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Samedi 22 Septembre 2018         

Tunisie : A propos des graves événements de Sejnane

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Publié le Mardi 19 Décembre 2017 à 11:21
Devant le tollé soulevé dans les réseaux sociaux et à la télévision, suite à l'immolation d'une femme de Séjnane, paix à son âme, après la suspension de l'aide sociale que sa famille recevait au titre du Programme National d'Aide aux Familles Nécessiteuses (PNAFN), il m'a semblé utile de livrer, en les commentant, quelques éléments factuels qui montrent que les événements ne se sont pas déroulés comme cela a été le plus souvent rapporté.

Ayant travaillé il a quelques années au Ministère des Affaires Sociales (MAS) et connaissant d'assez près les divers programmes et mécanismes d'assistance sociale et de lutte contre la pauvreté, je n'ai aucune raison de douter de la version officielle. J'aimerais en reproduire l’essentiel ici, à titre amical, et le plus fidèlement possible.

Après les condoléances d'usage, voici les clarifications apportées par le MAS :
1. Pendant 3 ans et 7 mois à compter de sept. 2013, la famille en question a bénéficié de la gratuité des soins et d'une pension mensuelle (c'est une enquête sociale qui détermine si une famille est éligible ou pas, en appliquant à chaque fois les critères en vigueur sur le plan national).

2. L'enquête avait tenu compte du fait que les parents étaient séparés et que la mère devait subvenir seule aux besoins du foyer.

3. Les opérations de mise à jour des listes des familles éligibles au PNAFN sont effectuées régulièrement et intègrent tous les changements qui surviennent (décès, handicaps, divorces, remariage...).

4. Un changement est intervenu dans la situation de la famille, au regard des critères applicables, lorsque le père est revenu vivre avec sa femme et ses enfants en avril 2017. L'enquête avait montré que le père était en mesure de travailler et de subvenir aux besoins de sa famille.

5. Peu de temps après (juillet 2017), un autre changement de situation est survenu et qui a immédiatement été pris en compte : une insuffisance rénale constatée chez le père. La première mesure des autorités a été d'accorder au père une carte de handicapés (avec prise en charge de l'intervention de préparation à la dialyse) et de soumettre le dossier de la famille à la commission régionale avec avis favorable à la réadmission immédiate au PNAFN. Dans le même temps, des aides en espèces et en nature ont été accordées respectivement par le MAS et l'Union Tunisienne de Solidarité Sociale (UTSS), notamment à l'occasion de la rentrée scolaire. Le père devant se soumettre à des séances de dialyse (évidemment gratuites dans son cas) à l'hôpital de Menzel Bourguiba, le MAS a veillé à garantir son transport chaque semaine, et autant de fois que nécessaire.

6. Après réunion et accord de la commission régionale, une notification de rétablissement du mandatement mensuel au titre du PNAFN a été adressée à la CNSS (Bizerte) le 10 novembre 2017.

7. Certains énergumènes ont pris prétexte de cette douloureuse affaire pour mettre le feu à l'Unité Locale de Promotion Sociale de Sejnane (dont la construction vient à peine d'être achevée, en juin 2017, pour un coût de 48 MD), et détruire ainsi les dossiers et archives de centaines d'autres familles bénéficiaires. Les documents accumulés durant 15 années, partis en fumée en quelques minutes, contiennent notamment 200 cartes de soins (type AMG2 : gratuité quasi-totale) que des familles éligibles devaient récupérer. Dois-je mentionner aussi le PC, les 3 tablettes et une bonne partie du mobilier.

8. Nul tunisien ne devrait tolérer que les vies d'autres tunisiens (des travailleurs sociaux dévoués, accomplissant une mission aussi délicate que pénible) soient mises en danger pour n'importe quel motif ou prétexte. Ce sont des agents publics qui, eux aussi, ont des familles à nourrir ?

9. Le PNAFN n'est pas un programme facile. Nous parlons ici de près de 270.000 familles, portées sur des listes non-figées (puisque la situation des ménages bénéficiaires évolue chaque jour). Les critères d'admission ou de suppression font nécessairement l'objet de textes officiels. Nous ne sommes plus au temps de l'arbitraire. Ce ne sont plus des gouverneurs, des délégués, des omdas ou des cellules destouriennes qui décident, parfois sous des influences de basse politique et des influences occultes, mais des cadres supérieurs du MAS siégeant dans des commissions techniques régionales ouvertes aux représentants de la société civile.

Donc, soit nous nous mobilisons tous pour la prévalence de l'Etat de Droit, soit nous accablons les fonctionnaires et encourageons d'une manière ou d’une autre la violence et l'anarchie. C'est de notre pays et de sa survie qu'il s'agit.

Anouar Moalla
Consultant
 

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