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Mercredi 22 Février 2017         

17 décembre : La Tunisie est indéfinissable six ans après, mais l’espoir reste permis !

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Publié le Vendredi 16 Décembre 2016 à 17:20
Six ans après, que reste-t-il de la révolution tunisienne ?17 décembre 2010 – 17 décembre 2016. Six ans se sont écoulés depuis que la première étincelle de la révolution tunisienne a éclaté. En cette histoire courte dans la vie des nations, mais si longue pour les Tunisiens, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Le pays a connu de nombreux soubresauts politiques, socio-économiques et sécuritaires, pour se retrouver aujourd’hui avec un gouvernement dit d’union nationale appelé à surmonter la crise économique, à répondre aux attentes populaires et aux revendications sociales, et à préserver une situation sécuritaire encore précaire.

Le contexte tunisien est à ce jour ambigu et difficile à cerner. Le pouvoir politique ne semble pas être le seul maître de la situation, face à la multiplicité des forces de pression et de lobbies qui interfèrent pour influencer le cours des choses et le processus de décision nationale. Les cartes s’entremêlent, et le présent est aussi incertain, que l’avenir, à la veille d’une année redoutée par tous. Sans compter un paysage politique confus et effrité, où les compromissions sont courantes.

L'erreur d'une amnistie générale non-distinctive
L’ouverture politique qu’a connue la Tunisie, et son passage rapide d’un régime autocratique et oligarchique à un processus de démocratisation, marqué par le pluralisme, la liberté de presse et d’expression était porteur d’acquis  et de risques. Des erreurs ont été commises, avec l’ébauche de ce climat de liberté jamais connu auparavant, dont la première est la parution d’une loi d’amnistie générale non-distinctive. Si attendue pour mettre un terme à la souffrance de milliers de prisonniers politiques, réprimés par l’ancien régime pour le seul fait de penser différemment, cette loi a été appliquée à des détenus qui ont réellement pratiqué la violence et le terrorisme et brandi des armes contre l’Etat, dont Néjib Chebbi alors ministre du gouvernement de transition de Mohamed Ghannouchi, avait suggéré, comme il l’a déclaré lui-même, la révision des procès, étant entendu que c’était une parodie de justice et des procès iniques qui avaient cours sous l’ancien régime. Cela n’a pas été fait, et c’est ce qui explique, en partie, la montée du terrorisme ces dernières années.

L’autre travers concomitant avec cette mutation tient à l’usage abusif et irresponsable de la notion de liberté, ayant semé la confusion dans les esprits et le trouble dans le pays, c’est ce qui explique la détérioration de l’autorité de l’Etat, le laxisme, le non-respect de la loi, et l’expansion de phénomènes, comme le terrorisme, la contrebande et la corruption, tout cela sur fond d’une grave crise morale.

Economiquement, le pays va très mal, et est confronté à une disette financière, à un déséquilibre de la finance publique, à un déficit abyssal, à une hausse sans précédent du taux d’endettement, à un recul des investissements, des exportations, à la dépréciation du dinar, et à la baisse des rentrées en devises. Le fait que l’économie ait été reléguée au second plan pendant toutes ces années, à la faveur de la politique, et que les réformes aient été retardées, est à l’origine d’une pareille dégradation. Le gouvernement présente la nouvelle loi de finances de 2017, fraichement adoptée par l’Assemblée, comme une panacée pour marquer un début de détente financière, et place la prochaine période sous le signe des grandes réformes, chose dont on attend la concrétisation.

Socialement, les attentes de la population en termes d’emploi, de justice sociale et de lutte contre la précarité et la pauvreté restent entières, notamment dans les régions intérieures, berceau du soulèvement populaire contre l’ancien régime. Les tensions sociales restent intermittentes, et l’apaisement survenu en cette fin d’année, avec le compromis trouvé par le gouvernement et la centrale syndicale sur les majorations salariales dans la fonction publique, pourrait aider à l’amorce des réformes, selon une démarche concertée, mais cela reste fragile et lié à plusieurs impondérables.

Six ans après la révolution, le processus de justice transitionnelle débouche sur l’une de ses étapes essentielles, celle de la révélation de la vérité avec les auditions publiques organisées par l’IVD (Instance Vérité et Dignité). Tout d’abord, les 17 et 18 novembre dernier, et ensuite ces vendredi 16 et 17 décembre 2016, où des victimes de violations vont livrer leurs témoignages sur les exactions du passé, dans le but qu’elles soient réhabilitées avec une finalité ultime d’atteindre la réconciliation nationale, nécessaire à la reconstruction du pays et son passage serein d’une étape à une autre.  

La Tunisie est aujourd’hui, à plus d’égards, indéfinissable, c’est le flou artistique qui règne. Le pays est-il aussi gagné par la lassitude, face à tant de difficultés et de points d’ombre. Des points lumineux existent, néanmoins, qui donnent à espérer.  
H.J.

 

Commentaires 

 
0 #1 @ceux qui recherchent l'espoir
Ecrit par Léon     17-12-2016 12:12
L'espoir de quoi? De remettre le pays dans l'état où vous l'avez laissé Ben Ali? Alors à quoi rime votre entreprise destructrice.
Vos mauvais sentiments ont eu raison de vous, et par ricochet, du pays en entier.
Il va de soi que Dieu ne laisse rien impuni et malgré le matraquage continu et le manque de pudeur des médias qui veulent encore vous faire espérer quelque chose, les vérités sont têtus: Le monde entier mobilisé pour vous sauver dans un téléthon aux dimensions internationales (le Tunisia 2020), une dette odieuse, une pagaille sans précédent, un état absent, une souveraineté perdue et les lendemains à l'image du 14 janvier, premier jour de "Layali Essoud" dans le calendrier agraire tunisien. Un signe annonciateur.
Sans oublier que par votre bêtise de peuple primitif mais instruit (c'est le pire!!!), le monde arabe pleur tous les jours ses morts.
Je maudis tous ceux qui ont un jour crié "dégage". Ce sont des traitres à leur insu. Et surtout, des irresponsables qui ont répondu aux médias de traitres, venus pour les "sauver".

Léon, Min Joundi Tounis AL Awfiya;
Résistant jusqu'à la Victoire des Patriotes.

VERSET 112 de la SOURATE des ABEILLES (que vous auriez mieux fait de lire avant de démarrer votre entreprise destructrice, bande de haineux et de régionalistes).
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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