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Mercredi 23 Mai 2012         

Et la Tunisie devint une démocratie, reste la persévérance

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Publié le Mercredi 23 Novembre 2011 à 17:12
Mustapha Ben Jaâfar, hissé au perchoir de Président de l'assemblée. La Tunisie a franchi hier un pas considérable sur la voie de la démocratisation, du pluralisme et de la liberté. Le mardi 22 novembre entrera dans les annales de l’histoire, comme la journée qui a vu notre pays cueillir le premier fruit de la révolution. Le 22/11/2011  s’ajoutera à deux dates  encore cruciales ; celle du 14 janvier qui a vu la chute du régime et la fuite de l’ex-Président, et l’autre du 23 octobre, jour du déroulement du premier scrutin démocratique et transparent dans l’histoire de la Tunisie, après de longues décennies de despotisme, et de monolithisme.

Hier, le peuple tunisien était, en majorité, en communion avec ses politiques. Il les a observés avec des sentiments contrastés ; c’était de l’émerveillement mêlé à l’émotion et à l’angoisse. Il a regardé d’anciens militants, déclarés persona non grata sous l’ancien régime, et qui ont souffert des affres de la prison, de l’exil, et de la répression, siéger en toute légitimité au sein de l’hémicycle. Qui aurait cru, il y à peine une année en arrière, que ces opposants farouches à l’ancien régime, au sujet de qui des lois et des amendements ont été spécialement conçus pour leur interdire toute accession aux institutions de l’Etat, prendre ainsi des galons, forts de la légitimité populaire. Hier, rares sont les Tunisiens qui n’avaient pas les larmes aux yeux en assistant à cette genèse de la démocratie, et à cette rupture qui se confirme  avec les années de plomb. L’image était belle mais pas parfaite. Mais, qui peut prétendre à l’infaillibilité ? Aucun être humain sur terre ; les Tunisiens non plus.

En cette journée inaugurale de l’assemblée nationale constituante, il y a eu des couacs à l’intérieur et à l’extérieur de l’hémicycle. Mises à part les  proportions que veulent leur donner les uns et les autres, ils étaient l’illustration de l’apprentissage des règles démocratiques. Hier, lors de cette rentrée parlementaire pas comme les autres, les députés fraichement élus, n’étaient pas les seuls à s’enthousiasmer, et à vouloir s’exprimer, des citoyens ont exigé d’avoir voix au chapitre. Chacun est venu dire ses aspirations, ses inquiétudes et ses mises en garde aux élus. Une déviation néanmoins,  l’agression contre la députée Souad Abdarrahim, condamnée, à juste titre, par Mustapha Ben Jaâfar, sitôt hissé à son perchoir de président de l’assemblée.

Autant dire que le dialogue contradictoire est le carburant de la démocratie, mais la violence en est une négation pure et simple. Un incident que l’on ne souhaiterait pas voir se reproduire, a fortiori que nous sommes des citoyens mûrs, civilisés et bien capables de dénoncer pacifiquement les impairs des politiques et de les rappeler à l’ordre.

Au sein de l’hémicycle, l’ambiance était, par moments, un tantinet tendue. Une tension positive, s’il en est, qui coupe avec les monologues dont la défunte chambre des députés était le théâtre. L’improvisation et les facéties distillées doctement par le président de séance, le doyen de l’assemblée, Tahar Ben Hmila, ont pimenté l’atmosphère, et chauffé les débats. En faisant une brèche dans l’ordre du jour, ce président éphémère mais qu’on n’oubliera pas facilement, a donné libre cours à l’expression plurielle et démocratique, n’est-ce pas le but ?

Autre moment fort de la séance, est l’annonce par Maya Jribi de sa candidature à la présidence de l’assemblée,  et la proposition de son camp que la parole soit donnée aux candidats à la présidence pour présenter leur projet. Le docteur, candidat favori,  qui ne semblait pas s’attendre à un tel chambardement de l’ordre du jour,  a su tirer son épingle du jeu en improvisant une courte allocution. Sa rivale, elle, a voulu envoyer un signe fort, et enterrer à jamais l’époque de "la candidature unique" et "de l’opinion unique". Elle a réussi son coup, et les choses ont fini en apothéose après que le président élu l’ait conviée courtoisement à prendre la parole, et elle a parlé avec émotion et sincérité.

Hier, l’assemblée a fait une bonne rentrée, nous laissant cloitrés devant le petit écran, pour ne pas rater un moment de ses péripéties. Mais, passé l’effet des émotions, le peuple attend que la classe politique retrousse les manches, et entre dans le vif de sujet. Que l’on en finisse rapidement avec le processus de désignation du président de la République et du chef du gouvernement, pour qu’ils puissent faire face à la montagne des dossiers en souffrance. La tâche des nouveaux dirigeants ne sera pas une sinécure. La société civile, l’opposition, et le peuple les ont à l’œil. Gare aux faux pas et à l’arrogance. Là, ils n’ont qu’à se remémorer de la voix de la sagesse ; celle du doyen Tahar Ben Hmila.
H.J.


 

Commentaires 

 
+2 #8 RE: Et la Tunisie devint une démocratie, reste la persévérance
Ecrit par bizerte     23-11-2011 23:46
oui mais l
a tunisie est quand meme maintenand en avence par raport a ces voisin il faut continuer le travail !!!!!!!!!
 
 
-6 #7 RE: Et la Tunisie devint une démocratie, reste la persévérance
Ecrit par qqun     23-11-2011 22:54
@CITOYEN,

et oui mon ami. on se croit le "Don Quichotte" du reveil arabe et islamique, on raffle tous les votes et avec tout les moyens , brader le militantisme, l'islam, la morale ... et pourquoi faire ??? pour diriger un pays... cherche le lien !!!!... Je n'accuse pas les gens , car , les progressiste ont ete d'une debilité hors pair... mais j'avertis contre des reves proche au fantasme.

Nous sommes un peuple epuisé, du status quo de plus qu'une dizaine de siecle... de l'ignorance ... du mepris et d'opportunisme des puissances etrangeres ...
mais,

il ne faut pas tomber dans le pessimisme, rien n'empeche a un optimisme modéré (tout comme Ennahdha, la toute moderée)...
 
 
-1 #6 Baguette magique?
Ecrit par Royaliste     23-11-2011 22:47
la Démocratie n'est pas juste le fait de se rendre aux urnes une fois tous les 5 ans, c'est une pratique de tous les jours.

le niveau démocratique peut se mesurer par beaucoup de paramétres comme par exemple la primauté du droit et sur ce point les tunisiens ne sont pas forts.

le non repect de la loi est notre sport national: non respect du code de la route, non respect des régles d'aménagement urbains, demandes de favoritisme, offre de corruption....
tant que le tunisien ne met pas en pratique le respect de la loi et ce a tous les jours, la Tunisie fera du surplace
 
 
-2 #5 Pauvre con
Ecrit par pffff     23-11-2011 22:19
Mr Jaafar vous êtes un opportuniste, vous vous êtes alliés avec les islamistes et on vous l'oubliera jamais.
 
 
-1 #4 @H.J
Ecrit par Zico     23-11-2011 20:57
Qui aurait cru, il y à peine une année en arrière, que ces opposants farouches à l’ancien régime, au sujet de qui des lois et des amendements ont été spécialement conçus pour leur interdire toute accession aux institutions de l’Etat, prendre ainsi des galons, forts de la légitimité populaire.

Billahi de quels opposants farouches vous parlez? Jusqu'au 13 Janvier, il ya seulement deux personnages qui ont osé publiquement exiger le départ de Ben Ali: Moncef Marzougui et Tarak Mekki et tous deux se trouvaient a l'extérieur du pays.
Ni Ghannouchi de Londres ni aucun autre "Opposant farouche" ne l'a fait. Tous les autres espéraient encore que la démocratisation de la Tunisie vienne de Ben Ali lui même, surtout Ben Jaafer et Chebbi qui ont exprimé a la TV "leur satisfaction" juste apres le dernier discours du dictateur :o
Les seuls opposants farouches que je respecte ce sont ceux qui sont sorti dans la rue et ont payé le prix fort et non pas ceux qui étaient caché comme des rats pour ensuite sortir et devenir des révolutionnaires !
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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