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Mercredi 19 Juin 2013         

Tunisie, Al-Mahmoudi plonge la constituante dans la cacophonie

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Publié le Vendredi 29 Juin 2012 à 22:38
L’annonce faite par Hamadi Jebali du retrait par le président de la République de sa plainte pour transgression de prérogatives a manifestement pris de court les députés, dont certains ont attesté de l’irrecevabilité de ce retrait. Samia Abbou exclut un tel retrait qui relève, selon ses dires, des prérogatives de l’assemblée constituante. Ce point n’étant pas clair, les députés ont continué leur séance sur l’extradition d’al-Baghdadi al-Mahmoudi, et sur le conflit des prérogatives entre le président et le chef du gouvernement dans une atmosphère cacophonique.

Abderraouf Ayadi s’est dit non convaincu par les arguments présentés par Hamadi Jebali, dont le discours est anachronique et ressemble à ceux de l’ancien régime: «Je m’attendais à ce qu’on présente des excuses au peuple tunisien, a-t-il souligné. «Nous ne défendons pas l’ancien premier ministre libyen mais son extradition dimanche dernier a nui à la révolution », a -t-il ndiqué , ajoutant que les symboles de l’ancien régime ont profité de cette erreur pour mener la contre-révolution».

Mahmoud Hamdi a déclaré de son côté que personne ne conteste l’extradition de Mahmoudi mais ce qui s’est passé est anormal. «Le président n’a pas été mis au courant parce qu’il n’avait pas de réseau ? Est-ce une excuse ? », s’est-il interrogé, en ajoutant : « en tant qu’opposition, nous souhaitons attirer l’attention du gouvernement et des trois présidents parce que ce n’est pas comme ça qu’on gère un pays »

«Nous aurions pu éviter tous ces soupçons étalés sur les colonnes des journaux et sur Facebook », a renchéri Mouldi Riahi. Pour le député, cette polémique aurait pu être évitée si le chef du gouvernement avait tenu une conférence de presse pour présenter tous les éclaircissements à ce sujet.
 
«Tous les peuples ont le droit de poursuivre les criminels et il n’y avait pas de raison de reporter l’extradition », a déclaré Sahbi Atig. « Mais il fallait protéger le statut du président de la république. Il faudrait aussi revoir la communication pour que les déclarations soient cohérentes », a-t-il souligné.
Mohamed Hamdi a dit qu’Al Aridha est contre l’extradition parce que ni l’Algérie ni le Niger n’ont procédé à l’extradition des symboles de l’ancien régime libyen. « Nous condamnons cette transaction humiliante qui restera gravée dans l’histoire de notre pays ».

Hasna Marsid a qualifié l’extradition de kidnapping qui a secoué la Tunisie. « Il fallait livrer l’ancien ministre à un vrai gouvernement », a-t-elle indiqué..

«Vous représentez l’Etat, ce n’est pas normal qu’un ministre parle de transaction, qu’un président annule un discours (comme ce fût le cas hier) et qu’on vienne nous dire que c’était à cause du match ! Et quid de cette histoire de réseau ? Nous demandons à la Troika de s’asseoir et de discuter afin de ne plus refaire les mêmes erreurs », a recommandé Mahdi Ben Gharbia.

Pour Tahar Tlili, il fallait se réunir aujourd’hui pour discuter de la fonction publique pas pour discuter d’un criminel. Au lieu de défendre le peuple, certains défendent un criminel, s’est-il indigné, émettant l’espoir qu’il n’y a aucun tunisien impliqué dans des affaires de détournement de fonds.

Pour Samir Ben Amor, "le partage des prérogatives n’est pas aussi clair que ne le dit le chef du gouvernement, et les juristes sont partagés là-dessus". D'après Samir Bettaeïb, "nous sommes devant une crise constitutionnelle réelle. Le gouvernement refuse le dialogue, et monopolise la décision". Il a fait part de "la position négative" du président de l’assemblée envers le projet de motion de censure dont le but était d’attirer l’attention du gouvernement".

Iyed Dahmani s’est dit déçu du discours du chef du gouvernement. "On dirait qu’il y ait des tuteurs de la révolution et d’autres sont contre al révolution", a-t-il dit, déplorant qu’il y ait ceux qui veulent récupérer la révolution. "Notre désaccord est aujourd’hui que la Tunisie d’après la révolution, la Tunisie démocratique extrade une personne à un pays qui ne fournit pas les conditions d’un procès équitable. Dans quel cadre légal, et selon quels textes légaux, Al-Mahmoudi sera jugé" ?, s’est-il interrogé. Pour le député, "ce sont les ministres qui ont déclaré que la justice était équitable sous le régime kadhafi, qui ont nui à la Libye". A ses yeux, "on est aujourd’hui face à une vraie crise : Le président fait grève, et ne veut pas signer les projets de loi".

Une lettre officielle a été adressée au Président

Dans sa réponse aux interventions des députés, Hamadi Jebali a défendu la constitutionnalité de ses prérogatives, s’agissant de l’extradition d’al-Baghdadi al-Mahmoudi. Le chef du gouvernement a dit respecter les organisations des droits de l’Homme, et tenir compte de leurs recommandations, "c’est pour cela qu’on a demandé des garanties à la partie libyenne, mais la décision souveraine nous appartient", a-t-il indiqué. "Vous n’avez pas le droit de mettre en doute la justice libyenne", s’est-il adressé par ailleurs aux députés.

Hamadi Jebali a reconnu qu’une telle décision émane d’une équation difficile, en ce sens où l’on doit tenir compte de nos relations avec le peuple libyen, de nos intérêts et de la sécurité nationale.

Le chef du gouvernement a indiqué qu’une lettre officielle a été adressée au Palais présidentiel, l’informant de l’extradition d’al-Baghdadi al-Mahmoudi. Et d’ajouter : "Je n’interviens pas dans la vie du Président, qu’il soit à Paris, ou à Remeda, il y a une adresse officielle dont on tient compte".

"Les méfaits de la présence d’al-Mahmoudi en Tunisie sont plus grands que son extradition", a-t-il martelé, admettant qu’"il y a un danger de l’autre côté, que nous assumons".

Le chef du gouvernement a montré un article de journal qui annonce le décès d’al-Baghdadi al-Mahmoudi, ajoutant qu’al-Mahmoudi a donné une interview à la chaîne Zitouna qui sera diffusée ultérieurement. Selon le chef du gouvernement, la cour pénale internationale (CPI) n’a pas revendiqué le transfèrement d’al-Mahmoudi.

A ceux qui s’inquiètent pour l’intégrité physique et la vie d’al-Baghdadi al-Mahmoudi, Hamadi Jebali a déclaré que les autorités libyennes autorisent à toute délégation d’aller là-bas et de le voir toutes les heures, si elle le souhaite.




ABO & H.J.


 

Commentaires 

 
0 #1 Polémique, polémique...
Ecrit par SDF     01-07-2012 09:08
...quand tu nous tient!
On se dresse les uns contre les autres et on oublie l'essentiel...
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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