute libre de 32% à fin novembre 2011
9.Une productivité en fléchissement fâcheux, notamment aux secteurs minier, pétrolier et touristique
10.Un déficit budgétaire évalué à 5.1% du Pib en 2011 contre 3.1% en 2010
11.Une dette publique équivalente à 43% du Pib en 2011 contre 40.5 % .en 2010
12.Un déficit courant représentant 6.5% du Pib à fin novembre 2011
13.Un stock de réserves de changes en baisse, équivalent à 10 Milliard D ou 5 mois d’importations au 13/12/011
14.Des parts de marché perdues au profit de nos concurrents étrangers (tourisme, phosphate, textile, ...).
15.Un déficit chronique de la caisse de compensation.
 
 
-3 #1 RE: Tunisie, Chedly Ayari pointe la mal-gouvernance de la révolution
Ecrit par asma     20-01-2012 17:11
PARTI TUNISIEN
DU TRAVAIL
حزب العمل التونسي







بلاغ

إن حزب العمل التونسي يعتبر أن المناخ الذي تجري فيه سياسة البلاد المتميزة بالتخبط والضبابية والإرتجال والترقب، لا يبعث على الإطمئنان والأمــان.



فالقيادة الجديدة للبلاد، المنبثقة من التحالف الثلاثي، غير قادرة على التحرك خارج الحدود التي رسمتها لها حكومة الباجي قائد السبسي، الملتزم بالسيياسة الليبرالية المدمرة والمطبقة منذ أربعين عاما.



فعدم القطيعة مع الماضي والرهان على السياسة الأميريكية وعلى معربيها من الأنظمة العربية والإسلامية المتآمرة على المقاومة والبلدان الممانعة للتطبيع مع الصهيونية لا يؤسس لتصور يرقى إلى تطلعات شعبنا.





إن مؤتمر الإصلاح يثـبّـت مسار الإتحاد العا م التونسي للشغل الذي أسس من أجله : الدفاع عن الشغيلة والمصلحة العليا للوطن في كنف الكرامة والحرية والعدالة قبل إرضاء أهل السياسة الذين يعطون الأولوية لإرضاء جهات قد تتنافى مصالحها مع مصلحة البلاد.


من الغريب أن رجال السياسة، حالهم كما كان بالأمس، هم بعيدون عن الشعب وقضاياه الأساسية ، لا يملكون الرؤى التي تتطلبها البلاد في هذا العالم المتحول، فهم منشغلون بالتنافس على من يرضي من، وهم كعادتهم مستمرون في محاولات الإحتواء ومغالطة الرأي العام, وهذا ما جعلهم في حالة إرتباك مستمر يلتمسون فرصا جديدة يتسترون وراءها من فضيحة إفلاسهم السياسي.



إن حساسية المرحلة تقتضي الإسراع بخطوات سياسية جريئة تكون من وزن تضحيات الشعب و تطلعاته ووعيه وقدرته على خلق المعجزات.


إن حزب العمل التونسي يعتبر أن الدفاع عن القضايا الوطنية لشعبنا تتطلب اليقضة والإلتزام بمواصلة طريق الثورة ، الطريق الوحيد للخروج من الأزمة, ويجدد نداءه لبناء جبهة وطنية تلبي مطالب الشعب وتصون مصلحة الوطن.

تونس في 14 جانفي 2012 0
 
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