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Dimanche 20 Août 2017         

BCE devant le PE : "Le succès de la démocratie tunisienne est dans l’intérêt de l’Europe"

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Publié le Jeudi 01 Décembre 2016 à 12:36
Le président Béji Caïd Essebsi ce jeudi 1er décembre devant le parlement européen. Le président de la république, Béji Caïd Essebsi, a plaidé ce jeudi 1er décembre devant le parlement européen, pour un soutien fort de l’Union européenne, à la hauteur des enjeux et défis auxquels fait face la Tunisie. Il a mis en avant les succès et les fragilités de l’expérience tunisienne. "Notre expérience démocratique qui a franchi d’importantes étapes reste vulnérable. Cette expérience a besoin plus que jamais d’un soutien fort des partenaires européens car le succès de la démocratie tunisienne est non seulement dans l’intérêt de la Tunisie mais également de l’Europe. Une Tunisie démocratique, forte et prospère contribuera à stabiliser le voisinage sud de l’UE".

Plusieurs fois interrompu par les applaudissements de l’hémicycle européen, BCE a souligné dans un long discours, retransmis en direct par la WebTV du parlement de Bruxelles, que la Tunisie se présente aujourd’hui sous un nouveau visage, d’un peuple qui a engagé un processus démocratique, élaboré "une constitution moderne pour un état civil sans référence religieuse dogmatique".  "L’Islam n’est pas incompatible avec la démocratie, c’est même un élément porteur pour engager notre pays sur cette voie", a-t-il asséné.
 
"Nous avons aujourd’hui un président élu au suffrage universel, un parlement pluriel composé de seize partis et un gouvernement adoubé par une majorité très importante du parlement", a-t-il souligné.  De ce point de vue, la Tunisie se présente sous un nouveau visage et avec de nouvelles perspectives, mais nous devons travailler très dur pour vaincre les défis du terrorisme, et du sous-développement, a-t-il affirmé.

BCE a rendu un hommage au parlement européen pour le soutien et la solidarité envers la Tunisie, dès les premiers jours de ce tournant historique, qu’est notre révolution, avec les visites de hauts responsables de l’UE, et la résolution du 14 septembre 2016, qui traduit "un intérêt marqué du parlement européen à la réussite de l’expérience tunisienne".

Il a considéré sa visite à Bruxelles comme étant "historique et fortement symbolique", à l’heure où les relations tuniso-européennes fêtent leur 40ème anniversaire, le premier accord de coopération remonte à 1976.

L’Europe constitue, selon ses dires, "une zone d’ancrage naturel pour la Tunisie qui se situe à l’extrême Nord de l’Afrique septentrionale". Cette proximité a profondément marqué notre histoire depuis trois mille ans, grâce aux liens étroits avec l’Europe et ses peuples, lesquels constituent "un socle sur lequel nous devons bâtir une relation stratégique plus forte à la hauteur des défis et enjeux actuels".

Grave crise politique et identitaire

Avec sa révolution, le peuple tunisien a ouvert un nouveau chapitre de son histoire, a-t-il dit, soulignant que cette révolution était un soulèvement spontané sans référents idéologiques, ni religieux.

La Tunisie s’est engagée dans un processus de transition démocratique, en prolongement du mouvement réformiste mené vers la moitié du 19ème siècle, par Kheireddine Pacha, Moncef Bey, Taher Haddad, Habib Bourguiba et bien d’autres, a-t-il noté, rappelant que "la Tunisie était le premier pays à avoir aboli l’esclavage en 1846, à avoir promulgué une  Constitution politique civile en terre d’islam en 1861, et un code de statut personnel (CSP) en 1956, au lendemain de l’indépendance, ce qui constitue une exception de la place de la femme tunisienne dans le monde arabo-musulman".

La tradition réformiste tunisienne s’est appuyée sur une lecture éclairée et modérée de la religion et s’est opposée à toute doctrine rigide ou extrémiste de l’Islam, ce qui conforte aujourd’hui notre marche irréversible vers un modèle démocratique auquel sont attachées toutes les composantes de la classe politique, a-t-il affirmé.

Le locataire de Carthage a concédé que ce chemin n’était pas aisé, loin de là. "Au lendemain des élections de 2011, le pays a connu une grave crise politique et identitaire qui aurait pu créer un profond schisme au sein de la société tunisienne et faire déraper le processus démocratique. Mais l’attachement des Tunisiens à leur modèle sociétal et le refus d’un nouvel autoritarisme au nom de la religion, ont permis de remettre la transition démocratique sur les rails", a-t-il noté.

"Les divergences et les clivages au sein de la classe politique ont pu être dépassés grâce à une approche tunisienne singulière basée sur le dialogue, le compromis et le consensus ainsi que l’implication de toutes les forces vives du pays", a-t-il dit.

Forte dégradation des indicateurs macro-économiques

"La transition démocratique a un coût et celui-ci se ressent dans tous les secteurs de l’activité socio-économique. Ce coût s’est traduit, en particulier, par une forte dégradation des indicateurs macro-économiques. Alors que durant la décennie précédente la Tunisie affichait une croissance annuelle moyenne d’environ 5%, elle ne dépasse plus aujourd’hui les 1,5%" , a-t-il déploré.

Il a encore indiqué que "le gouvernement d’union nationale s’attelle à mettre en œuvre les grandes réformes indispensables pour bâtir un modèle de croissance durable et inclusif",  ajoutant que "la récente adoption du nouveau Code des investissements confirme notre engagement à doter l’économie tunisienne d’un cadre propice à l’investissement national et étranger".

Il s’est par ailleurs félicité que la conférence "Tunisia 2020" ait repositionné la Tunisie sur la carte internationale d’investissement.

"La Tunisie dispose d’atouts indéniables à même de lui permettre de sortir de cette situation économique difficile. Il n’en demeure pas moins que la transition économique demeure fragile et sujette à des défis considérables. L’exception tunisienne doit être soutenue davantage tout comme d’autres pays en leur temps ont été soutenus dans leur processus démocratique", a-t-il prôné, considérant insuffisants les instruments traditionnels de coopération. "Notre pays qui vit une expérience inédite dans sa région, est en droit d’aspirer à un traitement différencié de la part de son premier partenaire".

Le chef de l’Etat a dit la détermination de la Tunisie à lutter contre le terrorisme, "qui frappe aveuglément, sans distinction de race ou de religion", signalant que "la Tunisie est prise pour cible par les terroristes car son modèle démocratique et socioculturel est aux antipodes de leur vision obscurantiste".

BCE a plaidé pour la promotion des valeurs de dialogue et de tolérance en Méditerranée. "Notre appartenance à l’espace méditerranéen commun nous impose de rappeler au monde les vertus de l’ouverture et du dialogue", a-t-il suggéré, appelant à faire de la Méditerranée "un trait d'union qui relie les espaces et les hommes et non une frontière qui les sépare".

Le président du parlement européen, Martin Shultz, a réitéré en prélude, le soutien de l’Union européenne, et son engagement aux côtés de la Tunisie pour réussir sa transition démocratique, et surmonter ses défis sécuritaires et économiques.

Synthèse de Gnet


 

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