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Lundi 23 Janvier 2017         

Tunisie : Avocats et pharmaciens, la contestation mode BCBG !

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Publié le Mardi 22 Novembre 2016 à 16:24
Les avocats et les pharmaciens rejettent les dispositions du PLF 2017.Demain mercredi 23 novembre, en passant du côté de la place du Bardo, ne vous étonnez pas de voir des contestataires en robe noire, et d’autres avec des lunettes l’air sérieux et snob. Ce sont les avocats et les pharmaciens qui prévoient des rassemblements devant l’ARP pour dire leur rejet du PLF 2017. Avec la colère des élites, et le spectre de déstabilisation agité par l’UGTT, la Tunisie est à deux doigts de l’overdose.  

La loi de finances 2017 continue à susciter des grincements de dents, et à cristalliser les colères. Ce texte dénué de toute nouvelle imposition, comme ne cesse de le répéter le gouvernement, qui le présente, par ailleurs, comme un début de rétablissement de la finance publique et de redressement des équilibres budgétaires, serait, aux yeux de certaines professions, préjudiciable et  inéquitable. Les avocats et les pharmaciens prévoient des rassemblements demain devant le palais du Bardo, pour dire leur rejet du PLF 2017.

Les premiers entament ce mercredi 23 novembre une grève générale pouvant être ouverte ; les seconds envisagent une grève générale avec fermeture des pharmacies, dont la date sera fixée ultérieurement.

Entretemps, la centrale syndicale hausse le ton. Son Secrétaire Général, Hassine Abassi, a fait assumer, hier lundi à Sousse, au gouvernement de Youssef Chahed les suites fâcheuses, s’il venait à se rétracter sur les engagements antérieurs, au sujet du versement des majorations salariales au titre de 2017.

"Le renoncement injustifié du gouvernement aux précédents engagements dont la teneur a été publiée au Journal Officiel est de nature à menacer la stabilité sociale, à attenter à la crédibilité du dialogue entre les partenaires sociaux, et à secouer la confiance entre eux", a fulminé Abassi.

Le climat social est délétère, et l’irritation est générale, à l’heure où les débats budgétaires suivent leur cours à l’ARP, passant en revue le budget de l’Etat ministère par ministère jusqu'à arriver à la discussion et l’adoption de la loi de finances une dernière étape désormais redoutée, et où le gouvernement planche sur la préparation de la conférence internationale sur l’investissement, que l’on dit salvatrice pour l’économie nationale.

Cette période de crispation sociale intervient au moment où tous les indicateurs sont au rouge en termes de chômage, de précarité, de déséquilibre régional, d’injustices sociales, de dégradation de pouvoir d’achat, et où l’ascenseur social est en panne. Elle survient, aussi, dans une période de sinistrose populaire. 

Des élites en colère, ne touche pas à mes privilèges !

Que les élites soient à l’origine de la première étincelle de contestation en cette fin d’année, étonne et inquiète à la fois. L’étonnement tient au fait, que de pareils corps de métier, à l’instar des avocats et pharmaciens, vivent en majorité une certaine aisance sociale, et ont un niveau de vie supérieur à la majorité écrasante des Tunisiens,  pour la plupart des salariés qui peinent à joindre les deux bouts et qui assument le plus de charges envers l’Etat, dans la mesure où les impôts leur sont déduits à la source.

L’inquiétude tient au risque de contagion, au fait que la fièvre contestatrice gagne d’autres secteurs de métiers, notamment à l’approche du mois de janvier connu pour être chaud et au cours duquel le pays a vécu par le passé de nombreux épisodes troubles, dont on n’ose même pas imaginer les conséquences, s’ils surviennent en cette étape fort critique. Les bras de fer, et les tensions ne mèneront nulle part, et ne feront qu’envenimer la situation. Tout autant que le spectre de déstabilisation agité par la centrale syndicale.

Le pays est aujourd’hui à la croisée des chemins : Soit l’on se résout à aplanir les différends et à  gérer les difficultés suivant une approche de  dialogue et de concertation, avec des prédispositions au sacrifice et au consensus, soit on choisit l’obstination et l’entêtement tant du côté de l’Etat, que des partenaires sociaux et des différentes professions, et on ira droit dans le mur.

Les avocats feront mieux d’accomplir leur noble mission, celle de défendre les opprimés et de contribuer à instaurer la justice, et les pharmaciens gagneront à renoncer à l’idée de  fermer leurs pharmacies pour continuer à dispenser des services vitaux aux Tunisiens,  à assurer les médicaments aux malades, à calmer leurs douleurs et à préserver leur santé et leur vie.

La Tunisie souffre et gémit, après que ses enfants ont été tant injustes à son égard, après avoir lourdement supporté les effets indésirables et les contre-indications d’une overdose contestataire. Elle a le plus besoin, à ce stade, de qui assurer sa défense, et guérir ses maux, avec désintéressement et en se préoccupant beaucoup plus de l'intérêt de la collectivité que de soi-même. 
H.J.

 

Commentaires 

 
+7 #2
Ecrit par Abou Kenza     24-11-2016 14:47
Encore un article qui montre qu'on n'a rien compris aux revendications des pharmaciens (dont je fais partie), on s'y est habitués ces jours-ci. L'auteur de l'article parle du PLF 2017 dont il ne connaît fort probablement pas le contenu vu qu'il n'y a aucun chiffre dans l'écrit. Je ne vais pas répéter les détails très bien expliqués par mon confrère Atef dans sa réponse, mais juste répondre à l'auteur de l'article sur certains points nous concernant : 1/ En Tunisie, nous voulons innover, une TVA sur le médicament supportée par le pharmacien, l'Etat nous prend vraiment pour le dindon de la farce ! Et oui, on attaque ceux qui sont réglos et payent leurs impôts alors que "les autres" peuvent continuer à se remplir les poches en toute impunité (je ne vais pas rentrer dans le détail de "les autres", ils sont connus, ce serait bien de leur consacrer un article monsieur H.J, un vrai, pas à 2 balles). 2/ Concernant la contribution exceptionnelle de 7,5%, nous allons la payer, elle ne fait pas partie de nos revendications comme semble l'ignorer l'auteur de l'article, nous allons donner un coup de main à notre pays pour sortir inchallah de cette crise. Êtes-vous prêt à y contribuer vous aussi monsieur H.J ? walla vous êtes BCBG avec des lunettes et l'air sérieux et snob ? Pour votre gouverne, je suis pharmacien et fier de l'être, pas du tout BCBG, toujours prêt à déconner et rigoler. Je ne connais d'ailleurs aucun confrère avec cette image soit-disant ironique mais plutôt débile que vous essayez de nous donner, fort probablement par jalousie. Mes confrères et moi-même payons nos impôts à temps, nous sommes et serons toujours prêts à aider notre pays, ce n'est pas nouveau, nous l'avons déjà fait à maintes reprises, la dernière en date il y a 2 ans, mais nous ne nous laisserons JAMAIS écraser et défendrons notre cause tant qu'elle est juste comme c'est le cas concernant la TVA. Voilà qui devrait j'espère vous éclaircir monsieur H.J (initiales de Hors-Jeu ?)
 
 
+3 #1 Pharmacie
Ecrit par Atef     23-11-2016 21:49
C'est incontestable les profession libérales sont des privilégiés. C'est dans l'ordre des choses il faut que tout le monde l'accepte sinon arrêter d'enseigner et d'éduquer vos enfants. Mais absolument d'accord c'est pas une raison pour qu'il n'assume pas leur devoir fiscal et l'état doit sanctionner tout fraudeur. Pour les Pharmaciens dont je fais parti je peux vous confirmer que ce sont les meilleurs contribuables des professions libérales de l'aveux même de l'administration fiscale. Pour que ça soit clair on paye depuis toujours 35% sur une marge brute de 30% on nous demande une contribution exceptionnelle de 7.5% vu les circonstances difficiles par lequelles passe notre pays nous l' acceptons volontiers (c'est pas encore le cas pour l'utica) malgré que nous ne sommes pas responsables de la gestion calamiteuse de la fonction publique par l'état. Et pour finir on nous demande de payer une tva de 6% qui au départ devrait être répercuté sur le prix final du médicament se traduisant par 30% de baisse du bénéfice. Cela est impossible à assumer par les pharmacies et aussi par les distributeurs et se traduira systématiquement par l'écroulement de tout le système de santé par la faillite de son réseau pharmaceutique. On est malheureusement les seuls à le crier personne ne nous croit pensant qu'on défend nos privilège. Pourquoi le gouvernement ne taxe pas la fortune mais ils n'ont pas le courage devant les gros poissons qu'ils continuent à faire du populisme et de s'en prendre au Pharmacien avocat et médecin. Nous nous enfoncons de jour en jour.
 
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