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Mercredi 23 Mai 2012         

Place de la femme dans la constitution : Un combat qui commence

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Publié le Samedi 17 Décembre 2011 à 15:45
La carte de la femme a toujours été une carte gagnante « Femme tunisienne et constituante : les perspectives », tel est le titre d’une table ronde  organisée vendredi dernier à la cité des sciences de Tunis par l’association des anciens stagiaires des Etats-Unis d’Amérique, et l’Association Tunisienne de Droit du Développement (ATDD).

Depuis l’indépendance de la Tunisie, la femme tunisienne a vu sa fonction de fille, épouse et mère de famille dévouée, se transformer peu à peu en collègue, compagne et actrice de la vie économique, politique et sociale, tout en gardant ses premières prérogatives.

«La carte de la femme a toujours été une carte gagnante à jouer au niveau de la diplomatie, parce que protéger les droits de la femme est très apprécié par les pays développés », dit Fatma Barbouch, sociologue au premier ministère. Un cadeau reçu à la hâte, mais sur lequel elle doit certainement veiller.

Dans son intervention, elle a exposé les facteurs incitatifs et contraignants qu’accorde le droit tunisien à la femme. Bien qu’il existe un nombre considérable d’avantages élevant la femme à un rang quasiment égalitaire à celui de l’homme, il n’en demeure pas moins que certains textes de loi n’ont jamais été réellement appliqués. « La loi incriminant l’harcèlement sexuel contre les femmes, est restée une loi morte, qui en partie est dû au silence des femmes qui subissent ces agressions ».

Mais il est bon de rappeler que la Tunisie est le premier pays arabo-musulman à avoir aboli la polygamie, où la femme mariée à un non-tunisien peut transmettre sa nationalité à ses enfants, où la mère doit donner son consentement pour le mariage de son enfant mineur, ainsi que la liberté de demander le divorce et la garde de ses enfants.

Par ailleurs, et malgré tout ce que la loi lui a conféré comme droits, la femme reste très peu représentée dans les postes de décision. «En grande partie, à cause du cachet patriarcal de la société tunisienne, et d’une mauvaise appréciation des capacités intellectuelles de la femme », dit Fatma Barbouch. D’après les statistiques de 2004, la femme constitue 50.9% de la population tunisienne, 35.4% de la femme rurale, 53% de la population scolaire et 36% du total des fonctionnaires. Dans la vie associative, elle est le un tiers des adhérents des associations, avec seulement 35 femmes à la tête d’associations, dont le nombre total s’élève à près de 9000. Bien aussi que les filles représentent 61% des étudiants inscrits durant l’année 2009-2010, la femme reste très peu présente sur la scène politique. A l’assemblée constituante, elles sont 25% du total des élus. 

La sociologue ajoute que toutes les structures spécifiques qui accueillent la femme en détresse ne sont pas l’œuvre de l’Etat et des régimes en place, mais de la société civile.

Tant bien que mal, la femme tunisienne a pu tirer profit du droit conféré par le législateur, bien que dans les faits, la parité homme/femme ait encore du chemin à faire. «Encore plus maintenant après la révolution. Après la chute de la dictature, alors que nous aspirions à plus de citoyenneté, la question des droits de la femme a été remise sur la table. On s’interroge à nouveaux sur les acquis de la femme », dit Sana Ouechtati, juriste et enseignante universitaire. Selon elle des menaces se profilent à l’horizon notamment ceux de l’éventuelle interdiction de l’adoption et de son remplacement par la tutelle (Al Kafala).

«Dans le programme d’Ennahdha, on  préconise un traitement spécial pour les filles célibataires ayant dépassé un certain âge. Cette discrimination par le genre, nous ramène à nous interroger sur la place de la femme dans la constitution», alors que parmi les revendications de la révolution, intégrer le principe de la non-discrimination dans la loi organique et constitutionnelle pour consolider le principe de parité citoyenne.

 «La citoyenneté est une condition abstraite qui ne tient pas compte du genre. D’ailleurs la question de l’habit s’est posée par une minorité et aurait-dû être traitée à une échelle décentralisée », explique l’universitaire. D’après elle, les défis de la prochaine constitution est qu’il y ait intégration de la notion de citoyenneté, d’assurer la primauté du droit international pour barrer la route à toute tentative de transgression des droits de l’Homme, et l’introduction de principes plus larges préservant la dignité, le droit au travail et l’intégrité physique.

Sana Ouechteti s’est également interrogée sur le rôle du ministère de la Femme, à consacrer les droits et libertés de celle-ci.

Lors du débat auxquels ont été présents des juristes et membres de la société civile, un intervenant a parlé que la nécessité d’aller vers les régions les plus reculées du pays pour expliquer aux citoyens le rôle et l’importance de leur mobilisation pour défendre leurs droits : « il faut travailler sur la communication au sein des familles et quitter les seuls bancs des séminaires et autres conférences », a-t-il précisé.

Une citoyenne a ajouté que la femme rurale est très active et contribue largement à la micro-économie : « Mais la seule référence qu’elle a de la femme, c’est les images qu’elle regarde à la télévision, venues des pays du Golfe.  Une image faussée qui donne l’impression que la femme peut ne pas travailler tout en profitant d’un foyer confortable avec tout ce dont une femme peut rêver. Or, elle ignore la réalité du terrain qui est l’absence des droits citoyens de celle-ci ».

En conclusion de cette rencontre, plusieurs participants ont retenu l’idée d’élaborer des propositions de loi qui seront proposés aux élus de l’assemblée constituante, dans l’espoir de les voir un jour adoptés.
Chiraz Kefi


 

Commentaires 

 
+12 #1 JE SUIS UNE FEMME
Ecrit par RosejazBT     18-12-2011 17:51
Etant moi-même une femme,je n'ai rien contre la question des droits de la femme, son émancipation et le rôle qu'elle joue dans notre société, alors que dans d'autres pays voisins, les femmes peinent encore à nous égaler. Je voudrais parler des menaces; dont parle Mme. Ouechtati; profilant à l'horizon, à savoir, l'interdiction de l'adoption et son remplacement par (Al kafala) et je lui dis: ce qui est contesté, c'est la façon de vouloir adopter un enfant et l'écrire en son nom, c'est ce procédé qui est interdis par l'islam (pour de multitudes raisons que nous connaissons tous) et que l'adoption/kafala est une très bonne chose et le prohète
صلّى الله عليه و سلّم
dis:أنا و كافل اليتيم في الجنّة
Et puis où est le mal, si le mot adoption est remplacé par AL KAFALA?
Quant à l'absence des droits de citoyens chez la femme, et les images
qu'elle regarde à la T.V. venues des pays de golf, franchement,(tout en ayant ma dignité de femme bien sûr) cette absence je m'en passe devant le confort. Il ne me déplait pas d'être chez moi, dans une villa où tout le confort y est, mon petit déj. prêt à mêtre servi, ma garde robe remplies de belles fringues, le chauffeur se tenant à ma disposition etc, etc...Ceci dis j'ai pas peur pour les femmes tunisiennes, elles sont fortes et se défendent bien, et elle sont très respectées.
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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