S.Badi :"Oui à l'amélioration du CSP et à une enquête sur la corruption" |
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Publié le Vendredi 20 Janvier 2012 à 10:55 |
Sihem Badi, ministre de la Femme, de la Famille et des personne s âgées accorde une interview au journal La Presse, dans laquelle elle exprime sa volonté de changer le nom de son ministère, vers une appellation plus englobante, «soit «le ministère de la Famille». Car dans toutes les familles on trouve des femmes, des hommes, des enfants et des vieux. Or, paradoxalement, notre ministère cible notamment les hommes, car les femmes sont de fait convaincues de notre rôle, reste à convaincre les hommes pour que la femme ait plus de place dans la société qui demeure assez patriarcale ».
Interrogée sur les dossiers qui seront traités en premier au sein de son ministère, Sihem Badi parle de la restructuration du ministère et le recrutement. « Car imaginez-vous qu’il y a des services où le personnel ne dépasse pas 50% de nos besoins effectifs, et cela va du gardien jusqu’au directeur général. Le deuxième dossier concerne l’héritage du matériel : comment les subventions étaient reparties, quelles sont les types d’associations qui en bénéficiaient ? J’ai, en fait, recruté une juriste pour cerner l’état des lieux des associations. »
La ministre parle de la condition des familles dans le besoin, qui constituent une urgence pour son ministère. Selon elle « il y a des problèmes communs aux autres ministères tels le logement, la santé, l’amélioration des conditions de vie, l’éducation, la représentativité politique des femmes, l’inégalité des salaires entre les hommes et les femmes dans le milieu rural et ouvrier notamment, la violence conjugale contre les femmes.
Le secteur de l’enfance constitue également un gros chantier. Certaines familles abandonnent leurs enfants par manque de moyens, ne pouvant pas les nourrir. Sans compter que les chiffres de l’Observatoire des droits de l’enfant n’ont jamais été publiés, car l’ancien régime n’aime pas les chiffres qui dérangent ».
Au sujet du CSP (Code du statut personnel), Sihem Badi exprimse sa volonté de le préserver : « Le Code du statut personnel qui a vu le jour dans les années 50 est quasi unique dans le monde arabo-musulman. Aujourd’hui, nous avons encore plus que jamais besoin de lois en faveur des femmes et de l’égalité des chances. Nous avons des acquis indiscutables qui ne souffrent aucun retour en arrière. Je dirais donc, oui pour les acquis et oui pour l’amélioration des lois si nécessaire, concernant, par exemple, le harcèlement au travail, l’égalité des salaires entre hommes et femmes, la parité politique qui ne sont pas encore garanties puisqu’on se retrouve avec trois femmes sur 43 membres du gouvernement. Ce qui est scandaleux ! » Elle parle également des enfants maltraités, battus ou qui ont arrêté précocement leurs études, notamment les filles, qui seront au centre d’intérêt du ministère, « car, entre la loi et la réalité il y a un vrai fossé ».
En réponse à certaines associations qui appellent à l’égalité dans l’héritage, la ministre s’interroge s’il y a réellement urgence à s’occuper de ce sujet « Qui sont les gens qui demandent l’égalité dans l’héritage ? Je n’ai pas entendu grand monde. Ce n’est vraiment pas une demande pressante, si elle le devenait, elle serait entendue et examinée par les spécialistes de la jurisprudence musulmane. La porte de «l’ijtihad» est toujours ouverte. »
Elle ajoute qu’elle compte ouvrir les dossiers de corruption dans son ministère et de rendre justice aux personnes qui n’ont pas pu accéder aux promotions de par leur opposition à l’ancien régime. "A ceux qui ont trempé dans la corruption administrative et financière, je dirai qu’ils sont passibles de sanctions administratives et judiciaires. Aux associations qui ont mal utilisé les aides financières, le ministère arrêtera les subventions et portera plainte contre elles".
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Commentaires
Ecrit par hammadi 23-01-2012 10:38
Ecrit par adoul 20-01-2012 22:23
Ecrit par adoul 20-01-2012 21:42
Ecrit par hammadi 20-01-2012 16:53