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Professeurs en médecine, entre privilèges et obligations

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Publié le Jeudi 22 Janvier 2009 à 12:45
L’institutionnalisation du Plein Temps Aménagé ( PTA ) convertie aujourd’hui en Activité Privée Complémentaire ( APC ) à la faveur duquel, les praticiens spécialistes universitaires ou de santé publique peuvent exercer une activité complémentaire à raison de deux demi-journées par semaine dans les cliniques ou cabinets privés, a contribué à exacerber la déstructuration des hôpitaux publics puisqu’il est de notoriété publique, qu’un grand nombre des praticiens qui en bénéficient ont tendance à inverser la mesure et à exercer plus de temps dans le secteur privé, à déserter leur service ou unité et parfois même à détourner les malades de l’hôpital public vers la structure privée où ils pratiquent.

Cette mesure, qui a été promulguée par les pouvoirs publics, était motivée par la reconnaissance de l’insuffisance de la rémunération des praticiens médicaux exerçant dans les structures publiques. Elle avait pour objectif l’amélioration des revenus du corps médical. Donc ce que l’Etat ne peut pas offrir à ses fonctionnaires, il leur a permis d’aller le chercher dans le secteur privé. Car notre pays a tendance à former beaucoup de médecins, à en recruter beaucoup, et à trouver du mal à les payer correctement. Aller s’ouvrir sur le secteur privé est le meilleur remède à cette situation.

APC : Objectif d’une polémique
Le décret qui stipule les modalités fixées par le Ministère de la Santé Publique de cet exercice comporte bien des défaillances, ce qui n’a pas empêché « l’exception de devenir une règle ». L’APC n’accorde pas le droit aux urgences, mais peut-on ne pas secourir d’urgence un patient venu déjà pour une consultation privée ? Ainsi le bureau du grand patron se transforme en cabinet de consultation privée quotidienne ; disposant d’un personnel assujetti, d’un espace et d’un matériel.

« C’est un truc qui me révolte – nous confie un résidant Dr.K-, tu rentres dans le service du Pr « Toujourabsent » ou du Pr « lmefaudl’argent », à gauche c’est la misère, lits fil couloire, odeurs qui vous coupent le souffle……et à droite, plantes vertes d’intérieur, salle d’attente agréable….. »

Quant à la formation de nos cadres, elle est négligée, délaissée car nos formateurs n’ont plus le temps pour s’en occuper « ils sont présents plus à la clinique qu’aux cours pratiques » (nous dit Dr H ) Ils arrivent pour aussitôt repartir. Ils pratiquent la rétention du savoir faire dans le but de monopoliser les lieux et devenir irremplaçables. « Ces médecins ne s’occupent plus de leurs services (nous témoigne Dr H ), et négligent la formation de leurs étudiants, alors que c’était ça le but au début. Il y a même des chefs services qui ne rencontrent leurs résidants que le premier jour de leur stage, puis au pot du départ à la fin."

Ce qu’on observe actuellement, c’est un détournement total de l’AP C. Ainsi le résultat, est une médecine à deux vitesses exercée au sein même de l’hôpital, (avec le matériel et le personnel), ou ailleurs. Ceux qui en doutent essaient de prendre rendez-vous en public puis en privé avec le même médecin. Qu'ils comparent les délais et en tirent leurs conclusions. !!

Le Dr H.A nous a rapporté un cas qui a eu lieu à Sousse, « Une femme diabétique qui subissait une intervention sur le bas ventre, est restée sous anesthésie quarante cinq minutes de plus pour que le Patron aille accoucher une dame à la clinique !"

On s’arrange à convaincre parfois le malade alité qu’il aurait « intérêt à être pris en charge dans le privé, médisant sur l’état de l’hôpital public » et c’est le meilleur moyen d’amputer le patient dans sa dignité, sa santé et dans son porte feuille.

Le dynamisme de ces médecins est souvent indiscutable mais plus souvent orienté vers le développement de leur activité privée que vers les grands objectifs de santé publique. Le budget d’investissement de l’hôpital est limitée, les choix privilégient bien souvent ce qui rapporte de l’argent aux dépens de ce qui serait nécessaire pour assurer à la population des soins de qualité et une prise en charge digne et humaine. Prétendre que leur dynamisme fait vivre l’hôpital est le plus souvent faux, ce sont ceux qui ont fait le choix de « NE PAS AVOIR D’ACTIVITE PRIVEE QUI AU QUOTIDIEN FONT TOURNER LES SERVICES".

Un bilan négatif
Les conclusions tirées par la commission d’évaluation étaient claires. Elles parlent de dépassements, d’abus, de formation négligée, de dépassements honoraires, de concurrence déloyale, de dérapages sous différentes formes et à tous les niveaux et d’hémorragie manifeste.
Ainsi on se rend compte que l’APC n’a rien de panacée (contrairement à ce qui a été dit), elle a été conçue pour renforcer le monopole d’environ 81 universitaires ( zapécés), dont 78 sont en flagrante infraction , et qui ne font que dégrader la profession sans se soucier ni de l’intérêt public ni de celui du privé.

Si l’APC était indispensable dans une période bien déterminée, peut-elle continuer à l’être aujourd’hui, vu le nombre de médecins dont la Tunisie dispose ?
Et si on applique le système de L’APC dans d’autres secteurs du fonctionnariat, que pourrait faire un magistrat, un agent de douane ou un agent de police comme Activité Privée Complémentaire ??

HAGER DALY

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Commentaires 

 
#3 Change Now - Yes We Can!
Ecrit par Patient Chronique devenu Malad     04-02-2009 09:01
Excellent article !
Pauvres hôpitaux publics : ils deviennent le lieu d'une médecine à 2 vitesses : pour les exclus & pour les èlus. Après les Libyens, c'est au tour du Tunisien de patir des abus par certains mandarins d'un système pourtant fait pour le servir. La solution est connue de tous. Aux décideurs de l'appliquer et de redorer le blason du secteur ( à 100%) public car c'est dans le public qu'on apprend à devenir médecin. Mais jusqu'à quand me direz-vous?
 
 
#2 marche parallele haut de gamme
Ecrit par samy     23-01-2009 21:25
eh oui quand on tolere le marche parallele et on lui fait des locaux paralle aux locaux du commerce legal il fallait inventer un marche parallele pour les autres fonctions et voici un marche parallele de haut de gamme en medecine mais il existe bien d'autres en haut gamme pour les architectes les huissiers qui font des contracts au nom d'un avocat etc...... il faut admettre que l'idee des doubles emplois est aussi dangereuse pour la creation d'emplois!!!
il faut remedier a jamais ce fleau de parallele toleré car c'est un concert qui est en trein d'evoluer et touches toutes les fonctions et a chacune sa façon de faire le parallele et je vous laisse imaginer comment!!!!!!
 
 
#1 conflit d\'interêt
Ecrit par le malade     22-01-2009 22:25
il existe un conflit d'interêt flagrant car comment se fait il qu'un rdv est impossible chez un des medecins pratiquant l'apc,alors qu'il peut vous voir à la minute même en dehors de sa journée légale dans le cadre de l'apc?
d'autre part les dits médecins n'appliquent pas la tarification de la cnam et sont parfois plus cher que les medecins non conventionnés.
il faudrait assainir cette situation en faisant réspécter la loi.ou carémment la modifier pour que tout se fasse dans la transparence.
 
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