Le gouvernement s’attaque à l’économie des TIC

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Publié le Samedi 21 Octobre 2017 à 08:00
Pour les pressés, nous vous proposons un résumé de notre article principal PLF 2018 : Attaque en règle contre l’économie du savoir, l’innovation et Internet.

Malade de l'hypertrophie de son secteur public qui pulvérise ses propres records année après année ainsi que ceux de toute la région en termes de nombre de fonctionnaires, de déficit commercial et budgétaire et d'endettement public, les autorités se sont déchainées, pour renflouer les caisses publiques à tout prix et maintenir la rente de situation par excellence, de l'État Tunisien, sans trop s'embarrasser des principes de base d'une économie saine.

LE PLF 2018 s'est attaquée frontalement à l'économie du savoir et à l'Internet en particulier.


En plus que doublant les prélèvements fiscaux sur notre facture Internet : TVA (+5,5%), IS (+4%), Dividendes (+100%) et surtout le coup de massue du timbre Fiscal (+5 000 %), sans compter les droits de Douane sur les équipements réseaux (de 0% à 15%), le législateur n'a pas fait dans la dentelle et ne s'est embarrassé d'aucun dogme ou règle. Demain plus de 55% de votre facture Internet sera constituée de taxes directes et indirectes.

Sous couvert de discours pompeux sur la compétitivité des entreprises, l'État ne fait qu'enfoncer notre économie dans le marasme, en parfait contrepied des études réalisées par plusieurs de ses propres instituts de recherches qui mettent en garde les décideurs régulièrement, contre les conséquences du retard de la digitalisation de notre économie, et ce depuis de nombreuses années, avant et après 2011.

On ne citera que la plus récente d'entre elles, celle de l'ITCEQ de septembre 2017, qui porte un titre prémonitoire : "Transition vers une économie de la connaissance basée sur les TIC : Penser le Changement ou Changer le Pansement", nous connaissons maintenant, le choix fait par notre administration. Cette étude comme toutes celles qui l'ont précédée, recommande l'intensification de l'usage des TICs par nos opérateurs économiques, et prévient contre les répercussions de tout retard pris dans ce domaine. Le message est semble-t-il bien compris, mais juste à l’envers.

Finalement, c'est la première fois que le gouvernement s'attaque aussi directement à l'économie des TIC et particulièrement à Internet, soubassement de l'économie du savoir. C'est aussi la première fois que les autorités taxent des moyens de production et non pas des produits de consommation.

Ce double sacrilège aura un prix que l'on payera tous et qui aura pour conséquences une crise structurelle plus profonde que les déséquilibres conjoncturels censés être corrigés par cette PLF 2018. Il faudra payer sans aucun doute, en matière de compétitivité de Tunisie S.A. mais également en matières de fractures numériques... certainement après 2019.


Les autorités, si elles réussissent à faire passer ce PLF, doivent s'attendre non seulement à plus de marasme économique, mais surtout à accélérer et rendre irréversible un processus de déclin que les générations futures subiront de plein fouet. Le cas échéant, toute la classe politique actuellement au pouvoir, sera tenue pour responsable de ce jour où la Tunisie à initié un processus sanctionnant un secteur clé, qui par transversalité atteindra de plein fouet, tous les secteurs de l'industrie et des services.
N.A.C.