Début de réflexion sur le budget 2018, face un déficit dépassant toutes les prévisions

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Publié le Vendredi 22 Septembre 2017 à 16:15
Les finances publiques face à de très grandes pressions. Le déficit du budget s’est accru fin juillet 2017 pour se monter à 3177 millions de dinars, alors que la loi de finances de l’année 2017 a prévu un déficit dans les limites de 5345 millions de dinars pour toute l’année, soit l’équivalent de 5,4 % du produit intérieur brut (PIB).

Le déficit a avoisiné  pendant les sept premiers mois de l’année 2016  les 2755 millions de dinars, selon un document publié par le ministère des Finances en septembre, sur les résultats provisoires de l’exécution du budget de l’Etat de l’année 2017. 

Cette augmentation est due, selon le même document, à la hausse des dépenses, dont les dépenses de gestion notamment celles allouées au paiement des salaires de la fonction publique, ayant représenté 11,4 % pendant le mois de juillet 2017, alors que les prévisions de la loi de finances évoquaient une évolution dans une proportion de 4,1 %, seulement.

Le ministère des Finances ajoute que les recettes fiscales projetées n’ont pas été concrétisées, a fortiori que les rentrées collectées jusqu’à la fin de juillet 2017 (789 millions de dinars), ne représentent que le 1/3 des recettes prévues pour toute l’année (2195 millions de dinars). Alors que les prévisions en termes de recettes estimées à 200 millions de dinars, provenant de la vente des biens confisqués, et de 250 millions de dinars provenant de dons étrangers au titre de 2017, sont restées au niveau de zéro millime jusqu’à cette période de l’année, des données qui peuvent changer d’ici la fin de l’année 2017, temporise le ministère. 

Il en va de même pour les recettes au titre des contributions des entreprises publiques, qui n’ont pas dépassé pendant les sept premiers mois de l’année 2017 19 millions de dinars, alors que l’on tablait sur la collecte de 220 millions de dinars pour toute l’année.

La loi de finances 2017 a misé sur des recettes de 500 millions de dinars suite à la commercialisation des hydrocarbures fin décembre, mais ces recettes n’ont pas dépassé les 200 millions de dinars, fin juillet 2017, selon le ministère.

S’y ajoutent des prévisions erronées, au sujet du remboursement des intérêts de la dette. Seuls 1502 million de dinars ont été payés jusqu’à la fin de juillet 2017, alors que les prévisions dans le cadre de la loi de finances, évoquaient un remboursement de 2215 millions de dinars pour toute l’année 2017. Cela est dû principalement à la dépréciation du dinar devant les devises étrangères, notamment l’euro et le dollar, dans la mesure où il s’est dévalué jusqu’au 19 septembre 2017 d’un taux de 18 % comparé à l’euro, et de 10 % comparé au dollar, d’autant plus que la dette extérieure constitue la principale composante des ressources de financement.

Les retraits dans le cadre du budget ont atteint 8,4478 millions de dinars sur un total prévu de 6,5246 millions de dinars.

Ce déficit est couvert par la dette extérieure à raison de 2618 millions de dinars, et des financements intérieurs de l’ordre de 558 millions de dinars, selon le même document.

Le conseil national de fiscalité planche sur le budget 2018
Ce faisant, le conseil national de fiscalité s’est tenu ce vendredi matin, pour examiner les propositions de ses membres au sujet de la loi de finances de l’année 2018.

Aux côtés du ministre des Finances, Ridha Chalghoum, la réunion a rassemblée des représentants de l’UTICA, de l’UGTT, de l’ordre des experts comptables, de l’UTAP, de l’ordre des avocats, de la fédération tunisienne de l’hôtellerie, de la fédération professionnelle des banques et des institutions financières, du groupement des comptables de Tunisie, de la chambre syndicale des conseillers fiscaux, ainsi que des universitaires et des représentants de ministères.

Les interventions ont porté sur les propositions des organisations nationales, au sujet des dispositions fiscales du projet de loi de finances 2018, notamment celles liées à l’élargissement de l’assiette de l’impôt, et au régime forfaitaire, indique le ministère dans un communiqué.

Les pressions sur les finances publiques requièrent la conjugaison des efforts, en vue de préserver les équilibres budgétaires, et maitriser le déficit budgétaire, le déficit de la balance commerciale et l’inflation qui sont sur une courbe ascendante, a affirmé en substance le ministre des Finances, appelant à œuvrer à développer les ressources propres de l’Etat, et à comprimer les coûts, tout en préservant le pouvoir d’achat du citoyen et en améliorant le climat des affaires.
Gnet