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Dimanche 23 Novembre 2014         

"Le régime syrien n’est pas bâasiste, ni alaouite" (chercheur)

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Publié le Vendredi 23 Mars 2012 à 23:40
En Syrie, a révolution est loin de connaître son épilogue.Quelles perspectives pour la démocratie après les Printemps arabes ? La réponse à cette question n'est pas si simple, tant la situation des pays arabes en révolution, ou au sortir de ces soulèvements en cascade, paraît complexe et indéchiffrable. Le colloque organisé mardi par Sciences Po-CERI (centre d’études et de recherches internationales), en partenariat avec le magazine Alternatives Internationales et l'Ecole des Affaires Internationales (PSIA-Sciences Po), a tenté d'apporter des éléments de réponse en faisant le point sur l'évolution dans trois pays : Tunisie, Egypte et Syrie.

La Tunisie où la première étincelle des soulèvements arabes a éclaté semble être le point le plus clair de cet imbroglio. Voir l’analyse Jean Pierre Filiu, présentée lors de cette rencontre dans notre article "Tunisie, l’état de grâce islamiste sera fugace" .

En Syrie, la situation est tout autre, et la révolution est loin de connaître son épilogue. Salam Kawibiki, directeur de recherche Arab Reform Initiative, s'attaque "aux mythes véhiculés par la presse occidentale", qualifiant le régime syrien de "baasiste, alaouite et laïc".

"Le régime baâsiste a cessé d'exister depuis la constitution de 1973, il a perdu tout son pouvoir idéologique et ses principes socialistes et progressistes", dit-il. Le conférencier renie également l'épithète laïque au régime syrien : "L'islam obscur a été développé par le travail minutieux des services de sécurité syriens pour éviter le développement d'un islam modéré qui peut constituer un danger pour le régime". Idem pour l'appartenance alouite du régime à laquelle il oppose un démenti : "Les alaouites sont comme les autres syriens, ils sont victimes du régime, et ne sont en aucun cas à sa tête".

Salam Kawibiki qui revendique son indépendance par rapport au conseil national syrien, trouve que l’on demande trop à l'opposition syrienne naissante. "L'opposition syrienne qui apparaît après cinq décennies de manque de pratique politique, de monopolisation de l'espace public, et qui a à peine quelques mois d'existence, est appelée à rassembler les Syriens, et à donner des garanties aux forces régionales, c'est la seule opposition à laquelle on demande autant", conteste-il.

Réagissant à l'attitude d'Israël qui chercherait à maintenir la stabilité du régime par peur de l'inconnu, il explique qu’"Israël a intérêt que la Syrie continue dans ce marasme, dans cette destruction sociétale, qu'elle sortira affaiblie, et acceptera ainsi toutes les conditions qui lui sont imposées par les pays du sud".

"Quant à l'Iran, du moment où on lui sort maintenant le dossier nucléaire, il renoue avec son attachement stratégique au régime syrien", indique-t-il.

Salam Kawibiki marque son désaccord sur la thèse qui atteste des intérêts économiques de la Russie en Syrie. "Les échanges de la Russie avec la Syrie ne représentent pas 1 % de ses échanges avec les pays du Golfe. La réalité est que depuis l'effondrement de l'ex-URSS, la Russie a été marginalisée sur la scène internationale, elle a besoin de renégocier son redéploiement diplomatique, au prix des victimes syriennes".

Egypte : alliance entre l’armée et les islamistes

"Dans les pays arabes, l'Egypte se situe entre la Syrie et la Tunisie, non seulement géographiquement mais par la manière dont les choses avancent", enchaîne Stéphane Lacroix, assistant Professeur à Sciences Po. "Les plus pessimistes diront que ce sont les contrerévolutionnaires qui sont au pouvoir en Egypte, il y a une part de vérité dans cela, la transition se déroule sous l'autorité de l'institution militaire, celle qui dirige l'Egypte depuis 1962, c'est loin donc d'être des hommes neufs".

"L'armée a jouit d'une popularité importante dans la population au moment de la révolution, mais depuis mars 2011, sa bonne foi a commencé à être mise en doute. Une hostilité est née envers l'armée chez la jeunesse de Tahrir, leur soulèvement a été réprimé dans le sang", souligne-t-il.

"Selon la perception des révolutionnaires, l'armée n'est qu'une partie émergée de l'Etat profond constitué par les restes de Moubarak qui cherchent à revenir au pouvoir par le truchement du conseil suprême des forces armées", soutient Stéphane Lacroix.

Il évoque trois pôles de légitimité en Egypte : "l'armée, le parlement et les révolutionnaires de la place Tahrir". A ses yeux, "l'enjeu de la constitution reste déterminant pour l'avenir de l'Egypte". C'est le rapport Etat/religion qui fait débat. "Les frères musulmans sont pour le maintien de l'article 2 de la constitution qui stipule que les principes de la charia soient source de droit. Les salafistes préfèrent remplacer les principes par les commandements de la charia.  L'armée veut s'assurer que la constitution ne remet pas en cause aucun de ses prérogatives, et privilèges. Les gens de Tahrir s'opposent au maintien de tels privilèges".

Stéphane Lacroix évoque les deux hommes qui surgissent et qui ont une grande popularité chez les révolutionnaires égyptiens , en l'occurrence, Abdel Moneim Aboul Fotouh Abdel Hady et Hazem Salah Abu Ismail ; "les deux sont en rupture de ban avec leurs mouvements respectifs les frères musulmans les salafistes, les deux sont critiques envers l'armée et le parlement dominé par les islamistes, c'est pour cette raison qu'ils sont rejetés par l'un et l'autre".

"On dit qu'il y a des tractations entre islamsites et militaires pour un candidat accepté par les deux. Le nom d'Amr Moussa, ancien SG de la ligue arabe, est évoqué , étant compatible avec les islamistes et avec l'armée", souligne le chercheur. "Cette alliance entre les islamistes et l'armée, est-elle conjoncturelle, ou s'agit-il d'un partenariat durable qui va se transformer en mode de gouvernance". Rien n'est moins sûr, pour ce spécialiste de l'Egypte. "Entre la rue, les islamistes et l'armée, la question égyptienne est loin d'être tranchée ; si le printemps 2011 était chaud, le printemps 2012 ne le sera pas moins", conclut-il.
H.J.


 

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