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Lundi 29 Mai 2017         

Tunisie/ Progressistes : Comment vaincre la défaite ?

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Publié le Lundi 31 Octobre 2011 à 10:48
Depuis la veille des élections en Tunisie,  les mauvaises nouvelles s’abattraient déjà sur nos têtes. Les commentaires ironiques de nos observateurs à Paris nous donnaient déjà des crampes à l’estomac. Les Tunisiens vivant à l’étranger ont voté massivement pour le parti islamiste ennahdha… que dire de la masse populaire tunisienne qui pense rendre service à dieu en votant pour le "parti d’Allah" ?

Quelques jours après la journée historique du 23 octobre, le verdict est tombé avec deux grandes surprises :
-    Le score du parti de droite ennahdha a dépassé toutes les attentes : dans les 37% des votes contre 11% pour les progressistes unis (Ettakatol, PDP, PDM, Afek).
-    Un incognito, du moins pour l’élite (comme elle se nomme),  a raflé beaucoup de voix. Non, pas beaucoup mais beaucoup trop au point qu’il aurait pu dépasser le parti de gauche Ettakatol!

Tous sidérés, nous nous demandons pourquoi et comment nous avons perdu cette bataille. En fait, les résultats des élections parlent d’eux-mêmes :

Le premier constat est que le peuple tunisien s’est montré majoritairement conservateur, contrairement à ce que les progressistes avaient prédit. En effet, ces derniers ont misé sur les islamophobes qu’ils pensaient être majoritaires (75%). Ils se sont donc acharnés sur le parti islamiste en tentant de rafler les votes des citoyens antis nahdha. Or les Tunisiens allergiques à Ennahdha ne sont pas tous islamophobes et détesteraient ce genre d’attaques parfois non justifiés. Le résultat du PDP est la meilleure preuve que la peur a changé de camp. Ayant vécu l’expérience de l’Etat laïc extrémiste, le Tunisien moyen préfère donc confier son avenir entre les mains du "parti d’Allah" ; et puis "quelle malédiction tomberait sur moi si je votais pour ceux qui font la guerre à l’islam" se dit il. Oui, c’est un raisonnement simpliste mais c’est un fait ! D’ailleurs, nous en avons eu la confirmation suite à la diffusion du film Persepolis. Des milliers de tunisiens sont sortis dans la rue pour revendiquer cette "attaque à l’islam". De l’autre côté, les progressistes leur ont sorti les arguments de la liberté d’expression acquise avec la révolution et la création artistique. Il fallait comprendre que monsieur tout le monde considérait cette position comme une confirmation de l’attaque de Nesma contre l’islam.

Leçon numéro 1 : il ne faut jamais attaquer le parti islamiste en l’accusant de rétrograde ou en lui faisant un procès d’intention (d’où la victoire du CPR).

Leçon numéro 2 : l’idéologie de la liberté d’expression et la création artistique ne concerne pas la masse populaire. Au niveau du discours politique, cette liberté doit donc s’atténuer quand on commence à parler de religion et croyances.

En prenant un peu de recul par rapport au paysage politique, il ne peut nous échapper que nous avons les trois orientations politiques :
-    La droite où le parti islamiste ennahdha est pratiquement le seul à s’investir de manière très organisée et dévouée.
-    Le centre où seul le CPR a misé sur un terrain vierge pour jouer le rôle du parti objectif, ni laïque ni islamiste mais plutôt fidèle à l’identité arabo musulmane.
-    La gauche où plusieurs partis tel que le PDP, Ettakatol, PDM, Afek, etc se sont tous fait la concurrence sur un tout petit terrain (30% du potentiel de vote).

A partir de là, on comprend mieux pourquoi le parti ennahdha a eu autant de succès. En effet, il est non seulement le quasi-monopole du "produit religieux", mais en plus aucun autre parti ne s’est donné la peine de l’attaquer à partir de son propre terrain.

De l’autre côté, on trouve les partis de gauche en train de se faire la guerre électorale pour s’arracher des voix. Pendant plusieurs mois, ils n’ont pas cessé de se salir l’image les uns les autres. Entre temps, des citoyens les fuient pour rejoindre le CPR.

Leçon numéro 3 : il est primordial qu’un nouveau parti islamiste modéré apparaisse sur la scène politique. Cela permettrait de faire de la concurrence à Ennahdha sur son propre terrain et l’empêcherait de proliférer d’avantage. De nouveaux visages de jeunes islamistes modérés pourraient réussir gagner la confiance de ceux qui n’ont pas confiance en le mouvement Ennahdha et qui cherchent un vrai modèle modéré.

Leçon numéro 4 : les partis de gauche devraient s’unir pour éviter la guerre mutuelle qui leur ferait perdre des voix (on a 34% de votes inutiles) et la dispersion qui est à l’origine des votes inutiles (les votes pour les petits partis et listes indépendantes qui n’ont ramené aucun siège). Selon le mode de scrutin choisi pour les prochaines élections, les partis de gauche devraient :
-    Constituer un seul front de gauche si le mode de scrutin est simplement proportionnel au nombre de suffrage.
-    Se répartir sur deux coalitions de gauche si le mode de scrutin adopté est proportionnel au plus fort reste.

Par ailleurs, l’analyse du second élément de surprise révèle beaucoup de données importantes. Afin de savoir pourquoi les listes d’El Alridha populaire ont réussi à avoir des sièges, il faut répondre à ces trois questions :
-    Qui est Hachemi El Hamdi ?
-    Quel est son discours ?
-    Par quel moyen il a accédé à ses électeurs ?

En fait, Hachemi El Hamdi est originaire du gouvernorat de Sidi Bouzid. Il a obtenu une  licence en Langue et Lettres Arabes, à Tunis en 1985 et a poursuivi ses études à Londres où il a réussi un mastère en Lettres Arabes, se spécialisant dans les études islamiques contemporaines. Il faut également  savoir qu’El Aridha populaire a spécialement connu un énorme succès dans sa région d’origine, Sidi Bouzid. Le Sidi bouzidien est donc aussi régionaliste que les Saheliens qui ont massivement voté pour l’initiative et les Tunisois qui ont voté Ettakatol. En se penchant un peu sur l’histoire de la Tunisie, on comprend un peut pourquoi : les deux derniers leaders du pays ont chacun mis le paquet pour améliorer toutes les conditions de vie dans leurs villes natales. Aujourd’hui, les Sidi bouzidiens se disent donc la même chose et les Saheliens votent pour le parti de Kamel Morjene pour prévenir une éventuelle revanche.

Leçon numéro 5 : Pour garantir leur succès dans les régions, les partis doivent recruter des militants sur place dans chaque région. La personne retenue doit être socialement modeste et ayant un minimum de bagage intellectuel.

Malgré le succès fulgurant d’El Aridha populaire, nous sommes tous restés étonnés de son fameux programme. Il est certes minimaliste, simpliste, irréalisable et incomparable par rapport aux programmes des autres partis mais c’est ce que la masse populaire voulait entendre. Ces gens pauvres voulaient qu’on leur dise "nous connaissons vos problèmes et voilà les solutions que nous vous offrirons". Ces oubliés de la société  ne voulaient pas et ne pouvaient pas savoir comment  (fiscalité, économie, investissement étrangers, réduction des dettes du pays…) mais ils demandaient un minimum pour manger, se couvrir et se soigner.

Pendant que "l’élite" discutait de la liberté d’expression et la religion en mettant une éternité pour convaincre une minorité, Hachemi El Hamedi a convaincu une majorité en quelques jours sans avoir à répondre à une tonne de questions.

Leçon numéro 6 : Le vote d’un SDF vaut exactement le vote d’un docteur. Il faut donc se concentrer sur les problèmes de la masse et parler un langage populaire sans oublier que le discours idéologique n’intéresse pas le vrai peuple (potentiel de vote).

Afin d’arriver à ses fins, ce fameux Hachemi a été certes astucieux en ciblant une proie facile mais il n’aurait jamais pu l’avoir au bout de son canon sans l’aide de certains collaborateurs malicieux qui connaissent très bien le terrain. Je ne peux donc douter que c’est le rcd renaissant de ses cendres et ayant une base d’informations qui l’a aidé à atteindre cet objectif. Imaginez un instant les informations et les connaissances que peuvent avoir tous les ex-fonctionnaires de l’état (omda, moôtmad…). Ils savent le nombre de personnes cibles et leur poids potentiel dans les élections, connaissent exactement leurs problèmes et pourraient donc leur raconter le discours qu’ils souhaiteraient entendre. Se servant, en plus, de sa chaine satellitaire, HH a pu graver son message simpliste dans les têtes. Il faut reconnaitre que cette tactique est quand même assez intelligente. La situation aurait pu être pire si on avait des élections présidentielles à deux tours : songez à un second tour avec ennahdha et el aridha (très probable puisque el aridha serait derrière le cpr si on ne lui avait pas annulé quelques listes et pourrait même le vaincre avec plus de moyens et travail). Pour qui voteriez-vous ?

Leçon numéro 7 : Il faut travailler beaucoup plus sur le terrain et se faire aider par des militants locaux pour faire passer des messages simples et compréhensibles par ces gens là.

MZB

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Commentaires 

 
+10 #24 Vous n’avez pas encore relevé mon défi !
Ecrit par Musulman.     14-11-2011 09:57
@MZB

De retour des congés de l’Aïd, je suis profondément étonné en découvrant votre réponse. Étant donné que vous êtes accusé d’islamophobie avec preuves et arguments, vous devez clarifier votre position surtout que je vous ai lancé le défi de rejeter cette accusation avec preuves et arguments sans besoin de prouver votre amour pour l’Islam. Musulman vous a coincé après vous avoir accusé d’islamophobie avec ses preuves et arguments. J’attends une réponse s’il y en a une ou bien c’est une affaire classée.
 
 
+11 #23 Une autre preuve de votre islamophobie.
Ecrit par Musulman.     11-11-2011 09:16
@MZB

Vous déclarez avoir présenté des idées pour permettre aux gauchistes de se relever. Vous n’ignorez pas que la plupart des gauchistes sont des communistes donc des mécréants. D’autre part, vous ne contestez pas que les gens d’Ennahdha sont musulmans. Par conséquent, vous aidez des mécréants contre des musulmans. Même si vous n’aimez pas Ennahdha, il n’existe pas de musulman qui aide les mécréants contre les musulmans. C’est l’islamophobie pure et dure par passage à l’acte en commettant une haute trahison. Mais, votre égarement vous fait voir vos illusions comme des réalités. Il est temps de remettre en cause vos réflexions, de se repentir et de se ranger corps et âme avec l’Islam.
 
 
-4 #22 plutot mécréant extrémiste
Ecrit par MZB     10-11-2011 23:00
@Musulman
Quoique ce n'est pas le sujet de l'article, je suis un mécréant extrémiste qui vous tolère malgré vos idées, si ça peut vous faire plaisir :)
 
 
-3 #21 @MZB
Ecrit par lecteur     10-11-2011 18:34
perd pas ton temps avec les bornés!
musulman et clairvoyant, c'est la même personne qui s'amuse dans un publinet avec les +1 et -1.
pour lui si tu ne votes pas ennahdha, tu es tout simplement kéfer.

il parle de paix et amour, je le veux bien mais la réalité est autre!!
je n'ai vu aucun communiqué de ennahdha condamnant fermement les agissements des fanatiques qui violentent les profs dans les universités, et certains ont même légiféré le sang des gauchistes!
comment veux tu qu'on vivent en paix avec ces gens là?

ennahdha aura de sérieux problèmes si elle n'arrive pas à contrôler sa base fanatique et extrémiste
 
 
+8 #20 Islamophobie.
Ecrit par Musulman.     10-11-2011 07:55
Donc, vous êtes un islamophobe modéré.
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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