Foued Mebazaa est revenu ce mercredi sur Shems FM sur les événements ayant marqué le 14 janvier, jour de la fuite du Président déchu, indiquant que Mohamed Ghannouchi et lui-même avaient enregistré tout ce qui s’est passé pour l’histoire, et que les enregistrements se trouvent à la présidence.
Relatant les faits, il a indiqué avoir été contacté le 14 janvier vers 18 heures par la présidence, "me signifiant qu’on avait besoin de moi. Quelques minutes après, une voiture est venue me chercher à la maison, lorsque je suis arrivé, quelqu’un de la garde présidentielle m’a confié : le président est parti, et c’est vous le président", chose que Mebazaa n'avait pas accepté au départ car il s'agissait "d'une mission colossale".
"Quelques instants après, Mohamed Ghannouchi et Abdallah Kallel sont arrivés, et nous avons constaté que le Président est parti sans déléguer ses pouvoirs. On ne savait pas s’il s’agissait d’une vacance provisoire ou définitive du pouvoir." Foued Mebazaa a récusé avoir été avec le premier ministre et le président de la chambre des conseillers de l’époque empêchés d’entrer au Palais, ou menacés", saluant "le patriotisme" de Sami Sik Salem, numéro 3 de la garde présidentielle. "Ben Ali nous a appelé lorsqu’on était au Palais, il a parlé à Mohamed Ghannouchi, et puis à moi-même et à Kallel. Il contestait l’application de l’article 56, nous demandait de tout annuler, et était déterminé de revenir le lendemain matin".
Au sujet de Moncef Marzouki, Foued Mebazaa a dit ne pas partager l’appréciation de certains médias qui qualifient son discours de "populiste", "improvisé" et "irrationnel". "Le président est connu pour ses positions, et son" combat acharné depuis 20 ans, c’est quelqu’un de sincère", a-t-il souligné, estimant "réaliste sa décision de vendre les palais présidentiels. "Moi-même, j’ai établi la liste de ces palais que je lui ai transmise. Excepté le palais de Carthage, les autres palais ont été construits au cours de ces dernières années, et n’ont aucune valeur historique".
S’agissant des choix de Marzouki en matière de politique étrangères notamment son soutien à l’opposition syrienne, et ses critiques envers la France, lors de la récente interview qu’il a accordée dimanche dernier au JDD où il constate notamment que "les Français sont souvent ceux qui comprennent le moins le monde arabe, alors que ce devrait être le contraire et que les Français sont prisonniers d’une doxa au sujet de l’islam". Foued Mebazaa a indiqué que "le président a vécu en France et connait bien les Français plus que d’autres", faisant remarquer que "les relations internationales requièrent circonspection et sagesse".
Appelé à réagir sur l’affaire Khayem Turki, qui était prédestiné à occuper le portefeuille des Finances, avant qu’un groupe émirati intervienne pour s’opposer à sa nomination, Foued Mebazaa a qualifié ces faits de "mascarade", soulignant que la formation d’un gouvernement exige "crédibilité et compétence, ce n’est pas un gâteau qu’on partage".
L’ancien président de la République par intérim a affirmé que c’est lui-même qui a choisi Béji Caïd Essebsi pour succéder à Mohamed Ghannouchi, sans l’intervention de personne, ajoutant qu’il n’a jamais eu de différents avec le Premier ministre sortant.
Il a estimé peu probable le rapatriement de Ben Ali, a fortiori après la désignation de l’émir Naïf, un ami intime de Ben Ali, en tant qu’héritier du trône. "Ce dernier est même intervenu pour demander clémence à l’un des détenus parmi les proches de Ben Ali", a-t-il révélé.
Selon Foued Mebazaâ, les autorités tunisiennes ont exercé des pressions sur l’Arabie saoudite, à travers la voie diplomatique et Interpol en vue de l’extradition de Ben Ali mais en vain. "Je l’ai demandé directement au ministre des Affaires étrangères saoudien lorsqu’il est venu me voir, mais il a répondu que ce sujet relève du cabinet du roi, tout en invoquant les traditions d’hospitalité, inspirées de l’Islam, qui ont en cours au Royaume", a-t-il déclaré en substance.
Gnet
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Commentaires
Ecrit par Sémir 26-12-2011 10:08
- quand tu voles un pain, on te coupe la main
- quand tu voles un pays (5 milliards $), on t'offre un palais !
C'est ça les Séoudiens wahabites amis des islamistes.
Ecrit par hammadi 23-12-2011 09:52
Ecrit par Hassoun 22-12-2011 09:26
A quoi va nous servir ben ali si il revient en Tunisie? A quoi bon le juger ? est ce que la Tunisie est prête en ce moment de recevoir ben ali? n'est il pas mieux qu'il reste là ou il est et de ne plus revenir ? La Tunisie n'est pas mieux sans lui et de sa bande d'affamés de pouvoir et de sang? n'est il pas mieux de ce concentrer a reconstruire le pays et penser au future?
Ecrit par MouatenttUticaorg 22-12-2011 08:06
Ecrit par oeil de lynx 21-12-2011 19:54
Réfléchissez, bien que apparemment, beaucoup n'en ont pas l'habitude.