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Samedi 25 Mai 2013         

Médias en Tunisie : « Libres jusqu’à quand ? »

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Publié le Jeudi 03 Mai 2012 à 17:46
A l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 03 mai de chaque année, Le quotidien La Presse a publié aujourd’hui un magazine hors-série intitulé « Madias en Tunisie, libres jusqu’à quand ? ». Un slogan connu pour être celui de la campagne de communication du bureau de Reporters sans Frontières, ouvert l’année dernière à Tunis.

Ce supplément de 105 pages, brosse le portrait de plusieurs journalistes ayant été victimes de la censure et de la persécution, durant les 50 dernières années, mais également une riche rétrospective sur les agissements des censeurs et de la police politique à l’encontre des médias et des journalistes.
  
En Tunisie, le 3 mai est célébré cette année en grande pompe. Pour la première fois de l’histoire de la République, celle-ci abrite le prix UNESCO pour la liberté de la Presse, organisé aujourd’hui au palais de Carthage. Mais également le journal La Presse a organisé ce matin, une matinée d’étude sur l’état des médias en Tunisie.
Rachida Enneifer, juriste et ancienne journaliste, ayant exercé entre 1976 et 1990, et militante pour un journalisme libre,  a fait lors de cette rencontre la plaidoirie des médias publics, et spécifiquement le cas du journal la presse. «Plaider la cause de quelqu’un c’est lui trouver des circonstances atténuantes. Dans le cas des médias publics, il y a une trilogie entre pouvoir public, opinion publique et journalistes. Plaider la cause du média public c’est plaider la cause du public au final…de ce qu’il veut », dit-elle. La descente aux enfers pour des médias a commencé, selon elle, en 1990 avec la guerre du Golfe, où les régimes arabes sont entrés dans une ère d’impunité pour garantir leur souveraineté.
 
Elle s’est interrogée sur la possibilité des médias publics de construire une démocratie, ou au contraire, servir d’armes de la contre-révolution ! « Je pense que c’est une question brulante…on la voit à travers le débat autour du devenir de la télévision nationale…On voit en arrière plan, une nette confusion entre médias étatiques et propagande gouvernementale. Cet amalgame ne date pas d’aujourd’hui, et concerne la presse écrite et audio-visuelle aussi bien sous Bourguiba que sous Ben Ali », dit la journaliste. 
De son temps, Chedli klibi avait décidé que l’Edito du journal La Presse devait refléter la position du gouvernement, alors que le reste du journal laissait libre cours aux journalistes. « Un compromis boiteux », selon Rachida Ennaifer. « Et Ben Ali a développé la notion des médias Gouv-privés. L’argent du public a été détourné au profit de ces médias. Le journal La Presse est un des médias à en  avoir souffert.  Un asservissement des médias publics qui aboutissaient à leur mise à mort».
Arbi Chouikha, professeur à l’Institut de presse, et militant au sein de la Ligue tunisienne des Droits de l’Homme a intervenu « L’information a été toujours perçue par les dirigeants comme étant un appareil, usant d’un prétexte à savoir celui d’assurer l’unité nationale et servir les intérêts économiques du pays. Néanmoins, il y a eu des parenthèses, ce sont des éclaircies décidées par le pouvoir, depuis les années 1970. C’est quand l’Etat est face à une crise aigue, que le pouvoir est obligé de desserrer… En 1970, 1978, 1981, 1987, ont connu une courte période de liberté de la presse, où l’on voyait même réapparaitre des genres journalistiques disparus comme les caricatures et les billets». 
 
Le musèlement se manifeste toujours par la même rhétorique et la même symbolique, en s’attaquant aux journalistes «C’est à quel point le pouvoir ne peut pas concevoir la presse comme sa propre représentation », dit-il.
Il a ajouté que la loi considère que l’octroi d’une autorisation de diffusion d’une chaine de télévision n’est pas un droit, mais une gratification, c’est pour quoi la liberté des médias est toujours menacée.
 
Olivia Grè, membre de Reporters Sans Frontières à Tunis «  La question qui m’a été posée : libres jusqu’à quand ? je n’ai pas ramené ma boule de cristal, donc je ne pourrai pas dire avec exactitude », répond-elle.  « On est libre jusqu’à ce que l’on cesse d’être en alerte…Les journalistes sont parfois dangereusement libres, vous savez que le nombre d’agressions ne cesse d’augmenter » Le nombre d’agressions de 2011 est nettement inférieur, aux agressions des quatre premiers moins de l’année 2012 ». D’après elle la justice est à deux vitesses, rappelant que le patron de Nessma a été condamné à une amende de 2400 dinars pour la diffusion de Persepolis, alors que ceux qui ont agressé Nessma « n’ont eu que pour 9 dinars d’amende ». Libres pouquoi faire ?« Pour organiser des conférences de rédaction, se rassembler, être solidaires », dit la représente de RSF. 
 
Interrogée sur « la liste noire », Olfa Belhassine, journaliste du journal La presse nous a répondu «Il faut un jour ou l’autre mettre la lumière sur cette liste noire pour ne pas mettre tous les journalistes dans le même sac. Tous les journalistes n’ont pas fait la propagande de l’ancien régime, ils n’ont pas fait tous de la délation certains au journal La Presse ont préféré faire les pages culturelles ou du patrimoine pour ne pas tremper dans cette machine de la propagande. Il y a eu beaucoup de poches de résistances... raison pour laquelle il faut établir cette liste noire mais surtout former les gens, se pencher sur le côté déontologique de la profession pour réapprendre le métier, et réformer l’IPSI». 
 
Le public s’attendait à un Mea Culpa des anciens journalistes ayant soutenu l’ancien régime, pour qu’il y ait réconciliation, qu’en pensez-vous ? : «Je suis pour cette idée, il faudrait que cela se fasse à un niveau assez large… Le syndicat a essayé d’établir des critères des journalistes corrompus, mais ils ont rencontré des difficultés  à le faire… cette liste existe au ministère de l’Intérieur et à la Présidence…On n’a pas voulu la leur livrer et aujourd’hui, je pense qu’il y a des négociations pour sortir de cet engrenage ».
Chiraz Kefi
 
 

Commentaires 

 
0 #1 Mais jusque a l eternite pardis
Ecrit par Khammous     03-05-2012 20:53
Il faut se dire une chose gravissime une bonne fois pour toutes LA TUNISIE N A AUCUN AVENIR EN DEHORS DE LA DEMPCRATIE ET LES FONDAMENTAUX DE LA DEMOCRATIE SONT DE TROIS ORDRES
1 L Alternance pacifique du pouvoir
2 La liberte d expression
3 La non exclusion de citoyens innocents
Donc les medias en TUNISIE sont libres et le resteront pour l eternite
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