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Mercredi 29 Mars 2017         

L’ex-dirigeant syndicaliste, François Chérèque, est mort

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Publié le Mardi 03 Janvier 2017 à 10:36
François ChérèqueAFP - François Chérèque, ex-dirigeant de la CFDT, est décédé lundi, entraînant une salve d'hommages à un "grand syndicaliste" et un "réformiste", mais qui aura déstabilisé le deuxième syndicat français en 2003 après la signature de la réforme controversée des retraites.

Sa famille a annoncé sa mort "à la suite d'une longue maladie", à l'âge de 60 ans.

Né le 1er juin 1956 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), François Chérèque a dirigé le deuxième syndicat français entre 2002 et 2012.

Président de l'Agence du service civique depuis janvier 2014, il avait quitté ses fonctions en juin 2016 pour raisons de santé. Il "a mis pendant près de trois années toute sa force d'action et sa conviction au service de l'engagement des jeunes, en faveur d'une société solidaire et fraternelle", a salué son équipe.

Celui qui se disait "réformiste mais impatient" - le titre de son livre publié en 2005 -, a été souvent critiqué pour sa "volonté de signer".

Il avait plongé la CFDT dans une longue crise interne en validant la réforme des retraites en 2003, entraînant un départ massif d'adhérents vers d'autres syndicats.
Son décès a déclenché de nombreuses réactions politiques, à gauche comme à droite, et aussi côté syndical et patronal.

Très ému, Laurent Berger, l'actuel numéro un de la CFDT, a estimé que sa confédération et le syndicalisme français perdaient "une grande figure qui a fait de la lutte syndicale un engagement personnel".

"Au delà de nos désaccords, François était cordial, direct", a relevé Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO.

Bernard Thibault, l'ex-numéro un de la CGT, a dépeint un interlocuteur "chaleureux mais combatif". Il se souvient aussi que le combat syndical les "a parfois réunis comme en 2006 contre +le contrat première embauche+" ou une autre réforme des retraites, celle de 2010.
Côté patronal, le Medef a salué un "homme de dialogue et de convictions".

François Hollande a loué son "syndicalisme résolument réformiste", la ministre du Travail Myriam el Khomri a évoqué son "éthique au service des salariés".

Parmi les candidats à la primaire de la gauche, Manuel Valls et Benoît Hamon ont rendu hommage à un "grand syndicaliste". Et pour le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, il "incarnait une certaine idée du réformisme".

A droite, Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre lors de l'accord sur les retraites en 2003, évoque le "+Gd+ (grand, NDLR) pas pour la sauvegarde" du régime alors "franchi" avec lui. Et le candidat à la présidentielle François Fillon, alors en charge du dossier en tant que ministre des Affaires sociales, se rappelle qu'avec ce leader syndical, le dialogue était "toujours constructif". Pour le président du Sénat, Gérard Larcher, avec François Chérèque, "le dialogue social prenait tout son sens".

Fançois Chérèque a longtemps été éducateur spécialisé au centre hospitalier de Digne (Alpes-de-Haute-Provence).

Son père, Jacques, ancien métallo, fut secrétaire général adjoint de la CFDT (1979-1984) et ministre délégué à l'Aménagement du territoire et aux reconversions sous le gouvernement Rocard (1988-1991).

François, qui a eu deux fils, s'est fait un prénom en gravissant peu à peu les échelons de la CFDT. En 1996, il devient secrétaire général de la fédération Santé Sociaux, la plus importante du syndicat.

Candidat à la succession de Nicole Notat, il est élu à la tête de la CFDT en mai 2002, au lendemain du revers électoral de la gauche.

Alors inconnu du grand public, il mettra plusieurs années à conquérir l'appareil, allant sans cesse au contact des militants sur le terrain.

Ses interventions médiatiques sont souvent l'occasion de coups de sang. L'ex-deuxième ligne de rugby ne mâche pas ses mots quand il accuse Nicolas Sarkozy de "démagogie populiste" lorsque ce dernier s'en prend aux syndicats pendant la campagne présidentielle de 2012.

En passant la main à son dauphin Laurent Berger en novembre 2012, le tempétueux syndicaliste rejoint l'Inspection générale des affaires sociales et est chargé du suivi du plan gouvernemental sur la pauvreté. Au même moment, il prend aussi la présidence de Terra Nova, centre de réflexion proche du PS.

 

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