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Samedi 24 Février 2018         

Les dessous du vote européen et les clefs d’un retrait rapide de la Tunisie de la liste noire

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Publié le Jeudi 08 Février 2018 à 16:00
Vue de la réunion de GAFI MENA à Manama, décembre 2017.La Tunisie a été atteinte dans son honneur, et son nom a été trainé dans la boue, suite au vote hier, mercredi 07 février du parlement européen, l’incluant sur la liste noire "des pays tiers susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme". Cette décision, révoltante, aurait pu être évitée si les autorités tunisiennes avaient réagi et agi à temps, avaient fait du lobbying auprès des instances européennes, des médias étrangers, des missions diplomatiques étrangères en Tunisie…, a fortiori que l’inclusion de la Tunisie sur cette liste par la commission européenne ne date pas d’hier, mais de la mi-décembre 2017. Le vote du mercredi 07 février n’a fait que l’entériner.

La décision prise par la commission européenne trouve son origine dans une  réunion organisée par le GAFI MENA début décembre à Manama (Bahreïn), au cours de laquelle un rapport de la république tunisienne a été discuté. Des progrès, mais peut mieux faire. Des insuffisances restent à pallier, c’est globalement la conclusion d’alors, des gendarmes de la finance régionale envers notre pays.

Deuxième rapport de suivi de la Tunisie

Le Groupe d'Action Financière de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du nord GAFI MENA (Middle East and North Africa Financial Action Task Force (MENA FATF), pour la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme,  avait débattu lors de sa 26ème réunion du 5 au 7 décembre 2017 à Manama (Bahreïn), le deuxième rapport de suivi de la Tunisie, dans le cadre du second round de l’opération d’évaluation mutuelle, lequel révèle les avancées réalisées par notre pays pour renforcer son système national de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Dans une déclaration parue le 14 décembre, à l’issue de la réunion de Bahreïn, des pays membres et des observateurs, notamment le groupe d’action financière GAFI, le Fonds monétaire international (FMI) et la France ont salué les importantes réalisations accomplies par la Tunisie au double-niveau législatif et opérationnel depuis l’adoption du rapport d’évaluation mutuelle de l’année 2016 (Ci-après un extrait de la déclaration finale relatif à la Tunisie).


"Ces avancées reflètent la volonté politique de haut niveau et les grands efforts pour s’en tenir aux standards internationaux", ajoute la même déclaration.

La réunion a exhorté la Tunisie "à poursuivre ses efforts pour franchir les pas qui restent à faire, afin de renforcer son système de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme".

C’est sur la base du suivi du travail du Groupe d'action financière internationale (GAFI), comme elle le souligne dans son communiqué, que la commission européenne avait décidé à la mi-décembre d’inscrire la Tunisie sur la liste noire des pays tiers considérés comme présentant "des déficiences stratégiques" dans ce domaine, invoquant son souci de protéger les pays membres de l'UE contre les menaces.

Dès son inclusion, des députés européens ont réclamé que la Tunisie en soit retirée illico presto. La commissaire à la justice, aux consommateurs et à l'égalité des genres, Vera Jourova, leur a opposé une fin de non-recevoir.

Intervenue devant le parlement de Bruxelles lundi 05 février, la commissaire européenne a rejeté la demande des députés, signalant que la commission européenne allait réévaluer les progrès du pays "le plus tôt possible" cette année. "Cependant, nous n'en sommes pas encore là", a-t-elle lancé.

Face à ce refus, des députés pro-Tunisie ont déposé une motion au parlement européen, rejetant cette décision, laquelle a été soumise au vote hier, mercredi 07 février. Cette motion n’a pu obtenir la majorité nécessaire pour qu’elle soit entérinée, 19 voix lui ont manqué. Elle n’a en effet recueilli que 357 voix, alors que la majorité requise était de 376 voix.

La Tunisie coopère avec le GAFI et en fait partie
La Tunisie est membre du GAFI MENA, un organisme intergouvernemental créé en 1989, dont le but est d’élaborer des normes, des mesures législatives, réglementaires et opérationnelles en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme, et d’en promouvoir l’application dans la région. Les pays membres du GAFI coopèrent en vue de préserver l’intégrité du système financier régional et international.

Maintenant que l’on y voit plus clair et que l’on comprend mieux les circonstances, les raisons et les dessous de ce vote, qui semble avoir pris les milieux politiques et civils de court, alors qu’ils auraient dû en être au fait depuis décembre dernier, des actions doivent être entreprises pour rectifier le tir, réhabiliter notre pays et redorer son blason.

Parler à l'Europe d'égal à égal
Le gouvernement est tenu d’envoyer des signes forts au GAFI de manière à l’inciter à lever toutes les réserves sur la robustesse et la transparence du système financier tunisien et son imperméabilité aux menaces. Outre la poursuite des réformes du système financier et bancaire, il faudrait prendre des dispositions concrètes, comme à titre d’exemple, la création d’un département, pouvant être rattaché à la présidence du gouvernement, qui serait chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Sa mission sera transversale, en ayant à assurer la coordination entre les ministères des Finances, de l’Intérieur, de la Justice, les banques, et autres sur ces questions de lutte contre les crimes financiers, à être un interlocuteur avisé, réactif et crédible des institutions régionales, européennes et internationales, à anticiper et à empêcher toute mesure analogue, préjudiciable à notre à notre pays. 

Le changement à la tête de la banque centrale de Tunisie, en faisant de Chedly Ayari le seul bouc émissaire, ne pourra suffire à colmater les brèches. Il faut penser à revoir le casting à certains postes clefs liés à la diplomatie et aux relations avec l'extérieur, en nommant des personnalités charismatiques, dotées d’une force de persuasion et en mesure de parler d’égal à égal avec la partie européenne, loin des discours lénifiants et inféodés.

Les partis politiques et les organisations nationales ont un rôle fondamental à jouer, en sollicitant leur alter egos européens, ainsi que les formations politiques et les organisations avec lesquelles ils entretiennent des relations sur le vieux continent et au-delà, et faire du lobbying afin de pousser le parlement européen à revoir son verdict sur la Tunisie, et à mieux comprendre les contraintes et les spécificités de sa transition.

Une action citoyenne devra-t-elle aussi être engagée, où chaque Tunisien, à partir de sa position, qu’il vive à l’intérieur ou en dehors des frontières, aura à plaider la cause de son pays, et montrer que la décision de la CE et le vote du PE sont injustifiés et infondés, et pénalisent un pays qui déploie des efforts, nonobstant les difficultés, pour relever les défis, se redresser et s’immuniser contre toutes sortes de menaces.

H.J.

 

Commentaires 

 
0 #2 RE: Les dessous du vote européen et les clefs d’un retrait rapide de la Tunisie de la liste noire
Ecrit par Agatacriztiz     09-02-2018 12:59
Si l'Europe veut aider la Tunisie, qu'elle révèle le nom des salopards qui exanguent notre pays et se livrent sans vergogne à des trafics de délinquants mafieux et si la Tunisie veut être exemplaire, qu'elle pende haut et court et sans autre forme de procès, ces ordures coupables de haute trahison...
 
 
+1 #1 RE: Les dessous du vote européen et les clefs d’un retrait rapide de la Tunisie de la liste noire
Ecrit par RL     08-02-2018 21:30
Action citoyenne pour montrer que la décision de la CE et le vote du parlement européen sont injustifiés et infondés ?? Êtes-vous sérieux en disant cela ? A croire que nous sommes des petits anges à qui on veut du mal . Je pense que nos gouvernants sont au courant de ces choses graves et qu'ils n'ont pas agi en conséquence , malgré les recommandations de Merkel et Macron . Je suis absolument sidéré par cette nouvelle qui confirme qu'il y a bien eu des transferts de capitaux à des fins de blanchiment et de financement du terrorisme .
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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