Tunisie : Chahed plaide pour une stabilité politique jusqu’aux prochaines élections

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Publié le Lundi 11 Septembre 2017 à 12:22
Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a affirmé ce lundi 11 septembre à l’hémicycle avoir préservé, à l’occasion du remaniement ministériel annoncé récemment, l’esprit d’unité nationale, et de  consensus politique large, soulignant que la prochaine étape requiert la conjugaison des efforts de toutes les forces nationales pour vaincre les difficultés, activer les moteurs de croissance et amorcer les réformes.

Il a réitéré que son gouvernement sera jusqu’à l’horizon de 2020, "un gouvernement de guerre", contre le terrorisme, la corruption et les disparités régionales, signalant que l’équipe proposée compte des personnalités dotées de la compétence et de l’expérience requises, leur permettant de fournir un plus, et qu’il n’y a pas de place en son sein pour des ministres et Secrétaires d’Etat, condamnés par la justice.

Il a ajouté que le changement à la tête des ministères de la Défense et de l’Intérieur, visait à renforcer les capacités du pays face au terrorisme, au crime organisé et à la contrebande. Comme, il a indiqué que l’objectif de la création d’un secrétariat d’Etat au commerce extérieur était d’améliorer les exportations et de  baisser le déficit commercial, et du secrétariat d’Etat à la diplomatie économique, de rechercher de nouveaux marchés pour les exportations tunisiennes et de relancer les investissements. 

Chahed a rappelé son objectif initial annoncé dès le premier jour, celui de faire passer les indicateurs économiques au vert à l’horizon de 2019, plaidant pour une stabilité politique, avec un programme économique jusqu’aux prochaines élections, seule garante de réussite économique. Le règlement de la crise financière requiert une vision à moyen terme jusqu’en 2020, et nécessite des sacrifices de la communauté nationale et une relance des moteurs de la croissance.

Il a fait état de l’amélioration de nombreux indicateurs en 2017, par rapport à l’année écoulée, dont celui de l’investissement, signe d'un retour de confiance dans le climat économique, la relance du phosphate, l’amélioration des exportations, du tourisme, des recettes fiscales, etc.  

C’est une "amélioration relative et partielle, mais on est sur la bonne voie" a-t-il dit, misant sur une détente des finances publiques, et une nette amélioration de la croissance pour réduire le chômage, à l’horizon de 2020.

Pour une meilleure utilisation des actifs de l'Etat

Le chef du gouvernement a regretté que l’on ne parle que du passif de l’Etat, le déficit et l’endettement, sans évoquer l’actif qui est important mais qui n’est pas utilisé d’une manière suffisance. "On va l’utiliser pour la création des richesses, tout en préservant les droits des prochaines générations", a-t-il promis.

Il a souligné avoir présenté le 05 septembre dernier aux signataires de l’accord de Carthage, les contours des réformes à engager, en attendant à ce qu’ils les enrichissent et formulent leurs propositions là-dessus. Ce programme préparé par des compétences et des experts marquera un tournant en matière de processus économique engagé depuis la révolution, a-t-il souligné. Il vise à : 

Maintenir le déficit public  dans des proportions raisonnables en le réduisant à 3 % du PIB, et maîtriser l’inflation,
Stabiliser le taux d’endettement à 70 % du PIB à l’horizon de 2020, avec une tendance baissière à partir de 2019,
Réduire la masse salariale à 12,5 % du PIB jusqu’en 2020,
Ramener le taux de croissance à 5% à la même échéance de 2020.

Ce programme permettra de réduire le chômage de trois points, et sera mené suivant une feuille de route détaillée s’articulant autour de la réforme fiscale, la réforme de la fonction publique, l’accélération de la réforme des caisses sociales à travers l’élévation de l’âge de départ à la retraite, et l’augmentation des cotisations sociales, outre l’institution d’une contribution solidaire en vue de financer les caisses sociales et de préserver le régime de retraite par solidarité entre actifs et passifs et entre générations.

Ce programme concerne aussi la gouvernance des  entreprises économiques qui souffrent d’un déficit structurel et qui ne peuvent vivre que du soutien de l’Etat, a-t-il indiqué. La démarche est de les soumettre "à un plan de restructuration tout en préservant les acquis des employés, et la paix civile".

Chahed a aussi évoqué la réforme du dispositif de compensation des produits de base, qu’il juge inéquitable, dans la mesure où la subvention ne va pas à ceux qui la méritent. Des gens ont fait fortune après la révolution à travers la contrebande des produits subventionnés, a-t-il regretté, soulignant que ce système sera réformé en attendant l’institution de l’identifiant unique fin 2018.

Ces réformes structurelles sont nécessaires pour relancer l’économie et rétablir les équilibres de l’Etat, mais restent insuffisantes, dans la mesure où elles requièrent un programme de soutien, via une meilleure utilisation des moyens de l’Etat, à travers notamment la  réalisation de projets Public/ Privé (PPP), la création d’un fonds pour la restructuration des PME, l’amélioration du climat des affaires, etc.

Le chef du gouvernement a de surcroît plaidé pour l’élaboration d’un nouveau modèle de développement privilégiant l’emploi, le développement et l’éradication de la marginalisation, l’actuel ayant atteint ses limites.

Il a prôné la politique de main tendue envers la majorité et l’opposition, sur la base de l’unité nationale et d’un débat national rationnel.   

Gnet