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Lundi 20 Mai 2013         

"La Tunisie doit se doter de nouveaux avantages compétitifs"(Ministre)

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Publié le Mardi 12 Juin 2012 à 18:04
«Au-delà de l’impact immédiat de la révolution lié au disfonctionnement observés à tous les étages de l’économie nationale, la crise financière internationale et la crise européenne pèsent sur la relance économique », dit Hakim ben Hammouda, économiste et conseillé du président de la Banque Africaine de Développement, au sujet de la Tunisie.
 
L’expert relève que malgré un taux de croissance avoisinant les 5% au cours de la dernière décennie, la Tunisie a été incapable d’utiliser cette force pour créer des emplois pour les jeunes. Au contraire, le chômage des jeunes en Tunisie est parmi les plus élevés au monde. Seulement la moitié des jeunes fait partie du marché du travail.
 
Pour créer de l’emploi et réduire les inégalités régionales, Hakim Ben Hammouda parle d’une croissance plus rapide et inclusive, en sophistiquant les exportations, afin qu’elles aient une forte valeur ajoutée. « La Tunisie doit s’efforcer de diversifier  ses partenaires économiques afin de ne pas trop dépendre de la croissance des autres pour assurer ses propres objectifs. L’Afrique subsaharienne offre ici de nouvelles possibilités- et nous nous proposons d’appuyer la Tunisie à les réaliser », dit l’expert de la BAD. Lors de la conférence organisée conjointement par la BAD et le ministère du développement régional et de la planification, sous le titre « Vers un nouveau modèle de croissance », Hakim Ben Hammouda a appelé aujourd’hui à ce que les fonds mis à la disposition des autorités tunisiennes par les partenaires au développement soient utilisés au plus vite. « Il faut relancer les investissements publics notamment dans les régions de l’intérieur du pays et accélérer l’exécution budgétaire afin de fournir au peuple tunisien certains des fruits tant attendus de la révolution », a-t-il dit. 

Audrey Chouchane de la BAD a pour sa part exposé la réalité macroéconomique du pays. 
Durant la période 2012/2013, la Tunisie fait partie des dix économies africaines les moins performantes, avec un taux de croissance estimé à 3.1%. Alors que la Libye fera partie des dix économies africaines les plus performantes avec 14.8%. « Avec un taux d’inflation de 4.7 en 2012 et 4.9 en 2013 et une politique budgétaire expansionniste, une hausse des dépenses de l’Etat, une hausse des salaires et l’aide aux entreprises sinistrées, le déficit de l’Etat va se creuser à raison de 5.5% du PIB en 2012 et 4.9% en 2013, a-t-elle expliqué. Les principaux enjeux sont de limiter l’endettement extérieur, de diversifier la structure de l’économie, d’améliorer le climat des affaires et de la bonne gouvernance, enrayer le chômage des jeunes et des diplômés et résorber les disparités régionales, tout en assurant le retour à la stabilité sociale et à la sécurité publiques avec un accord sur les échéances électorales et de la constitution ». 
 
Taoufik Rajhi, de la BAD a proposé lors de ce séminaire trois scénarios de croissance à l’horizon 2030. Un scénario de statuquo, avec un taux de croissance de la création d’emploi de 2.2% conduisant à  un taux de chômage de 16% en 2020. Un scénario alternatif de 2.9% qui conduirait à un taux de chômage de 7% en 2020 et un scénario avec une croissance de la création d’emploi de 3.1% qui conduirait à un objectif ambitieux de 5% en 2020.
 
Le scénario de statuquo, qui est le scénario de référence, prédit un taux de croissance moyen de 4.2% entre 2012 et 2029 et un taux d’investissement de 23.3%. Avec un scénario d’accumulation du capital, le taux d’investissement se porterait à 30% et la croissance à 4.7%. Dans un scénario de prospérité la croissance moyenne serait de 6.5%.
 
« La croissance telle quelle est incapable de réduire le chômage à des niveaux acceptables. L’absorption du chômage dépend du taux de croissance  de l’emploi, variable clé pour la réduction du taux de chômage », dit l’expert.
 
Le ministre du Développement régional et de la Planification, Jameleddine Gharbi a  présenté cette conférence comme étant le point de départ d’une consultation nationale et régionale qui réunira plusieurs experts du secteur public et privé, tunisiens et étrangers : « Si nous voulons renforcer l’économie du pays, et combattre le chômage et la marginalisation que faut-il faire ?  C’est à ces questions que nous voulons répondre. Nous voulons trouver la réponse à plusieurs questions, à savoir quelles sont les forces du pays, quelles sont les produits que nous pouvons exporter, comment le faire, avec quels partenaires travailler et quel exemple suivre. La première fois en Tunisie il y aura une base de données sur les indices de croissance dans les régions. D’ici la fin du mois de juillet nous aurons une stratégie à suivre». Le ministre parle de commissions de travail  qui seront crées lors des deux journées du séminaire, pour aller dans les régions à la rencontre des citoyens concernés par la question économique.  «Il faut dépasser cette image de la main d’œuvre à bas prix. Nous avons besoin de passer d’un avantage compétitif basé sur la compression des coûts à un avantage compétitif basé sur la création de la valeur et sur la maximisation de la différenciation au niveau national et international ». dit le ministre. 
 
Il évoque au même titre le problème du chômage. Problème majeur de la société tunisienne, il touche la majorité des jeunes, et surtout parmi les femmes (48.3 % des jeunes femmes diplômées sont sans emploi). « Plus les jeunes sont éduqués, plus ils ont du mal à trouver du travail. Ce sont les formations universitaires et professionnelles qui doivent, par conséquent développer les compétences à côté du transfert des connaissances, et s’adapter au marché de l’emploi. Il faut une révolution au niveau des programmes de formation et de la pédagogie », ajoute le ministre. Concernant les exportations, Jameleddine Gharbi a parlé de réorienter les exportations vers d’autres pays autres que ceux de l’Union Européenne. « Les pays arabes, les pays asiatiques, les pays africains et l’Amérique sont d’autres alternative à l’Europe qui a un faible taux de demande ». 
Chiraz Kefi
 
 

Commentaires 

 
-3 #1 pari
Ecrit par Léon     12-06-2012 20:24
Vous pariez combien que la première des stratégie sera de dévaluer le dinar. Bien fait pour la gueule de ceux qui voyageaient avec une allocation touristique de 3000 euros et qui criaient en même temps "Dégage!". Ils ont maintenant une économie à leur image, des allocations touristiques en moins et comme cerise sur le gâteau, les salafistes.
Vous savez quoi? Les plus patriotes et les plus responsables sont ceux qui n'ont pas applaudi cette révolution et ceux qui ont appelé à l'apaisement.
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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