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Jeudi 15 Novembre 2018         

Tunisie : Béji Caïd Essebsi fait le récit d’un remaniement, truffé de péripéties !

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Publié le Jeudi 08 Novembre 2018 à 14:58
Béji Caïd Essebsi. Le président de la république, Béji Caïd Essebsi, a affirmé ce jeudi lors d’une conférence de presse, à Carthage que si les nouveaux membres du gouvernement, nommés lors du remaniement partiel annoncé lundi 05 novembre par Youssef Chahed obtiennent la confiance de l’Assemblée, il respectera, ce que lui dicte la constitution, en allusion à la prestation de serment et de publication de décret inhérent au nouveau gouvernement. Le chef de l’Etat qui a parlé d’un "gouvernement de l’ombre qui veut faire un remaniement", laisse entendre que le conseil des ministres n’est pas désormais légal.

"Le destin du gouvernement est entre les mains de l’Assemblée, s’il a sa confiance, nous prendrons acte et nous nous conduisons, comme l’exige la constitution et la déontologie de la fonction. Nous permettrons toute prestation de serment sur le Coran ou autre, d’avoir lieu, et nous signerons le décret en vertu duquel, ce gouvernement sera défini comme étant celui de l’Etat tunisien", a-t-il souligné. 

BCE a exclu avoir une quelconque querelle avec le chef du gouvernement, "ce n’est pas mon adversaire, et je ne suis pas le sien, mais nous ne sommes pas d’égal à égal". Il a réitéré que c’est lui qui l’a nommé et lui reconnait des qualités. Il a relevé néanmoins quelques problèmes au niveau de l’application et de la mise en œuvre des politiques, "on ne va pas laisser le pays avancer vers un entonnoir"(...). "Personne n'est valable en tout temps et tout lieu".

Il a écarté avoir adressé une correspondance à l’Assemblée, estimant avoir été sollicité par certains députés qui étaient opposés au remaniement, pour leur envoyer par courrier la liste des nouveaux membres du gouvernement désignés qui lui est parvenue de la présidence du gouvernement, c’est ce que son cabinet a fait, a-t-il dit.

Le président révèle la teneur de ses discussions avec Chahed
Revenant sur les faits, il a indiqué avoir rencontré Youssef Chahed à sa demande lundi dernier, où ils ont discuté de la situation du pays, et de l’état d’urgence, dont il a dit être contre le prolongement. "Il m’a présenté des données, qui m’ont fait revenir sur ma position et j’ai pris la décision de proroger l’état d’urgence, après avoir consulté le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP)". 

Il s’est dit défavorable au prolongement de l’état d’urgence ad vitam aeternam, d’autant que l’on s’appuie en cela sur un ancien décret de 1978, signalant qu’"il y a un nouveau projet de loi qui devra être adopté lors du premier conseil des ministres légal". 

Il a  ajouté que Youssef Chahed lui a exprimé sa volonté d’opérer un remaniement, et lui a dépêché la liste dans la foulée, signalant lui avoir demandé d’attendre son retour de Mauritanie, pour en discuter. 

Mais le jour même, entre 16 et 17 heures, Chahed l’appelle et lui confie que la composition gouvernementale était prête et qu’il allait l’annoncer. "Il y a un péril en la demeure ?", lui a-t-il répondu. 

Le chef de l’Etat a indiqué avoir signifié son refus au chef du gouvernement, mais ce dernier s’est accroché à sa position et lui a fait parvenir la liste dans laquelle il a dit ne pas connaitre 5 et connaitre 5 autres qui appartiennent à Ennahdha, "désormais, on n’est pas obligé de porter une barbe pour appartenir à Ennahdha, même avec un nœud papillon, on peut être nahdhaoui" a-t-il souligné, sur un ton facétieux.

Il a ajouté avoir été consterné et marqué sa désapprobation avec la démarche faite dans la précipitation.

BCE s’est fait l’écho d’une réunion du bureau de l’Assemblée, où, selon ses dires, un débat aurait dû avoir lieu, des députés de Nidaa ou autres auraient considéré que ce remaniement n’était pas constitutionnel, étant donné que toute création ou suppression d’un ministère devrait être discuté au préalable en conseil des ministres. D’où la décision (de la Kasbah) de tenir un conseil des ministres aujourd’hui jeudi, pour examiner a posteriori cette question. "Cette méthode n’est pas bonne, et ce gouvernement est devenu (de facto) un gouvernement d’expédition des affaires courantes", a-t-il lancé en substance.  

Farhat Hached et Hédi Chaker n’ont pas été assassinés pour cette mascarade
Réagissant aux déclarations du porte-parole de la présidence du gouvernement (Ndlr : Iyed Dahmani),  selon lesquelles Youssef Chahed a appliqué l’article 92 de la constitution en matière de remaniement, il a rétorqué que ledit article prévoit dans son alinéa 5, que "le chef du gouvernement doit informer le président dans tout ce qu’il décide".

"Je suis au dessus des partis, je suis là pour veiller à la bonne application de la constitution", a-t-il affirmé, signalant "avoir de l’expérience, avoir vécu avec les grands leaders, et surtout avoir vécu pendant 30 ans avec le président Bourguiba".

Il a dit être garant "d’un dépôt" de ceux qui se sont sacrifiés pour la Tunisie. "Les tombes à Tunis et surtout au Sahel sont pleines de gens qui ont été fusillés par la France. Farhat Hached et Hédi Chaker n’ont pas été assassinés pour cette mascarade", s’est-il emporté, sans perdre son calme. 

Il a exclu toute propension à faire hériter le pouvoir à son fils, "nous avons des élections démocratiques. Je ne suis pas venu parce que j’ai hérité le pouvoir de mon père, mais parce que le peuple m’a élu, en  connaissant mon présent, mon passé, ma santé et mon âge".

Il s’est défendu de tout attachement à la fonction. "Si le pouvoir m’est retiré (par les instituions en place, en allusion au parlement), je ne vais pas m’y attacher". "Il y a des usages, des traditions et un goût dans l’exercice de la politique, et s’il y a un peuple qui les méritent, c’est bien le peuple tunisien", a-t-il encore souligné.

Le chef de l'Etat a estimé que le pays n’a pas atteint "le point de non retour" avec cette crise, et que l’on ne va pas reculer. "La démocratie ne se décrète pas, elle se pratique, et en cette période de transition, où le pays est la cible du terrorisme, nous devons être ensemble", a-t-il prôné. 

BCE s’en est pris en préambule aux journalistes dont certains sont orientés. "Il n’y a pas de démocratie sans liberté de presse et sans Etat de droit", a-t-il asséné.
Gnet

 

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