Poème : La première page

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Publié le Jeudi 09 Juin 2011 à 09:59
Page blanche. Je ne la vois que vierge et blanche
Afin que chacun y mette sa griffe
Même si j’ai la mémoire qui flanche
Je ne peux pas être sélectif
Peu importe où va la branche
Le tronc est toujours collectif

Bien plus vieux que la dernière pluie
Né avant la plus grande tornade
Je ne romps jamais même si je plie
Je résiste à toutes les noyades
J’aime mettre les points sur les i
Et je n’admire que les accolades

Mes très vieilles racines n’ont pas d’âge
Elles vont au plus profond de l’Histoire
Je vois toujours mille et un visages
A chaque rencontre avec un miroir
S’il y a des bateaux sur mes rivages
C’est pour tous les fruits de mon terroir

Ceux qui découvrent mes vastes plaines
Mes hautes dunes et volcans éteints
Qu’ils me précisent sans aucune haine
A l’âge de pierre, de bronze ou d’étain
L’époque où Didon était la reine
N’est-ce pas là notre passé lointain ?

J’oublie le banal et l’inutile
Les cris ou les rires des enfants
Mais je n’ai pas l’esprit infantile
Pour oublier l’homme aux éléphants
Même si ses dieux étaient en argile
Son courage est toujours triomphant

Je ne peux omettre l’antique ère
Ni me soumettre aux dominants
J’ai entre autres du sang berbère
Et je retiens les faits éminents
Il y a eu un jour où cette terre
Donna son nom à un continent

C’est pour ça que je la veux blanche
Pour que chacun prenne son crayon
Sans aucun esprit de revanche
Inscrive sa couleur et son nom
Comme quand on gravait sur des planches
Son bel amour et son adhésion.
A4

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