Une manifestation a eu lieu ce matin devant l'Assemblée constituante au Bardo. Elle a pris source sur le réseau social Facebook, où plusieurs centaines de personnes se sont donnés rendez-vous à 9h30 pour protester contre les articles régissant les prérogatives du chef de l’Etat et du chef du gouvernement, issus de l’assemblée constituante. Ce règlement, largement relayé par les internautes tunisiens a fait beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux, bien qu’il ne soit toujours pas adopté. Ce projet, proposé par le parti Ennahdha, donne les plus larges latitudes au chef du gouvernement au détriment du chef de l’Etat.
Un grand nombre de femmes, d’hommes, d’étudiants et d’hommes politiques se sont réunis brandissant des pancartes dénonçant ce qu’ils estiment être « un retour à la dictature ». Certains crient leur indignation face à leurs élus, alors que d’autres demandent l’égalité des droits. « Au début tout le monde disait vouloir servir les intérêts du peuple et de la Tunisie, lui assurer un avenir prospère, et maintenant la première chose qu’ils ont fait c’est de s’accaparer le pouvoir absolu », crie un jeune homme face aux caméras des chaines de télévisions présentes sur les lieux.
«Le peuple exige une constitution démocratique. Liberté de la femme, droits de l’Homme, et code du statut personnel sont des lignes rouges », l’on pouvait lire sur l’une des pancartes. Une jeune étudiante interrogée sur les raisons de sa présence, répond non sans inquiétude : «J’ai peur que ceux qui sont derrière ces murs ne décident d’une Tunisie dans laquelle je ne pourrais pas vivre. Je refuse qu’ils prennent des décisions contraires aux libertés individuelles. Il faut que leurs décisions soient justes et équitables».
En effet, au fur et à mesure que les travaux de la constituante avancent, la crainte d’une islamisation prononcée du pays se fait de plus en plus ressentir particulièrement dans les rangs des internautes. Pour l’instant, il semble que les tractations entre les différentes composantes de l’assemblée constituante bloquent au niveau de la répartition des pouvoirs, à en croire les rares déclarations de quelques élus.
Une dame d’un certain âge, explique à ses voisins dans la foule, que selon elle, cette décision de faire profiter un seul parti de toute l’autorité, « ne peut que favoriser le retour à une dictature, comme du temps de Ben Ali ».
C’est pourquoi, un grand nombre de manifestants demandait la transmission en direct à la télévision, des travaux de l’assemblée constituante, mais aussi qu’il n’y ait adoption d’un quelconque article de la constitution sans l’accord des deux tiers de l’assemblée.
Il y avait ce matin, parmi les citoyens qui s’étaient déplacés de manière spontanée, des hommes et femmes politiques, dont certains occupent des sièges au sein de l’assemblée. Une militante de la liste indépendante, Doustourna s’exprime : « Je suis très émue. Malgré nos divergences, il existe une solidarité extraordinaire entre toutes ces personnes réunies. Plusieurs élus se sont unis à nous pour exprimer leur désaccord avec ce qui se passe ».
A ce moment là, un sexagénaire arborant le drapeau de la Tunisie répond : « Quand nos enfants sont menacés, leur avenir est menacé, et qu’aucun responsable ne réagit de manière efficace, nous ne pouvons qu’être unis et réunis ». Il faisait allusion à l’intrusion, lundi dernier, de la faculté des Lettres de la Manouba par un groupe salafiste qui exigeait la séparation des filles et des garçons et de l’ouverture d’une salle de prière. « Oui, c’est vrai, rétorque une dame, qu’ils nous rassurent, qu’ils assurent notre sécurité, c’est de cela que nous avons besoin. Et puis cette révolution, a été faite par des gens qui voulaient du travail et une certaine dignité. Il n’en est rien jusque là».
Vers midi, la foule est encore plus dense qu’à ses débuts. Malgré les efforts des agents de l’ordre de dissuader les manifestants d’occuper la chaussée, ceux-là ont réussi à s’approcher des portes de l'ancien siège de la chambre des députés. Hormis quelques altercations verbales entre les présents et quelques conservateurs de passage, le rassemblement s’est passé dans le calme. A en croire les pages Facebook, d’autres rassemblements du même type sont prévus pour demain jeudi, et se poursuivront jusqu’à la fin de la semaine.
Chiraz Kefi
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Commentaires
Ecrit par Franco 04-12-2011 00:26
Ecrit par toto 02-12-2011 10:58
Ecrit par ettounsia 01-12-2011 23:25
Ecrit par qqun 01-12-2011 03:32
Aucune personne ne doit concentrer le pouvoir dans son camps... Si il le fait par le soit-disant "bonne foi" , je lui dit , as-tu prédit que ce pouvoir et le pays échappe de tes mains par inattention , par faute ou par incompétence , et s'il le fait par mauvaise foi , je lui dis "Rabbi m3ak" ...
Quelques occidentaux jouent avec notre misère, et insiste sur la stabilité ...
Nous avons une mentalité tellement simple , et même proche du débile ... Nous hurlons démocratie, sans savoir ce que c'est ? A elle une histoire et a elle changée ? ses instruments pour minimiser la déroute ...
Nous vivons binaire : ce qui est en nous (+) et ce qui est chez l'autrui (-) ... C'est l’état primaire de l'esprit humain ... et notre conviction n'a pas de flou, notre haine envers l'autre est malsaine ... nous ne voulons pas se transformer , ou peut être se transformer sans l'autre (va chercher comment ???? ) C'est vrai que se transformer seul peut être plus facile pour nos petits cerveaux , pourquoi les conflits ????... Notre savoir est négligeable comparé a nos rêves ... Nous ne pouvons pas se séparer de l’égoïsme et nous trouvons du plaisir a hurler et a afficher tout ce qui beau ... qui est fait ailleurs ... Nous sommes des beaux parleurs sans même comprendre ce que nous sortons de la bouche...
Tunisien ... Je suis Déçu ... Déçu ... Déçu ...
Ecrit par Zico 30-11-2011 18:31
ah bon? et vous vous attendiez a quoi en élisant parti dirigié par un Cheikh Zaouya comme Ghannouchi (de son vrai nom Khriji).
J'espere qu'il n'y sérieusement personne en Tunisie qui pensait que la démocratisation de la société viendrai d'Ennahdha !
Ceux qui ont voté Ennahdha l'ont fait par peur de dieu, pour le mouton de l'aid,...etc mais ils ne l'ont certainement pas fait par conviction que c'est le parti qui va démocratiser la société.
Nous voila aujourd'hui pris avec un a parti qui a 89 sièges dans l'assemblée constituante et qui essaye tranquillement de controller tout. ca me rappelle un certain RCD. Vous allez voir bientot toute nomination de haut fonctionnaire, gouverneurs etc...aura comme condition une carte de membre Nahdha.
et a chaque fois qu'il ya des loi importantes a débattre, un groupe de salafiste va faire du trouble quelque part afin de détourner l'attention.