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Vendredi 26 Mai 2017         

Nourriture périmée : Des scandales à répétition, face à l’impuissance des autorités

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Publié le Mardi 06 Décembre 2016 à 17:07
L’Instance Nationale de lutte contre la corruption a organisé ce mardi en collaboration avec le syndicat  général des fonctionnaires de la Police municipale, une conférence sur la lutte contre « la corruption alimentaire ». En présence de hauts responsables du ministère des collectivités locales et de l’Environnement et ceux de la Santé.

Depuis 2011, des abus, de graves dépassements et autres aberrations ont été dévoilés au grand public par les journaux télévisés. On découvrait, de temps à autre, et avec grande stupéfaction, des quantités plus ou moins impressionnantes de nourriture périmée, proposées à la vente, ainsi que des produits alimentaires que l’on fait passer pour ce qu’ils ne sont pas, pour induire en erreur le consommateur. Lors de cette journée, un documentaire d’environ 7 minutes a été projeté, pour lever le voile sur l’ampleur de ces pratiques dangereuses pour la santé du consommateur.

Une usine clandestine de confiserie largement consommée, a été découverte par les agents municipaux, et environ 12 tonnes de marchandise ont été saisies, lors de cette opération. Dans l’usine en question, des bonbons sont confectionnés au moyen de produits hautement toxiques et dans des conditions d’extrême insalubrité. On voit sur les images, des bacs pleins de liquides de différentes couleurs, à même le sol, dans des pièces sales, où git le cadavre d’un rat.

A côté, sont empilés des sacs en plastiques contenant des dragées méticuleusement emballées, ne laissant pas deviner les conditions dans lesquelles elles ont été produites. Le délégué de la Mnihla, ayant assisté à l’opération de descente, explique face à la caméra, que le propriétaire des lieux a été sommé de fermer l’usine à la date du 30 juin 2016, mais ne s’y est pas conformé. « Les produits utilisés sont cancérigènes, et ceci ne peut être que du terrorisme à l’encontre des enfants », a-t-il dit.

D’autres images proviennent du sud de la Tunisie, où des camions de plusieurs tonnes arrivent pleins  de produits périmés et clairement moisis comme des fruits secs et des huiles alimentaires. Ils sont ensuite recyclés dans des usines de la région, avant d’être commercialisés, commente un journaliste ayant participé à la réalisation du film documentaire.

La police municipale a également saisi trois tonnes de viandes périmées provenant d’Australie, et des quantités importantes de foie de veau ont été découvertes dans un restaurant huppé de la capitale, à quelques pâtés de maisons du ministère de l’Intérieur, relate le journaliste, images à l’appui.

Certains commerces de produits laitiers au gouvernorat de la Manouba, et au quartier de Denden, vendent du lait périmé dilué à l’eau de javel et à de la lessive en poudre, pour être revendus. Le médecin ayant découvert le forfait est actuellement, menacé et harcelé, tandis que le propriétaire de ce laboratoire continue à travailler malgré trois ordres de fermeture à son encontre, indique le journaliste. Celui-ci dénonce l’impunité dont jouissent les auteurs de ces forfaits, et se demande si les autorités sont en train de tenir leur rôle. Le président de L’INLUCC, Chawki Tabib, répond que l’affaire est devant le juge d’instruction.

 Le documentaire montre également de grandes quantités de fromages moisis, destinés au recyclage pour être revendus aux restaurateurs. D’importantes quantités de chocolat subissent le même sort, entreprosées dans des cageots et attendent d’être broyées et reconditionnées.

 A coté de cela la police municipale a mis la main sur une unité de production d’aliments en saumure, avec d’énormes quantités de produits périmés et infestés de vers. Il s’agirait selon, le journaliste, d’un des plus grands fournisseurs en la matière sur le grand Tunis.

La ministre de la Santé, Samira Maraï, a déclaré à cette occasion qu’il s’agit de la responsabilité de tous, et pas seulement celle de son ministère. Selon elle, les ministères de l’Intérieur et de l’agriculture et du Commerce sont aussi responsables. « Toutes les structures sont en train de travailler, mais elles sont dépassées », a-t-elle dit. Une instance de la sécurité sanitaire dédiée verra bientôt le jour, pour recentrer les efforts de toutes les équipes afférentes à chacun des ministères cités. Elle a également déploré un manque de coordination, à l’heure actuelle, malgré la régularité des opérations de contrôle.

Chawki Tabib s’est interrogé sur le sort des personnes qui sont derrière ces graves dépassements. « Qu’en est-il des poursuites judiciaires, si l’on sait qu’un jeune qui est pris en flagrant délit de vol de gants de boxe dans une grande surface est traduit en justice et écope de 6 mois de prison pour finir en délinquant. Que dire alors des personnes qui menacent la sécurité alimentaire », a-t-il relevé, avant de continuer que des mandats de dépôts doivent être émis à leur encontre tout en estimant que les décisions de fermeture et les amendes ne sont pas suffisantes.

Le secrétaire d’Etat chargé de la protection agricole, Omar Behi, a pour sa part déclaré que les contrôles du genre se poursuivront, appelant la police municipale à une réunion pour coordonner les efforts déployés dans ce sens.

La police municipale a quant à elle expliqué que l’instabilité sécuritaire et l’absence de contrôle sont à l’origine de la montée de certains comportements illégaux, comme la contrebande et la vente de produits périmés. Mais aussi elle pointe du doigt « la propagation de la corruption parmi l’appareil de contrôle, avec une faiblesse de l’Etat et son incapacité à faire face à la corruption alimentaire ».

Les agents de contrôle dont la mission consistait auparavant à rédiger des constats et des PV, sont devenus depuis le 2 juin 2012 habilités à constater les dépassements, à investiguer,  à préparer des plans de décente, et à coordonner avec la justice. Durant les dernières années, ces unités ont découvert la reconversion de locaux destinés à l’habitation en usines, le recyclage de viandes périmées, la falsification des dates de péremption de denrées alimentaires, l’utilisation de produits prohibés dans l’alimentation ainsi que l’absence de contrôle dans les circuits de distribution.

 La police municipale ainsi que le ministère de la Santé recommandent que le consommateur fasse aussi preuve de vigilance et de comportement responsable. 
Chiraz Kefi

 

Commentaires 

 
0 #1 RE: Nourriture périmée : Des scandales à répétition, face à l’impuissance des autorités
Ecrit par Montygolikely     08-12-2016 13:17
La police municipale ainsi que le ministère de la Santé feraient mieux de brûler ces marchandises périmées en place publique, rien que pour l'exemple...
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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