Tunisie, de quoi va discuter Hamadi Jebali en Arabie Saoudite ?
Publié le Vendredi 17 Février 2012 à 11:21
Gnet & Presse arabophone - Le Premier ministre, Hamadi Jebali, entame ce vendredi une visite officielle en Arabie Saoudite, sa première visite dans un pays arabe depuis qu'il a pris ses fonctions, le 26 décembre dernier. Les relations entre les deux pays demeurent ambigües, face à la persistance de Ryad de refuser d'extrader l'ex-président tunisien, Zine al-Abidine Ben Ali.
Selon une source gouvernementale, Jebali entame une visite de trois jours en Arabie saoudite, qui s'inscrit dans le cadre "du renforcement des relations bilatérales entre les deux pays".
Cette source n'a pas confirmé si le chef du gouvernement tunisien allait évoquer avec les autorités saoudiennes, la question du président tunisien déchu réfugié en Arabie saoudite, avec les membres de sa famille, depuis la chute de son régime le 14 janvier 2011.
Les entretiens qu'effectuera Hamadi Jebali avec les hauts responsables saoudiens s'articuleront autour "des moyens à même de consolider les relations bilatérales entre les deux pays, outre l'échange des points de vue sur les affaires régionales et internationales d'intérêt commun".
Un classique en somme, mais tout porte à croire que le dossier Ben Ali sera abordé par le chef du gouvernement tunisien, ne serait-ce qu'en catimini et loin des projecteurs ; Tunis semble se garder d'embarrasser Ryad, et accorder plus d'intérêts au volet économique.
Les autorités tunisiennes avaient sollicité, à plusieurs reprises, les autorités saoudiennes afin de livrer Ben Ali et son épouse à la justice tunisienne afin qu'ils soient jugés, sous différents chefs d'inculpation dont le meurtre des civils avant leur fuite en Arabie saoudite, et les différentes affaires de malversation et de détournement de fonds.
La Tunisie tient à dissocier entre ses relations avec Ryad, et la demande d'extradition de Ben Ali, en témoignent les déclarations faites précédemment par les deux têtes de l'exécutif tunisien.
Lors de sa toute récente visite en Algérie, et en réponse à une question des journalistes, Moncef Marzouki avait déclaré : "nous voulons que nos frères saoudiens nous livrent Ben Ali, mais nous n'en faisons pas une condition sine qua non pour la poursuite des relations entre les deux pays".
Marzouki s'est engagé à ce que Ben Ali bénéficie d'un procès équitable, et qu'il ne soit pas torturé, en cas de son extradition.
Le chef du gouvernement Hamadi Jebali avait déclaré précédemment que la Tunisie ne souhaite pas de tensions dans ses relations avec l'Arabie Saoudite, du fait qu'elle accueille le président déchu.
"Nous ne voulons pas confondre les deux processus, il y a un processus judiciaire relatif au jugement du président déchu, et une priorité extrême pour nous, qui consiste à ouvrir une nouvelle page avec nos frères saoudiens", avait-il souligné.
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Ecrit par Léon 18-02-2012 01:11