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Mardi 22 Mai 2012         

L’Iran se rétracte sur ses menaces de fermer le détroit d’Ormuz

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Publié le Jeudi 19 Janvier 2012 à 11:25
Détroit d'Ormuz. AFP - L'Iran n'a jamais de son histoire tenté de fermer le détroit d'Ormuz, par lequel transite une quantité importante du pétrole transporté par voie maritime dans le monde, a affirmé jeudi 19 janvier le chef de la diplomatie iranienne, Ali Akbar Salehi.

"De son histoire, l'Iran n'a jamais tenté d'empêcher, de faire des obstacles sur cette route maritime importante", a-t-il dit dans un entretien, lors d'une visite en Turquie, à la chaîne privée NTV.

"Nous voulons la paix et la stabilité dans la région (...) Mais les Américains, qui sont à 12.000 milles de cette zone, veulent diriger certains pays de notre zone", a souligné le ministre iranien.
"J'en appelle à tous les pays de la région, s'il vous plaît ne vous laissez pas entraîner dans une position dangereuse", a-t-il continué.

"Nous voulons la paix et la stabilité dans la région (...) Mais les Américains, qui sont à 12.000 milles de cette zone, veulent diriger certains pays de notre zone", a souligné le ministre iranien.
"J'en appelle à tous les pays de la région, s'il vous plaît ne vous laissez pas entraîner dans une position dangereuse", a-t-il continué.

Téhéran brandit la menace de fermer le détroit d'Ormuz comme une arme de dissuasion face aux sanctions occidentales mais l'Iran n'a ni envie ni surtout intérêt à se priver d'une voie d'approvisionnement vitale pour le pays, estiment des experts.

Depuis début janvier, ce goulet d'étranglement par lequel transite 35% du pétrole transporté par voie maritime dans le monde, est au centre du jeu d'échec entre l'Iran et les Etats-Unis, qui mènent campagne pour durcir les sanctions contre Téhéran en raison de son programme nucléaire.

L'Iran en retour souffle le chaud et le froid, répétant, manœuvres navales à l'appui, qu'elle a la capacité de fermer le détroit, large de seulement 28 miles nautiques (52 km) en son point le plus étroit.

L'Iran a le sentiment que les Etats-Unis et leurs alliés lui ont déclaré une guerre économique et que le régime est en danger, explique Michael Eisenstadt, expert au Washington Institute for Near East Policy, selon qui sa capacité à exporter du pétrole a toujours constitué une ligne rouge pour l'Iran.

Téhéran fait monter les enchères et a menacé de riposter à l'assassinat d'un de ses scientifiques impliqués dans son programme nucléaire, a rappelé M. Eisenstadt lors d'une conférence à l'Atlantic Council.

Mais d'un autre côté, l'Iran a aussi fait part de sa disposition à reprendre les négociations 5+1, ce qui fait dire à l'expert que vraisemblablement, elle ne veut pas d'une escalade.

Plusieurs hauts responsables iraniens ont indiqué ces derniers jours que le pays était prêt à reprendre des négociations sérieuses sur le nucléaire du groupe 5+1 avec les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume Uni et l'Allemagne, interrompues depuis un an.

L'UE doit, de son côté, décider lundi d'un nouveau train de sanctions musclées le 23 janvier, après l'annonce du lancement de la production d'uranium enrichi à 20% sur le site de Fordow alors que Washington a renforcé les sanctions contre le secteur financier iranien.

Le spectre d'une fermeture du détroit d'Ormuz est brandi de façon délibérée par Téhéran pour envoyer un message aux Occidentaux, estime Bruce Riedel, expert à la Brookings Institution et ancien de la CIA.

Les Iraniens peuvent très bien nuire autrement. En lançant des missiles sur des villes ou des centres de raffinage de l'autre côté du Golfe, ou en soutenant des groupes terroristes qui pourraient frapper en Thaïlande, au Liban voire aux Etats-Unis, rappelle-t-il.

Et il serait aisé pour l'Iran de compliquer la vie des Américains en Afghanistan, pays voisin. S'il y a un second pays (après le Pakistan) qui offre un sanctuaire à l'insurrection, les chances de succès (...) sont pratiquement nulles, met en garde M. Riedel.

Pour lui, les choses sont claires: ils n'ont pas besoin de fermer le détroit d'Ormuz pour être sûrs que le prix de l'essence aux Etats-Unis crève le plafond, malgré les assurances de pays comme l'Arabie saoudite de compenser le déficit d'offre en cas d'embargo.

A l'ouverture mercredi matin, le baril de pétrole s'échangeait à New York pour la somme élevée de 101,40 dollars.

Pour Michael Eisenstadt, il y a de nombreuses raisons pour lesquelles Téhéran ne fermera pas le détroit aussi longtemps qu'il peut continuer à exporter du pétrole. D'autant que le pays importe tous ses produits via le Golfe.

Deuxième producteur de l'OPEP, l'Iran ne dispose pas de capacités de raffinage et est donc obligé d'importer essence et produits pétroliers.

Les Iraniens se tireraient vraiment une balle dans le pied s'ils décidaient de fermer le détroit, explique-t-il.

Un avis que partage Mark Gunziger, du Centre pour les évaluations stratégiques et budgétaires (CSBA): fermer le détroit coupe les approvisionnements dans les deux sens.

Personnellement je ne prends pas au sérieux (les menaces de fermeture). Mais on doit prendre au sérieux leur ambition d'acquérir de nouveaux moyens pour empêcher l'armée américaine de contrôler le détroit à l'avenir, prévient-il.

Tous les experts s'accordent en revanche sur un point : l'absence de communications directes entre Washington et Téhéran ou l'acte isolé d'un commandant iranien n'excluent pas les risques d'embrasement.


 

Commentaires 

 
0 #1 Grâce à Gnet !
Ecrit par Ben Whirlpool     21-01-2012 13:50
Les autorités iraniennes ont dû prendre cette décision après avoir lu mon commentaire sur Turki al-Faycal !
Bravo à Gnet d'oeuvrer ainsi pour la paix dans le monde: prochaine étape la démission sereine de Bachar al-Assad et une transition paisible vers la démocratie (sans trop d'islamistes, ce serait parfait).
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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