Rafik Abdesselem a livré, dans une longue interview à Assabah dans son édition de ce jeudi, sa vison de la politique étrangère de la Tunisie. Le ministre a annoncé qu’une invitation sera adressée au Président palestinien, Abou Mazen, pour une visite en Tunisie. Il a fait savoir que la Tunisie préservera ses relations avec ses partenaires traditionnels, et ne nouera pas de nouvelles alliances. Concernant les relations avec le Qatar, le ministre a indiqué que "la crainte pour la souveraineté de la Tunisie est artificielle". "Le Qatar n’est pas une puissance qui dispose de bâtiments de guerre pour occuper la Tunisie", souligne-t-il. Le chef de la diplomatie tunisienne parle de la position de la Tunisie d’Israël et de la Syrie. Il évoque l’extradition du président déchu ainsi que les démarches entamées dans le dossier des détenus tunisiens en Irak et à Guantanamo. Il évoque l’intention de la tenue prochaine d’un sommet maghrébin et annonce des changements au niveau des ambassades tunisiennes à l’étranger. Gnet a traduit l'interview, de notre confrère Salah Attaya, dans son intégralité :
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Il y a des craintes chez certains, selon lequelles la Tunisie suivrait une diplomatie partisane, notamment après l’invitation adressée à Ismaïl Haniyeh, chef du gouvernement palestinien démis. Le gouvernement n’a pas, en effet, commencé par inviter Mahmoud Abbas, quelle est votre opinion ?
Après la révolution, la Tunisie est ouverte devant tout le monde. Il n’y a pas de conditions pour l’invitation des frères et amis de la Tunisie. Après que l’on ait accueilli le frère Haniyeh, le ministre des Affaires étrangères palestinien était parmi nous, et nous allons accueillir son excellence le Président Mahmoud Abbas, sur le territoire tunisien. Le fait que la visite de Monsieur Haniyeh soit suivie de celle du président Abou Mazen est positif, c’est une manière d’affirmer le sens de l’unité du rang palestinien.
Cette visite est-elle à l’ordre du jour ? Avez-vous vraiment adressé une invitation au Président palestinien ?
Nous allons adresser une invitation au Président Mahmoud Abbas pour visiter la Tunisie prochainement. Il faut que cela soit clair pour tout le monde, la Tunisie après la révolution est un espace ouvert devant nos frères arabes pour l’activité culturelle et l’action populaire publique, après de longues années où la Tunisie s’est repliée et s’est recroquevillée sur elle-même. Nous sommes un pays démocratique ouvert.
Il y a ceux qui considèrent que la diplomatie tunisienne est à quatre têtes : le président de la République, le chef du gouvernement, le ministre des Affaires étrangères et le président d’Ennahdha, Rached Ghannnouchi. Ceci n’influe-t-il pas sur les traditions de la diplomatie tunisienne ?
Cette présentation recèle beaucoup de généralités. Ceux qui dirigent actuellement la diplomatie procèdent selon une démarche consensuelle, conformément à la loi provisoire d’organisation des pouvoirs publics ; l’exécution relève des attributions du ministère des Affaires étrangères, et je ne voie pas de contradictions entre ces parties. En ce qui concerne cheikh Rached Ghannouchi, il n’a pas de responsabilité officielle. Les actions qu’il entreprend rentrent dans le cadre de qui est communément appelé, "diplomatie populaire", c’est ce qui nous aide à développer nos relations extérieures. Tous ces efforts se complètent, ils ne sont pas antinomiques. Dr Marzouki représente l’Etat, et exerce la diplomatie officielle, cheikh Ghannouchi, ainsi que d’autres leaders de l’opposition, peuvent aider à redynamiser nos relations extérieures. J’appelle, à cette occasion, tous les leaders des partis politiques à entrer en contact avec nos frères et amis à l’étranger, ce qui est de nature à faciliter la mission de la diplomatie tunisienne.
Certains pensent que la rupture n’a pas eu lieu entre la diplomatie révolutionnaire, et la diplomatie traditionnelle. Quelle est votre opinion ?
Nous ne sommes pas venus pour changer la politique étrangère de fond en comble. Nous avons des traditions dans notre politique, et nous avons de grandes compétences et expertises dont nous allons tirer profit. Nous sommes venus pour rénover et développer et non pour tout détruire et recommencer de zéro. Nous allons œuvrer à combler les déficiences, et à développer les points positifs. (…). Je découvre qu’il y a des compétences diplomatiques et administratives remarquables, sur lesquelles nous allons compter pour développer l’action diplomatique, selon une nouvelle vision, tenant compte du contexte général dont évolue actuellement la Tunisie.
Quels sont les éléments de cette vision ?
Il s’agit d’instaurer une diplomatie active et efficiente, œuvrant dans les différentes directions exigées par la géographie politique tunisienne. Nous sommes des partenaires avec l’Union européenne, et nous avons des liens solides, dictés par notre positionnement géopolitique, étant un pays méditerranéen, notamment avec la France, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, sans oublier les autres Etats européens avec qui nous avons des partenariats stratégiques. Parallèlement, nous œuvrerons, selon nos autres dimensions, notamment notre dimension maghrébine qui est essentiel et substantiel. Nous allons parier sur les pays voisins : Algérie, Libye, Maroc qui représentent une priorité dans notre politique étrangère, ainsi que le monde arabe, et le large espace africain, où nos actions n’ont pas atteint le niveau escompté au cours de la période écoulée. Nous réactiverons notre diplomatie politique et économique dans cette direction en vue de saisir les opportunités existantes.
C’est-à-dire que vous n’allez pas nouer de nouvelles alliances ?
Non, nous n’allons pas rentrer dans de nouvelles alliances. L’ordre international n’est pas fondé, dans son essence, sur des groupements solides et aux antipodes. Il est vrai que les relations internationales sont, aujourd’hui, imbriquées. Nous vivons dans un monde multipolaire, où les forces américaines occupent, sans doute, la première position, talonnées par les forces européennes. Mais, nous ne sommes pas obligés de rentrer dans des alliances, étant donné que le climat de la guerre froide est révolu. Nous sommes ouverts dans nos relations extérieures sur l’ensemble des forces et parties, au service de nos intérêts nationaux, et de nos relations et intérêts nationalistes arabes.
On parle de nouvelles relations avec les forces émergentes et l’arc islamique…est-ce vrai ?
Nous allons raffermir nos relations avec ces forces émergentes et en développement sur les plans régional et mondial. Nous admettons parfaitement qu’il y a des forces éminentes, qui ont des capacités économiques et des rôles politiques stratégiques à l’instar de la Malaisie, de l’Indonésie, de Singapour, de la Chine, du Japon, de l’Inde, de la Turquie et autres. Nous allons consolider nos liens avec ces pays, c’est ce qu'impose notre intérêt national, et le pragmatisme politique. La diplomatie ne se gère pas selon les doctrines et les idéologies, mais sur la base des intérêts de l’Etat et du peuple tunisiens.
La relation avec Téhéran est passée par plusieurs soubresauts depuis les années 70 du siècle dernier. La Tunisie ne semble pas avoir bien profité de l’Iran, vu la politique de circonspection et de suspicion alors dominante. Comment percevez-vous les perspectives d’avenir des relations avec Téhéran ?
Nous ne sommes pas dans une relation d’alliance ou de guerre avec l’Iran. C’est une relation ordinaire à l’instar de nos relations avec le reste des pays musulmans. Nous sommes favorables à toute coopération économique et de développement avec la République iranienne. Notre pays est ouvert à toute coopération au service de l’intérêt national, nous n’avons pas de relations distinguées avec Téhéran, et nous n’avons pas de position hostile envers ce pays, avec qui on aspire à relancer nos relations, dans le cadre de notre souci de redynamiser nos relations avec les pays musulmans, en ordre général.
Les familles des disparus en Irak ont demandé dernièrement devant le ministère des Affaires étrangères le retour de leurs enfants. Comment allez-vous agir face à ce dossier complexe ?
Franchement, c’est l’un des dossiers complexes qu’on aura à traiter lors de la prochaine période. Personnellement, je me suis réuni avec les représentants de ces familles, et les activistes des droits de l’Homme. Je leur ai dit que nous déployons tous nos efforts pour obtenir des données et des informations d’abord, et ensuite, pour garantir un jugement équitable à nos enfants qui se trouvent là-bas. Sans doute, leur rapatriement reste notre priorité, mais c’est dans le cadre de ce qui est possible au niveau de relations politiques et diplomatiques, ainsi que dans le cadre du droit international.
Le dossier des Tunisiens détenus ou disparus en Irak, pose le problème des Tunisiens détenus à Guantanamo, ainsi que dans certaines prisons africaines. Allez-vous agir sur ce dossier ?
Il y a un important legs dans ce domaine, et les dossiers sont compliqués. Nous avons commencé à étudier les dossiers, nous nous concertons avec les experts du ministère des Affaires étrangères. Et puis, nous allons agir avec sérieux dans ce cadre, pour parvenir à des solutions. Ou, au moins, alléger, autant que faire se peut, l’impact de ces affaires, étant donné que certaines de ces affaires sont liées au droit international. Il ne faut pas oublier que certains de ces jeunes ont été jugés dans des affaires terroristes, ce qui exige une étude minutieuse de notre démarche, le sujet n’est pas anodin, comme le croient certains.
Les ministres des Affaires étrangères de France, d'Italie et d'Allemagne ont visité la Tunisie dernièrement, quel est le dénominateur commun de ces visites ?
Les trois ministres sont venus avec un souci commun, c’est la réussite de l’expérience démocratique naissante en Tunisie. La France, l’Italie et l’Allemagne sont intéressés par la réussite du modèle tunisien, car il aide à la stabilité dans la région, et tiennent à son évolution dans le bon sens à ce stade de gestation révolutionnaire que vit la région arabe. Parallèlement, nous avons constaté un sentiment d’apaisement chez nos amis envers l’existence d’un gouvernement de coalition nationale, qui construit un projet d’avenir avec un partenariat national entre plusieurs partis. Ils ont le sentiment que nous avons réussi la première phase de cette révolution tranquille, et cette transition pacifique, en comparaison avec d’autres révolutions ayant entraîné des pays arabes dans des troubles et une effusion de sang. Ils pensent également que nous avons réussi dans cette deuxième révolution, à travers la présence d’un gouvernement légitime élu, a fortiori qu’il s’agit de la première expérience du genre dans la région arabe. (…).
Comment vous percevez ce qui se passe en Syrie entre le régime et son peuple ?
Nous avons exprimé une position claire envers la Syrie. Nous ne pouvons que compatir avec la révolution du peuple syrien. La conscience morale et humaine ne peut pas supporter des dizaines de morts tous les jours. C’est une chose que nous devons condamner, conformément aux lois et usages. Les exigences de la fraternité arabe nous poussent à exprimer ouvertement cette position, mais nous espérons que nos frères syriens arriveront à un résultat consensuel en vue d’épargner le sang syrien.
Certains pensent que la chute de la Syrie conduira à la chute d’un axe en entier, qualifié dans le monde arabe de l’axe du non, ce qui va influencer sur la situation en Iran, dans les pays voisins, notamment en Palestine. Quelle est votre lecture de ce dossier ?
Il existe, sans doute, des équilibres sensibles dans cette région du monde. Tout changement qui surviendra en Syrie, dans quelque direction que ce soit, influera nécessairement sur l’espace régional. Nous l’avons constaté au moment de l’invasion de l’Irak en 2003, lorsqu’il est entré dans un état de désordre. Cette situation a influencé sur les situations arabes générales, notamment dans les pays limitrophes. Les équilibres existant actuellement, vulnérables somme toute, seront impactés forcément de tout changement qui surviendra en Syrie. Pour ce faire, nous souhaitons que nos frères syriens s’activent à mener une véritable opération de réforme, de manière à préserver les intérêts syriens et les intérêts stratégiques du monde arabe.
C'est-à-dire que vous êtes pour le maintien du régime syrien avec des réformes ?
Pas nécessairement, mais les Syriens doivent décider eux-mêmes de leurs affaires et de leur sort. Nous ne pouvons pas décider à leur place. Ce sont leurs affaires. Ce que nous souhaitons, est qu’il y ait un régime démocratique, et une opposition active et efficiente contribuant à la construction de la Syrie nouvelle, et qui pourra être active dans son pays.
Le régime déchu de Ben Ali a été connu pour sa coopération avec Israël. Comment seront les relations entre la Tunisie et Tel-Aviv à l’avenir ?
La relation du régime déchu avec Israël était basée sur l’opportunisme. Il considérait que la voie la plus courte pour atteindre les Etats-Unis passe par le canal israélien. Ben Ali travaillait avec certains lobbies connus liés, d’une manière ou d’une autre, à Tel-Aviv. S’agissant de nos relations avec cette entité, nous ne pouvons que nous aligner sur les constantes arabes et palestiniennes. Nous défendons le droit des Palestiniens à recouvrer leurs territoires, à démanteler les colonies, et à instaurer un Etat palestinien dont la capitale est al-Qods dans les frontières de 1967. En ordre général, nous sommes membres de la Ligue arabe, et nous n’avons pas une position dissociée de la position de la Maison arabe.
Actuellement, comme est la relation avec Israël ?
Nous n’avons absolument aucune relation.
Ceci n’influe-t-il pas la position de la communauté juive en Tunisie ?
Il faut distinguer entre deux dossiers. Les Juifs sont nos frères en citoyenneté, il n’y a rien qui nous sépare en la matière. Ce sont des Tunisiens qui écoutent la musique tunisienne, mangent la cuisine tunisienne, bénéficient de tous leurs droits religieux et civils sur un pied d’égalité avec les Tunisiens. Quant à Israël, l’affaire concerne une occupation, les choses sont donc différentes entre ces deux questions.
Il y a des réserves autour de la relation actuelle avec le Qatar, sur la base que Doha s’immisce dans les affaires de la Tunisie. Quelle est votre approche à ce sujet ?
Nous n’avons pas d’approche particulière de notre relation avec le Qatar. Nous avons une approche concernant les relations arabo-arabes. Nous parions à donner une priorité à nos relations avec les pays voisins maghrébins, puis avec nos frères arabes, et il n’y a pas de mal à cela. Le fondement des usages diplomatiques fait que nous devons avoir des relations remarquables avec Qatar, l’Arabie Saoudite, les Emirats, le Koweït, et l’ensemble des pays arabes. La crainte pour la souveraineté de la Tunisie est artificielle. Le Qatar n’est pas une puissance qui dispose de bâtiments de guerre pour occuper la Tunisie. Certains évoquent ce sujet, du fait qu’il existe certains de nos frères arabes qui veulent nous aider à franchir cette étape transitoire difficile, à garantir des opportunités d’emploi pour nos enfants au chômage, à améliorer les conditions de vie des Tunisiens, à mettre en branle la machine économique. Peut-être que le fait de voir l’économie et le processus de développement avancer dans le bon sens, les contrarie. Ceux-ci ont un problème avec le peuple tunisien, avec ses jeunes demandeurs de travail, et non avec le gouvernement actuel, ou avec le ministère des Affaires étrangères, et la diplomatie tunisienne.
Ces agissements touchent les intérêts de la Tunisie et ses relations, et œuvrent à troubler nos relations avec nos frères et amis. Quant à nous, nous faisons la distinction entre ce qui est politique, et ce qui relève du sens de l'Etat et de son intérêt.
Le Président de la République a appelé à faire extrader le président déchu et sa famille d'Arabie Saoudite. Le chef du gouvernement a parié sur la consolidation des relations avec le Royaume, comment percevez-vous ce sujet au ministère des Affaires étrangères ?
Il n’y a pas de contradiction entre les deux positions. Le chef de l’Etat a appelé à l’extradition du président déchu et à son jugement, et Monsieur Hamadi Jebali a évoqué la nécessité de juger tous ceux qui sont impliqués dans la corruption, en prime le président déchu. Ce dossier ne doit pas, en revanche, constituer une pierre d’achoppement devant les relations diplomatiques, économiques, politiques avec les Saoudiens. Nous tenons en haute estime le rôle joué par l’Arabie Saoudite, et son poids politique, économique et régional dans la région arabe et nous œuvrons à ouvrir une nouvelle page, et à approfondir ces relations dans tous les domaines.
Comment allez-vous procéder en matière de votre demande d’extradition du Président déchu et son épouse ?
Nous avons, et nous appelons toujours au retour du président déchu afin qu’il soit jugé en Tunisie, dans le cadre d’un procès équitable, transparent et indépendant. Nous sommes dans un Etat d’institutions, et nos démarches et pratiques politiques doivent s’en tenir à la loi, et aux usages moraux et légaux.
Et si l’Arabie saoudite refuse d’extrader le président déchu ?
Nous espérons qu’elle ne refusera pas. Si c’était le cas, nous considérons que ce dossier en est un, et celui de notre coopération politique et économique en est un autre. Ce ne sera pas une pierre d’achoppement à notre coopération dans l’avenir.
Les visas vers la France et les pays européens posent problème. Les Tunisiens se plaignent de la lenteur et la complexité des procédures. Quelle sera votre démarche pour faciliter l’obtention du visa pour ces pays ?
Nous avons abordé ce sujet avec nos amis européens, notamment avec Monsieur Alain Juppé. Nous avons évoqué les difficultés d’obtention du visa, et les longues files d’attente des Tunisiens désireux de l’obtenir. Ils nous ont confié que le taux le plus élevé des visas accordés dans la région, l’est aux Tunisiens, et ont affirmé leur disposition à développer les mesures administratives en vue de faciliter les procédures, le ministre français nous a promis d’examiner ce dossier.
La libre circulation entre les pays du Maghreb arabe a été instrumentalisée politiquement au cours des décennies écoulées, jusqu’à quelle mesure comptez-vous réactiver cette demande populaire maghrébine ?
Nous nous sommes réunis, ces derniers jours, avec les ambassadeurs des pays du Maghreb arabe, et nous avons senti ce même esprit commun, de développer les relations intermaghrébines et redynamiser l’Union maghrébine. Nous réfléchissons à la tenue d’un sommet maghrébin lors de la prochaine période. Il y a une insistance sur la nécessité d’ouvrir les frontières entre les pays maghrébins, de développer les échanges commerciaux, de garantir le droit à la résidence et à la propriété, et la circulation des biens et des marchandises. Même si on se heurte à certains obstacles avec les Etats maghrébins, nous allons franchir des pas, d’une manière unilatérale, pour nous ouvrir sur nos voisins. Notre pays sera ouvert à nos frères maghrébins, et ils bénéficieront des mêmes droits dont jouissent les citoyens tunisiens, dont le droit au travail, à la propriété, à la résidence et autres.
Ne pensez-vous pas que la question de la stabilité sécuritaire en Libye est une entrave à toute tentative d’ouverture intermaghrébine ?
Nous comptons sur tous nos frères du Maghreb arabe, et non uniquement sur la Libye. Sans doute, la Libye est un pays qui revêt une importance particulière pour nous, vu le voisinage géographique, et les liens sociaux et historiques avec nos frères libyens. Nous avons pris la mesure du défi sécuritaire, lorsque nous avons visité la Libye récemment. Il existe certaines craintes, et probablement des dangers sécuritaires, dûs aux répercussions de la situation révolutionnaire en Libye. Les armes sont répandues entre les mains de plusieurs Libyens. Mais, je pense que ce sont les défis de la transition, et il n’y a pas de dangers réels à même d’entraver la coopération et la complémentarité avec la Libye. Il ne faut pas oublier que le peuple libyen est homogène, et il n’est pas traversé par des divisions verticales. Il est vrai qu’il existe une structure tribale, mais l’homogénéité culturelle, religieuse et linguistique prédomine dans la société. Il n’existe pas des dangers de type entraves, il y a des difficultés transitoires qui prendront quelques mois, et peut-être une année, mais la situation s’acheminera vers la stabilité et la normalisation.
Qu’en est-il des relations avec la Turquie, comment peut-on la concevoir loin de toute dépendance à un modèle ? Et qu’est-ce qui vous intéresse dans l’expérience d’Erdogan ?
La question du modèle turc a été soulevée, à maintes reprises. Personnellement, je ne crois pas aux modèles tout prêts, et qu’il y a un modèle turc empaqueté qui sera exporté vers la Tunisie, mais il y a une expérience réussie, dont on peut tirer profit. Comme il existe un modèle turc, il y a un modèle tunisien. Certains stratèges parlent de l’attractivité du modèle tunisien. Ce sont des expériences qui se complètent et qui coopèrent. Nous avons des liens culturels, historiques et politiques avec la Turquie, et nous étions une partie de l’espace ottoman élargi, ce qui nous a laissé une mémoire collective, que nous devons aujourd’hui investir pour relancer la coopération dans le domaine économique, et raffermir les échanges commerciaux, de touristes et d’investissements, au service de nos intérêts nationaux.
Allez-vous procéder à des changements au niveau des ambassades tunisiennes à l’étranger ?
Nous allons procéder à certains changements, mais cela se fera sur la base de critères professionnels. Nous allons former une commission chargée d’examiner les candidatures, en tirant profit de nos compétences au sein du ministère et du corps diplomatique. Personnellement, je découvre que nous avons de grandes compétences et ressources humaines administratives et diplomatiques dont il faut tirer profit. Ce qui manque au ministère des Affaires étrangères, c’est l’âme, voire l’absence d’une vision et d’une boussole, a cause des politiques sclérosées de Ben Ali. Nous avons entamé une démarche en vue de s’ouvrir sur les hommes des médias et la société civile, pour casser le mur instauré par l’ancien régime entre le ministère des Affaires étrangères, et l’opinion publique.
Traduit par Gnet (d'après Assabah)
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Commentaires
Ecrit par HatemC 26-01-2012 12:00
Ecrit par asma 20-01-2012 17:13
DU TRAVAIL
حزب العمل التونسي
بلاغ
إن حزب العمل التونسي يعتبر أن المناخ الذي تجري فيه سياسة البلاد المتميزة بالتخبط والضبابية والإرتجال والترقب، لا يبعث على الإطمئنان والأمــان.
فالقيادة الجديدة للبلاد، المنبثقة من التحالف الثلاثي، غير قادرة على التحرك خارج الحدود التي رسمتها لها حكومة الباجي قائد السبسي، الملتزم بالسيياسة الليبرالية المدمرة والمطبقة منذ أربعين عاما.
فعدم القطيعة مع الماضي والرهان على السياسة الأميريكية وعلى معربيها من الأنظمة العربية والإسلامية المتآمرة على المقاومة والبلدان الممانعة للتطبيع مع الصهيونية لا يؤسس لتصور يرقى إلى تطلعات شعبنا.
إن مؤتمر الإصلاح يثـبّـت مسار الإتحاد العا م التونسي للشغل الذي أسس من أجله : الدفاع عن الشغيلة والمصلحة العليا للوطن في كنف الكرامة والحرية والعدالة قبل إرضاء أهل السياسة الذين يعطون الأولوية لإرضاء جهات قد تتنافى مصالحها مع مصلحة البلاد.
من الغريب أن رجال السياسة، حالهم كما كان بالأمس، هم بعيدون عن الشعب وقضاياه الأساسية ، لا يملكون الرؤى التي تتطلبها البلاد في هذا العالم المتحول، فهم منشغلون بالتنافس على من يرضي من، وهم كعادتهم مستمرون في محاولات الإحتواء ومغالطة الرأي العام, وهذا ما جعلهم في حالة إرتباك مستمر يلتمسون فرصا جديدة يتسترون وراءها من فضيحة إفلاسهم السياسي.
إن حساسية المرحلة تقتضي الإسراع بخطوات سياسية جريئة تكون من وزن تضحيات الشعب و تطلعاته ووعيه وقدرته على خلق المعجزات.
إن حزب العمل التونسي يعتبر أن الدفاع عن القضايا الوطنية لشعبنا تتطلب اليقضة والإلتزام بمواصلة طريق الثورة ، الطريق الوحيد للخروج من الأزمة, ويجدد نداءه لبناء جبهة وطنية تلبي مطالب الشعب وتصون مصلحة الوطن.
تونس في 14 جانفي 2012 0
Ecrit par Ferchichi 20-01-2012 11:16
Ecrit par zarglayoun 20-01-2012 09:50
La puissance se bâtit avec le savoir.
Il se trouve que le Qatar est une base américaine (plus de 30 % de son territoire est occupé par une base yankee).
De ce fait, La Qatar a une énorme capacité de nuisance et est un plaie pour les peuples arabes avides de liberté et de dignité.
Ecrit par Pinhead 20-01-2012 00:01