Turki al-Fayçal met en garde l’Iran contre un affrontement militaire |
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Publié le Mercredi 18 Janvier 2012 à 09:28 |
Agences - Les monarchies du Golfe n'hésiteront pas à "recourir à toutes les options" face à l'Iran, a affirmé l'influent prince saoudien Turki al-Fayçal.
Toute atteinte à nos intérêts et à notre sécurité nous obligerait à recourir à toutes les options pour nous défendre", a déclaré ce prince du premier cercle du pouvoir qui a notamment dirigé les renseignements saoudiens, dont les propos étaient rapportés mercredi par la chaîne Al-Arabiya. Ces déclarations donnent une claire indication sur la position de Ryad face à la tension créée dans le Golfe par les menaces iraniennes de bloquer le détroit d'Ormuz, et celles contre les pays qui fourniraient plus de brut à l'Occident en cas de sanctions contre le pétrole iranien.
"L'Iran ne doit pas exacerber le conflit (dans le Golfe) et ne doit pas nous menacer lorsqu'on respecte la légalité et la loi internationales", a souligné le prince lors d'une conférence sur la sécurité du Golfe mardi à Bahreïn. "Il ne doit pas instrumentaliser le détroit d'Ormuz et la sécurité de l'approvisionnement énergétique", a martelé le prince.
Turki al-Fayçal a averti que les "déclarations incendiaires sur la fermeture du détroit (passage stratégique pour le trafic pétrolier maritime) et les menaces contre les pays du Golfe peuvent déboucher sur une aventure aux conséquences incalculables et un affrontement militaire non désiré". Selon le prince Turki, la politique iranienne "exacerbe les tensions militaires" et "nuit à la stabilité" régionale.
"La coopération et la coordination sont les constantes de la politique du Conseil de coopération du Golfe (CCG)", a-t-il également soutenu. "Mais (l'Iran qui est supposé être) notre partenaire pour la réalisation de l'objectif de la sécurité de la région (...) a choisi une politique différente qui provoque des interventions étrangères, dont il prétend vouloir se débarrasser", a ajouté le prince, un ancien ambassadeur à Londres et Washington.
L'Iran a mis en garde l'Arabie saoudite et les autres monarchies du Golfe contre une éventuelle augmentation de leur production pétrolière pour compenser le pétrole iranien en cas de sanctions occidentales. Lundi, le ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Nouaïmi, a assuré que son pays pouvait rapidement compenser les exportations de brut de l'Iran en cas de sanctions pétrolières occidentales contre l’Iran. "Ces signes ne sont pas des signes amicaux et nous invitons les responsables de l'Arabie saoudite à réfléchir davantage", a réagi hier Ali Akbar Salehi à la chaîne de télévision iranienne Al-Alam. "La sécurité du Golfe persique est une sécurité collective et l'Iran est un acteur majeur dans ce domaine", a-t-il encore averti.
"Si les pays pétroliers du Golfe Persique donnent le feu vert pour remplacer le pétrole iranien et coopèrent avec les pays aventuriers (occidentaux), ils seront responsables des incidents qui se produiront et leur geste ne sera pas amical", avait déjà déclaré dimanche le représentant de l'Iran auprès de l'Opep, Mohammad Ali Khatibi.
L'Union européenne (UE) doit finaliser le 23 janvier les modalités d'un embargo sur le pétrole iranien, qui pourrait être mis en place sur six mois.
L'Iran, deuxième producteur de l'OPEP, produit 3,5 millions de barils de pétrole par jour et tire 80% de ses devises de ses exportations pétrolières. Environ 18% des exportations pétrolières de l'Iran partent vers l'UE, essentiellement l'Italie (180.000 b/j), l'Espagne (160.000 b/j) et la Grèce (100.000 b/j). Les principaux clients asiatiques du pétrole iranien, la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l'Inde et la Turquie, se sont montrés réticents envers un embargo sur le pétrole iranien, ou l'ont rejeté, tout comme la Russie. Pour convaincre les pays réticents envers cet embargo, des responsables occidentaux ont affirmé que des pays du Golfe, en particulier l'Arabie saoudite, compenseraient le déficit d'offre en cas de sanctions sur les exportations pétrolières iraniennes.
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Commentaires
Ecrit par Fan-Club 19-01-2012 14:42
Ecrit par Ben Whirlpool 18-01-2012 20:43
Or, sauf information de dernière minute, aucun des autres concurrents (Turquie et Israël) n'est arabe. Pour rivaliser, il faudrait que les arabes s'unissent... autant dire que ça laisse le temps de voir ! La meilleure stratégie pour l'Iran est donc à mon sens un rapprochement avec l'Occident.
En effet, la Turquie de M. Erdogan s'éloigne de son allié occidental à vue d'oeil, et Israël ne pourra plus tenir bien longtemps sa position intransigeante sans décourager d'abord ses alliés les plus arabophiles (en commençant par la France), puis tous les autres (en finissant par les Etats-Unis).
Il y a donc une place à prendre, et cette place, Téhéran peut la prendre sans difficulté, en mettant simplement M. Amhadinedjad sur la touche. Si cela les amuse, les iraniens peuvent même garder les pasdaran et les mollah: les occidentaux ont fini par s'y habituer, comme aux "communistes" chinois.
Ecrit par hammadi 18-01-2012 13:56