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Jeudi 19 Juillet 2018         

Tunisie : Béji Caïd Essebsi va-t-il finir par lâcher Youssef Chahed ?

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Publié le Mardi 26 Juin 2018 à 16:48
Il semble être difficile pour le maître de se séparer de son disciple. Les avis continuent à s’exprimer sans répit sur la crise politique qui secoue le pays, dont la solution serait entre les mains du président de la république. Sollicité de toutes parts, et pressé d’intervenir pour sortir le pays de l’impasse, BCE écoute sans broncher. Son mutisme traduit un certain embarras ; la situation est difficile à arbitrer, et sa décision risque d'être mal interprétée, et de susciter des contrariétés dont il se passerait volontiers.

L’essence de la crise
Des crises politiques, la Tunisie en a connu plusieurs depuis la révolution. Des plus aiguës au plus soft. Celle que l’on vit depuis un mois ou presque, appartient à la deuxième catégorie, même s’il y a une tendance à l’amplifier, à en exagérer la gravité et à en dramatiser la portée, en établissent un lien de cause à effet, entre la prestation du gouvernement actuel et la déplorable situation socio-économique dans laquelle se trouve le pays, laquelle est plutôt due à une accumulation de problèmes et à une multiplicité de facteurs antérieurs et postérieurs à la révolution.

La crise a surgi le 28 Mai dernier, lorsque le président de la république a annoncé la suspension du document de Carthage, cette plateforme consensuelle qui préside à la gestion de l’étape, faute de compromis autour du 64ème sur le changement du gouvernement. Dès lors, l’UGTT a décidé de se défaire de tout engagement, et s’est lancée dans une croisade contre le gouvernement, dont elle pointe l’échec, les politiques erronées et dictées de l’extérieur, les réformes impopulaires et l’incapacité à apporter des solutions aux difficultés du pays. La centrale syndicale a ratissé large pour mobiliser les antis-gouvernement, réussissant peu ou prou sa démarche. Outre Nidaa Tounes qui est dans le même camp qu’elle, elle est parvenue à rallier d’autres partis politiques, y compris dans le camp libéral, pour augmenter les chances de voir son point de vue aboutir.

Plus que les partis politiques dont les positions varient au gré des jours, des humeurs et des calculs, la centrale syndicale semble avoir atteint le point de non-retour dans ses rapports avec Youssef Chahed. 

Le chef de l’Etat est en train de prendre la mesure de l’hostilité syndicale envers le locataire de la Kasbah, qui s’affiche tant dans les déclarations de ses dirigeants y compris le premier d’entre eux, que dans ses communiqués incisifs et virulents. Lui qui demeure convaincu qu’il n’y a pas d’unité nationale sans l’UGTT, comme il l’avait affirmé ouvertement au début de la brouille entre Chahed et Taboubi.

Mais pourquoi se complait-il dans le silence et tarde-t-il à agir en vue d'un dénouement de la crise dans un sens ou dans l'autre. Trois principaux motifs à cela :

Le premier est qu’il a déclaré juste avant le gel de Carthage II, que ce n’était pas à lui de trancher cette affaire, et qu’il ne voulait pas se mêler de cela, préconisant le recours aux méthodes constitutionnelles, et un passage par l’Assemblée, pour un éventuel changement du gouvernement.

Le deuxième est qu’il ne veut pas être accusé de pousser vers un règlement de ce point épineux, dans un sens qui serve l’intérêt de son fils, l’un des principaux adversaires de Youssef Chahed. Le directeur exécutif de Nidaa s’est acharné sur le chef du gouvernement, avant que celui-ci ne le renvoie dans les cordes, et ne le fasse taire, en le tenant pour responsable, dans son allocution télévisée du 29 Mai dernier, de la destruction du parti.

Le troisième est qu'il paraît difficile pour le maître de se séparer de son disciple. Le chef de l’Etat semble avoir tissé des liens affectifs avec son jeune Premier ministre, on n'est pas loin de la relation père/ fils, a fortiori que celui-ci se prête au jeu, affichant déférence et loyauté envers le président, et donnant l’air d’être toujours tout ouïe à ses conseils et directives.

Quoi qu’il en soit, BCE devra trancher et sortir de son silence en optant pour l’une des deux solutions : Soit lâcher Youssef Chahed et pousser vers l’enclenchement d’une procédure parlementaire pour une motion de censure contre son gouvernement ; soit le soutenir jusqu’au bout, et user de son magistère pour persuader ses détracteurs de revenir à de meilleurs sentiments à son égard, et de renoncer à l’idée de l'évincer.

A six mois de 2019, année électorale, et au point où en est la situation dans le pays, le plus prudent et le plus sage serait d’opter pour la continuité et la stabilité, tout en apportant les correctifs nécessaires.  

Gnet

 

Commentaires 

 
0 #1 RE: Tunisie : Béji Caïd Essebsi va-t-il finir par lâcher Youssef Chahed ?
Ecrit par Montygolikely     26-06-2018 18:17
BCE est silencieux parce que tout le monde politique l'emmerde...et non les tunisiens
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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