Depuis hier, 1er juillet 2012, les ressortissants maghrébins, excepté les Libyens, pouvaient entrer sur le territoire tunisien, sur simple présentation de la carte d’identité nationale. Les Algériens, Marocains et Mauritaniens bénéficieront d’ores et déjà des droits au transport, à l’emploi, à l’accession à la propriété et aux investissements.
Cette décision prise, d’une manière unilatérale par la Tunisie, fait suite à des conventions signées entre pays maghrébins dans les années 60, et restées depuis lettre morte. A travers cette démarche, la Tunisie chercherait à débloquer le processus d’intégration maghrébine, à l’arrêt depuis sa fondation en 1989 à Marrakech.
A en croire la partie algérienne, cette démarche a été menée par la Tunisie sans aucune concertation avec ses partenaires maghrébins. "Les autorités algériennes opposent une fin de non-recevoir à la décision du gouvernement tunisien de permettre aux ressortissants algériens d’entrer en Tunisie à la simple présentation de la carte d’identité nationale, sans besoin du passeport", invoquant les conditions sécuritaires qui prévalent dans l’espace commun entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye.
"La décision de la Tunisie entre dans le cadre de dispositions anticipées prises d’une manière unilatérale ; les autorités algériennes ne sont pas concernées par une telle décision, et n’ont pas été consultées à son sujet", déclare une source informée du ministère des Affaires étrangères algérien, citée par el-Khabar. Selon la même source, "en l’état actuel, et compte tenu de la situation sécuritaire qui prévaut dans certains pays limitrophes à l’Est (Libye), nous ne pouvons pas appliquer le principe de réciprocité. Ce qui signifie que l’Algérie n’autorisera pas aux ressortissants tunisiens d’entrer sur son territoire à la présentation de la carte d’identité nationale, vu les menaces sécuritaires grandissantes au niveau du triangle frontalier Algérie, Tunisie et Libye, en présence des mouvements de groupes terroristes, chose qui a incité l’armée tunisienne a décréter il y a deux jours le Sahara tunisien comme un espace militaire fermé", rapporte le journal algérien.
La partie algérienne considère que les répercussions de la large propagation des armes libyennes dans la région, les tentatives des groupes terroristes actifs d’exploiter de tels armements, outre l’instabilité en Tunisie et en Libye, et la possibilité que des groupes terroristes n’exploitent la décision tunisienne pour agir en toute liberté sur les frontières, sont autant de facteurs qui n’encouragent pas l’application de la décision du gouvernement tunisien. "Les autorités algériennes continueront ainsi à appliquer les mêmes procédures d’entrée et de sortie d’Algérie, avec le maintien du passeport, au niveau des passages frontaliers communs avec la Tunisie".
A l’annonce de la décision tunisienne, plusieurs ressortissants algériens se sont dirigés vers les deux postes frontaliers tuniso-algériens pour entrer sans passeport, mais les responsables de la police des frontières, ainsi que les services de douane algériens leur ont signifié que les formalités ordinaires de transit sont toujours en vigueur, avec présentation du passeport.
La réaction algérienne limite manifestement "les effets escomptés" de cet empressement tunisien d’activer l’intégration maghrébine, à travers la concrétisation tronquée de la libre circulation des personnes dans l’espace maghrébin. Outre les craintes sécuritaires légitimes invoquées par la partie algérienne, eu égard aux soubresauts sécuritaires qui agitent la région, la décision tunisienne semble parachutée, précipitée et précède d’une espèce d’amateurisme politique. La Tunisie se caractérise actuellement par un marché d’emploi saturé, incapable de résorber les postulants tunisiens, notamment les diplômés de l’enseignement supérieur. Il en est de même pour le marché de l’immobilier avec un logement qui atteint des prix rédhibitoires, d’où la difficulté des Tunisiens moyens et démunis d’accéder à la propriété. Toute demande supplémentaire du logement va donc confirmer encore plus la tendance inflationniste dans le secteur. Les autorités tunisiennes ne semblent pas avoir tenu compte de ces aspects, et de tant d'autres, elles ont l’air plutôt de chercher à épater leurs partenaires maghrébins, à travers un coup politique qui risque d’avoir un coût économique et sécuritaire pour la Tunisie et les Tunisiens.
Les processus d’intégration dans le monde se sont tous faits, selon des démarches concertées, avec en prime le principe de réciprocité. Une libre circulation des personnes à sens unique est purement et simplement du non-sens, a fortiori que tous les mécanismes d’intégration maghrébine font encore défaut. Voici un sujet de fond qui aurait mérité un débat national, pour étudier et évaluer ses contrecoups socioéconomiques et sécuritaires sur la Tunisie, il n’en était rien hélas. Dans les pays démocratiques, une telle décision aurait été soumise à un référendum populaire. Mais, on est à des années lumières des pratiques démocratiques où le citoyen a voix au chapitre, et son avis compte vraiment. Nos politiques nous prennent toujours pour des mineurs, et croient bien faire de décider pour nous.
Gnet
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Commentaires
Ecrit par ANDRE-TN 10-07-2012 17:33
Ecrit par LPloik 09-07-2012 10:06
et concernant les cadrs voici un autre article : www.mediasmaghreb.com/?p=694
Et d'autant plus que le taux de chômage en Tunisie est largement supérieur par rapport au Maroc. Ce n'est pas pour dire que la Tunisie est un pays plus pauvres que ses voisins (les pays du Maghreb sont tous les 5 des pays pauvre d'une manière ou d'une autre), mais pour mieux comprendre la situation avant de se lancer dans des jugements faussées par des rumeurs et préjugés sur un pays ou l'autre.
Ecrit par ASSADIK 05-07-2012 13:20
SI tu parles d histoire,sache que le donneur de leçon supreme au palmarium,est devenu quelques jours plus tard un imbécile suprème à jerba et a amplement mérité LA GIFFLE DE WASSILA Qui l a obligé à faire marche arrière
leçon et GIFFLE que le professeur marzougui n a pas retenu,malheureusement
Ecrit par bizarre 03-07-2012 15:06
@assadik quand tu relate un fait historique au moin relate le correctement Bourguiba se moquer de Gadaffi et de son initiative et son discour au palmeruim est temoin.
Ecrit par Anissa 03-07-2012 08:26