Circulation dans le Grand-Tunis : Les raisons d’un calvaire quotidien !

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Publié le Mercredi 04 Octobre 2017 à 17:10
Des bouchons de tous les instants à Tunis et sa périphérie. Bénite est cette première semaine d’octobre. Les vannes du ciel se sont ouvertes pour laisser se déverser sur les villes et les champs des précipitations précieuses qui redonnent vie à un milieu asséché, étanchent la soif d’une terre lézardée et verdit une nature flétrie par un anticyclone qui n’a fait que trop durer.

La pluie automnale, on l’a beaucoup attendue, on a prié Dieu afin qu’elle arrive, tout d’abord pour se bienfaits inégalés pour la saison agricole, mais aussi pour réapprovisionner la nappe phréatique, réalimenter les barrages, et atténuer, un tant soit peu, les effets du stress hydrique ; un problème qui se pose avec acuité en Tunisie. Notre amour pour la pluie tient aussi à ses effets revitalisants pour l’organisme, et pour l’économie. La pluie est porteuse de bénédiction, étant un antidote au marasme commercial et économique, et un catalyseur pour l’activité générale.

Parcours du combattant.

Revers de la médaille néanmoins, autant la pluie est désirée et profitable, autant elle est crainte et préjudiciable. Notamment pour les citadins du Grand-Tunis, pour lesquels un temps pluvieux est synonyme de calvaire. Et pour cause, se trouver sur la route pour vaquer à ses occupations devient source d’énervement, de tension et de perte de temps. Le classique trajet entre chez-soi et le boulot, que le commun de la masse active fait au moins deux fois, aller et retour, par jour se transforme en un parcours du combattant.

Tunis et sa périphérie livrés en tout temps, et à longueur de journée, à des difficultés de circulation inextricables, redoublant d’intensité pendant les heures de pointe, deviennent insupportables sous la pluie, avec des chaussées en crue, des routes impraticables, et une infrastructure défaillante, sans compter ces détritus, feuilles et troncs d’arbres charriés par les flots -que le quartier soit populaire ou huppé- rendant le paysage désolant.

Même si en termes de kilomètres, la distance qui sépare tel point à l’autre, n’est pas lointaine, parcourir ce trajet en voiture, ou en empruntant le transport en commun, requiert un temps énorme, face à une congestion croissante, des bouchons monstres  et des goulots d’étranglement de plus en plus fréquents. Si on y ajoute les chantiers qui pullulent un peu partout, les travaux entrepris sans cesse sur la route, les crevasses et autres cratères qu’ils laissent derrière, le tour serait joué. Résultat : on passe des heures sur la route, en étant toujours en retard, fatigués et dépités.

Tunis souffre-t-elle aussi d’une carence en matière de gestion du trafic. En déployant des agents de circulation au niveau des tronçons, intersections et autres croisements dotés d’un système de signalisation (feux) performant, on ne fait que rendre les choses plus compliquées et l’encombrement ingérable. Des agents qui s’éclipsent lorsque les feux tombent en panne, la route se transforme, le cas échéant, en foire d’empoigne.

Les causes de la circulation sont multiples et nombreuses, mais la principale est que l’infrastructure est mal pensée, et que le Grand-Tunis abrite un parc auto nettement supérieur à sa capacité réelle. On a beau édifier des échangeurs et des ponts partout, on ne résout en rien les bouchons, on ne fait que les décaler. La délinquance routière et l’incivisme rampant sur la route sont des facteurs aggravants.
Gnet