Philippe Marini juge la situation en Tunisie "en demi-teinte" |
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Publié le Vendredi 23 Mars 2012 à 22:00 |
Une délégation de sénateurs français a rencontré, jeudi, au palais du Bardo, le président de la Constituante, Mustapha Ben Jaâfar. Elle a ensuite examiné avec le président de la République, Moncef Marzouki, les moyens de promouvoir les relations de coopération dans le domaine économique entre la Tunisie et la France.
Conduite par le président de la commission des finances du Sénat, Philippe Marini, la délégation a organisé vendredi matin une table ronde. Ses membres se sont félicités des discussions de qualité avec les responsables tunisiens : «Marzouki et Ben Jaâfar sont des personnalités remarquables. La Tunisie va se doter d’une vraie institution parlementaire".
Pour Philippe Marini, les choses sont à la fois meilleures et pires : "La révolution n'a pas été vraiment une rupture économique. Les entreprises à capitaux français rencontrées durant notre visite trouvent que les conditions sont meilleures que prévu. Mais en même temps, il y a le problème de la sécurité, même si l'ordre public se rétablit". Et d'ajouter : "Après avoir rencontré le président de la république, le président de la constituante, plusieurs membres du gouvernement et des responsables d'entreprises, nous avons constaté une forte attente de tous les milieux à l'égard de la France, partenaire de référence. Les investisseurs savent que la révolution se traduit par une ouverture économique parce que l'ancien pouvoir voulait tout contrôler et les capitaux étaient verrouillés".
Marini estime que la Tunisie passe par une période d'apprentissage du parlement. "Ce dernier était plaqué artificiellement durant l'ancien régime", a-t-il estimé. "La France qui a accordé une aide de 200 millions d'Euros en 2011, soutient toujours la Tunisie et continue à inciter les investisseurs à venir tout en insistant sur l'importance de la réforme pour limiter le taux de chômage. L’aide de 200 millions est sous contrôle, nous voudrons savoir à quoi a-elle servi".
Interrogé sur les conséquences des ce qui est arrivé à Toulouse mercredi, Marini a déclaré que "ce qui s'est passé est un acte réalisé par un individu dont le comportement était déviant et qu'il n'y a pas lieu de juger un comportement politique ou religieux". Il a ensuite fait savoir que la France n'a pas à juger le comportement électoral d'un peuple qui a connu pour la première fois des élections pluralistes. Il ne faut pas faire d'amalgame entre un cas pathologique et des musulmans modérés".
Revenant sur la situation économique en Tunisie, Marini a cité plusieurs facteurs qui laissent la réalité en demi-teinte : "La situation de l'emploi s'est détériorée, l'inflation, le secteur bancaire manque de liquidités, la dette publique et le fait que le mandat de l'ANC soit court font que l'opinion soit difficile à faire. Il manque beaucoup d'informations. Mais nous ne pouvons pas attendre une autre année pour travailler. Il me semble qu’il y a un besoin de confiance et pour l’avoir il faut rentrer immédiatement dans la politique de réforme".
D'après les membres de la délégation, le président tunisien a fait savoir que la Tunisie ne compte pas investir dans le nucléaire mais donne de l'importance au développement des énergies renouvelables : "Nous pouvons être utiles dans ce cas. Par rapport au Qatar et aux autres partenaires, j'estime que nous avons plus d'idées que d'argent", a souligné Marini.
Le sénateur a ensuite évoqué le problème que rencontre le tourisme tunisien depuis la révolution : "15% du PIB proviennent du tourisme. Nous sommes conscients du rôle important que joue ce secteur dans l'économie tunisienne et c'est pour cela que nous encourageons les Français à revenir ici".
Interrogé sur l’affaire du troisième opérateur tunisien, Orange, Marini a fait savoir que l’entreprise se détériore, que la situation est toujours bloquée et que France Télécom, qui détient 49% du capital, souhaite augmenter ce dernier et investir davantage.
A.B.O
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Commentaires
Ecrit par terminator 24-03-2012 14:09
Ecrit par zarglayoun 24-03-2012 11:38
Voilà le plus important.
Il sait que la téléphonie en tunisie est très profitable. Il veut récupérer les parts de mabrouk à vil prix, pour bien tondre les moutons tunisiens. En france FT se fait massacrer par l'opérateur FREE, alors ils cherchent de l'argent aileurs !