Grèce : les députés votent l'austérité, Athènes s'enflamme |
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Publié le Lundi 13 Février 2012 à 09:54 |
Un plan d'austérité qui ne passe pas. Alors que les députés grecs ont adopté dimanche un programme de rigueur draconienne, des scènes de guérilla urbaine ont éclaté dans les rues. De violentes manifestations réunissant 80 000 personnes à Athènes selon la police, ont littéralement enflammé la capitale, rapporte l'AFP.
Le ministère de la Santé a recensé 54 blessés tandis que le ministère de la Protection du citoyen déplorait une quarantaine de départs de feu ou incendies dans des bâtiments ou équipements du centre. A Salonique, les manifestations ont rassemblé 20 000 personnes et la police a recensé six banques endommagées.
A peine la manifestation contre le plan proposé aux députés avait-elle commencé, vers 16 heures, que les premiers incidents ont éclaté. Un groupe de contestataires regroupés devant le parlement a fait pression sur l'important cordon policier disposé autour du bâtiment. La police a riposté en faisant usage de gaz lacrymogènes. Les manifestants se sont alors retirés dans les rues adjacentes, qui se sont transformées en champs de bataille : aux jets de pierres, de morceaux de marbre et de cocktails Molotov, les forces antiémeutes répliquaient avec des gaz lacrymogènes. Des personnes encagoulées ont brisé des vitrines de magasins sur les grandes avenues du centre.
Les contestataires avaient commencé à affluer sur la place Syntagma dimanche en début d'après-midi à l'appel des deux grandes centrales syndicales grecques, la GSEE pour le privé et l'Adedy pour le public, ainsi que de la gauche radicale. «Les députés s'apprêtent à voter des mesures qui vont conduire à la mort de la Grèce (...) mais le peuple ne va pas céder», s'exclamait le compositeur Mikis Theodorakis juste devant le Parlement.
Les membres du gouvernement avaient solennellement mis en garde contre des scénarios d'apocalypse ou de «chaos» pour la Grèce, si les députés votaient contre le programme, affirmant que le pays serait rapidement en cessation de paiement et conduit à sortir de l'euro. L'Eurogroupe, qui pourrait se réunir mercredi, réclamait un vote positif des députés en préalable au déblocage du deuxième plan de sauvetage du pays, combinant renflouement via des prêts publics de 130 milliards d'euros et désendettement via l'effacement de 100 milliards d'euros de créances. La Grèce risquer un défaut de paiement incontrôlé en mars, à l'échéance de créances de 14,5 milliards d'euros.
Ce plan d'austérité accepté ouvre la voie à une chute brutale des salaires dans le privé, censée redonner de la compétitivité aux entreprises grecques. Les syndicats jugent que ce plan est le «tombeau de la société». La gauche communiste et radicale a réitéré au parlement sa demande d'élections immédiates, considérant que la Grèce n'a rien à perdre à mettre ses créanciers au défi de la lâcher.
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