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Vendredi 20 Janvier 2017         

La braderie des ingénieurs tunisiens

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Publié le Dimanche 07 Août 2011 à 15:00
La révolution n’a pas supprimé définitivement les vieux réflexes de l’ancien régime, et de la prédation des entreprises aussi bien tunisiennes,  qu'étrangères installées en Tunisie. Cette braderie s’inscrit dans une politique de bas coût engagée par l’Etat Zabaiein pour attirer à tout prix les investisseurs étrangers aux dépens des travailleurs tunisiens, tel ça été le cas dans le secteur du tourisme. Cette braderie doit cesser, car elle n’engendre au mieux que la fuite de nos compétences à l’étranger, sinon le maintien d’un système de rémunération inégalitaire et une répartition injuste des bénéfices entre salariés et capitaux.

Ces entreprises off shore, réalisent la plus grande part de leur chiffre d’affaires en Europe, en employant des compétences tunisiennes. Il est incontestable que ces entreprise sont d’une grande utilité en permettant d’accélérer la machine économique, mais leur implantation ne doit pas se faire à n’importe quel prix.

En discutant avec des ingénieurs diplômés de l’ENIT, ceux-ci sont unanimes sur le constat amer que ces entreprises, sont pour la plupart, opportunistes, elles emploient des ingénieurs de haut niveau à des salaires très bas. Sans parler des conditions de travail pénibles, éprouvantes, ou l’ingénieur est poussé à produire au-delà de ses possibilités.

Cette situation est particulièrement préoccupante dans les secteurs de haute valeur ajoutée, tels que les TIC et l’électronique, où les profits sont de plus en plus élevés vu l’expansion et le développement de ce secteur, alors que les salaires des ingénieurs restent figés. Rappelons que ces ingénieurs de très haut niveau, issus des plus grandes écoles d’ingénieurs tunisiennes, ont passé avec succès toutes les étapes éprouvantes du système de sélection, depuis le baccalauréat jusqu'à à l’obtention de leur diplôme en passant par le fameux concours national hautement sélectif.

Comment se fait que des entreprises telles que la plupart des entreprises étrangères installées au pôle technologique d’el-Gazhela, à l’instar de STmicroéléctronics, Ardia, pour ne citer que celles là, ces multinationales qui génèrent des chiffres d’affaires faramineux sur notre sol, font du bradage de nos ingénieurs leur fond de commerce. Comment se fait-t- il qu’un ingénieur bac +5 qui a réussi avec succès la formation d’ingénieur, et issu d’une des plus prestigieuses Ecoles d’Ingénieur, est rémunéré 850 DT/mois ?

La moyenne des salaires des ingénieurs est une honte pour la profession et pour notre système d’éducation, et est le résultat d’un laxisme, voire d’un abandon à la fois des autorités nationales, que des syndicats et de  l’ordre des ingénieurs.

La question qui se pose est de savoir : pour quand la régulation des salaires des ingénieurs ?
La valorisation des compétences par la révision des salaires des ingénieurs, au sommet de l’échelle, tirera vers le haut le rendement de ces entreprises par une plus grande motivation de leurs collaborateurs, mais surtout redonne confiance aux élites tunisiennes, et à tout notre système d’éducation.
Khaled

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Commentaires 

 
+1 #22 RE: La braderie des ingénieurs tunisiens
Ecrit par Teycir     02-03-2016 13:28
Oui les salaires des ingénieurs sont trop bas comparé à ce qui se trouve près de chez nous comme le Maroc. La raison: on a trop d'ingénieurs formés et pas assez de sociétés consommatrices de service informatique. Il faut faire comme le Maroc, faire du marketing pour attirer les sociétés étrangères car les sociétés Tunisiennes n'ont presque pas de R&D (trop petites, gérés par des personnes sans vision). Après si on veut détruire toute chance que la situation s'améliore, on fait comme dit l'auteur: mettre des bâtons dans les roues des entreprises étrangères qui n'hésiteront pas à partir en un claquement de doigts.
 
 
+1 #21 Réponse à why.
Ecrit par eslah     15-09-2011 14:21
Juste pour répondre à Monsieur why :
J'ai un fort doute dans ce que vous dites!!! Si le niveau des ingénieurs et et techniciens est meilleur que leurs homologues français ça se saurait!! Je vous laisse voir le niveau de la plupart des étudiants tunisiens en France...
Pour les salaires, je pense que les entreprises ne donnent pas plus tant que les employés n'en demandent pas plus.
 
 
0 #20 Fuite de cerveaux orchestré
Ecrit par HatemC     31-08-2011 18:35
BCE les offrent aux pays du golfe au lieu de retenir chez nous les compétences. Hatem Chaieb
 
 
+5 #19 @ Challenger...
Ecrit par why     21-08-2011 14:51
Alors là, Challenger, tu m'épates !! Tant de poncifs dans un seul commentaire, c'est presque un Record mondial.

Allez pour te répondre en vrac :
1- Une société sans tissu industriel est une société vouées à l'échec.
2- Corollaire : une société basée UNIQUEMENT sur le secteur tertiaire est vouée à disparaître.
3- On a beaucoup d'ingénieurs : tant mieux !! Si nos ingénieurs formés en Tunisie, ou en partie formé en Tunisie, sont bien vus, c'est qu'intrinsèquement ils ont des qualités.
Je te donne un exemple : un patron d'une boîte française dans un secteur industriel et implanté en Tunisie depuis pas mal de temps m'a dit texto : Je suis très satisfait de la qualité de mes collaborateurs : les ouvriers tunisiens ont un très bon niveau technique, les techniciens tunisiens ont le même niveau ou presque que des ingénieurs français et les ingénieurs tunisiens ont le niveau de doctorants. Il était vraiment agréablement surpris.

Maintenant, je ne vais pas rentrer dans l'opposition stérile sciences humaines vs. sciences de l'ingénieur. On a autant besoin des premiers que des seconds.
Mon seul souci c'est qu'on ne prenne pas l'exemple des pays développés où le financier a pris le pas sur le technique. Car la logique financière est très différente voire même peut-être très dangereuse par rapport à la technique...
 
 
-7 #18 Le coeur du probléme
Ecrit par cHALLENGER     18-08-2011 10:18
Aprés avoir lu tout vos commentaires je trouve honnêtement que personne d'entre vous ne s'est concentré sur le vrai probléme.
En effet, à mon sens,le ZABA a fait de ce chére pays une machine à fabriquer les techniciens.

Combien d'entre nous n'a vu ces parents l'inciter à suivre des filiéres sicentifiques (bac Math, bac science) ?

A une époque nous avons cru que l'avenir tournait autour d'une famille d'emploi trés restreinte tel que l'ingénieur, le médecin,l'avocat, le pilote...

Aujourd'hui nous faisons face à une gros probléme de taille: un grande population d'ingénieurs qui demande de l'emploi.

Mais ou son passé les domaine tel que le littéraire, le journalisme (LE VRAI)
exemple en france les plus grand business émanent des lobby comme le FIAGRO, 20 minute, Libé, ...
et en se focalisant sur le journalisme (par exemple) on arrievnt à crééer de grandes boite qui, avec leur taille gigantesque, font bosser les gens dans tout les domaines et en autres...l'ingénieur.

ceci est un exemple inventé en une infraction de seconde mais je peux vous citer des milliers d'autres dans le sport, la communication, la santé ( oui un ingénieur peut travailler dans des cliniques ci celle ci arrivet à dégager une certaine qualité de service)

Et ne me dite pas que c'est les fonds qui manquent (l'argument du looser).
ce qui manque c'est le professionalisme à tout les niveau et l'éthique.
On ne crééent pas une boite pour gagner beaucoup d'argent à court terme , les objéctifs doivent dépasser cela.
Par ailleurs, l'ingénieur doit apprendre à étre polyvalent.
Or , notre systéme éducatif a pour objectif de former des sortes de "machines à faire".

Dérniére chose trés importante:
l'argent ne doit jamais être le facteur premier du travail ou de l'évolution d'un poste à une autre.
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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