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Samedi 25 Mars 2017         

Fillon présente ses excuses aux Français, tout en maintenant sa candidature

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Publié le Mardi 07 Février 2017 à 10:04
François et Penelope FillonReuters - François Fillon a présenté lundi ses "excuses" aux Français pour avoir salarié des membres de sa famille avec des deniers publics et annoncé qu'il repartait immédiatement en campagne, fort, selon lui, du soutien de la majorité de sa famille politique.

Le candidat de la droite et du centre à l'élection présidentielle a tenté lors d'une conférence de presse de faire taire les voix qui l'exhortent à renoncer après les révélations sur les emplois présumés fictifs de sa femme et de ses enfants.

"Tout cela était légal", a-t-il déclaré en reprenant point par point les accusations dont il est l'objet, estimant "parfaitement justifiés" les salaires versés alors qu'il était député ou sénateur, ajoutant que sa société de conseil n'avait jamais eu de clients russes.

"Mais suis-je pour autant quitte sur le plan moral?" a-t-il demandé. "Le premier courage en politique c'est de reconnaître ses erreurs. Ce qui était acceptable hier, à défaut d'être accepté, ne l'est plus aujourd'hui. C'était une erreur, je le regrette profondément et je présente mes excuses aux Français."

Après avoir détaillé son patrimoine devant la presse, François Fillon a publié lundi soir sur son site de campagne le tableau des rémunérations pour son épouse, qualifiée de "collaboratrice parlementaire", tel que transmis en décembre à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

Dans sa conférence de presse, l'ancien Premier ministre a reconnu avoir donné des réponses "imprécises" lorsqu'il a été interrogé ces derniers jours sur les détails des travaux effectués et a mis ces erreurs sur le compte de l'émotion.

"Toute la semaine dernière, j'ai été déstabilisé", a-t-il expliqué devant quelque 200 journalistes. "J'ai mis du temps à mesurer que le ciel m'était tombé sur la tête."

Il a réitéré ses accusations contre le pouvoir socialiste qui, selon lui, a seul le pouvoir d'organiser les fuites qui l'accablent, sans toutefois reprendre le terme de "coup d'Etat institutionnel" qu'il avait utilisé la semaine dernière.

"Le crime profite à ceux qui ne veulent pas du programme de rupture qui est le mien", a-t-il ajouté en estimant que les principaux bénéficiaires étaient ceux qui voulaient voir un second tour entre la présidente du Front national, Marine Le Pen, et le fondateur du mouvement "En marche!", Emmanuel Macron.

François Fillon entend repartir en campagne dès mardi, avec, estime-t-il, le soutien de sa famille politique, comme le montre selon lui la présence des principaux camps de la droite et du centre à un comité de campagne convoqué dès lundi.

"Ce qui va compter, c'est que nous allons tous nous rassembler maintenant, et repartir en campagne maintenant", a-t-il dit. "Parce qu'il n'y a pas d'autre solution, parce qu'il n'y a pas de plan B, parce que si la droite et le centre veulent être au second tour de l'élection présidentielle, trois mois avant l'élection, il faut maintenant faire bloc et c'est ce que la grande majorité des élus de ma famille politique ont compris."

La semaine dernière, nombre d'élus et de ténors du parti Les Républicains (LR) n'hésitaient pas à envisager, publiquement ou en privé, son retrait et son remplacement par un autre candidat.
Conforté par la difficulté dans laquelle semblent être les ténors de son camp pour trouver un éventuel candidat de substitution sans déclencher une guerre des clans, François Fillon a amorcé sa contre-attaque ce week-end.

Il a ainsi fait distribuer trois millions de tracts dénonçant une "chasse à l'homme" et une "machination ourdie par des officines" pour empêcher sa candidature.

Il avait adressé vendredi soir un message vidéo à ses troupes sur Facebook leur promettant de "tenir bon", après avoir demandé aux parlementaires Les Républicains de lui donner quinze jours, le temps, selon lui, que l'enquête le blanchisse.

Selon une source proche de son équipe de campagne, il a également consacré le week-end à appeler les ténors du parti, les principaux présidents LR de région et ex-candidats à la primaire de la droite.

Il leur a dit 'si ce n'est plus moi, c'est le chaos ; avec moi vous avez encore une chance de gagner, sans moi vous avez 100% de chances de perdre'", raconte cette source selon laquelle "la fièvre est un peu redescendue".

"Ça a contribué à en débrancher certains qui se sentaient pousser des ailes", dit-elle. L'allusion vise notamment Laurent Wauquiez, François Baroin et Xavier Bertrand, cités la semaine passée parmi les possibles candidats de substitution.

Alain Juppé, adversaire malheureux de François Fillon au second tour de la primaire, a pour sa part fermé une des pistes les plus logiques en réitérant son refus d'être un "plan B".

"J’ai dit quelle était ma position : définitivement, c’est non ! Et vous me connaissez, non c’est non !" a-t-il déclaré lundi à des journalistes à son arrivée à la mairie de Bordeaux.

Le député Benoist Apparu, proche du maire de Bordeaux, a confirmé à Reuters que François Fillon et lui s'étaient parlé ce week-end, notamment à propos du plan de riposte du candidat.
"Il y a encore des possibilités pour redresser la barre. C'est compliqué mais c'est encore jouable."

Les ténors de la droite ont fait bloc lors du comité stratégique qui s'est déroulé après la conférence de presse.

Le rassemblement, il a eu lieu, tout le monde est aujourd'hui bien clairement derrière François Fillon", a déclaré son porte-parole, Thierry Solère.

"Les grandes personnalités de la droite et du centre-droit français, de Jean-Christophe Lagarde à Brice Hortefeux, du président du Sénat à François Baroin, à Laurent Wauquiez, à Bruno Le Maire et à Xavier Bertrand seront au quotidien associés à la campagne, présents sur le terrain, présents sur les médias", a-t-il ajouté.

"Aujourd'hui François Fillon a tranché, il a dit 'je serai candidat, il n'y a aucune autorité qui pourrait m'en dissuader' dont acte", a déclaré le député LR Georges Fenech. "Il prend cette responsabilité vis-à-vis de tous les Français, vis-à-vis du pays, donc il assume cette responsabilité. J'espère franchement que le 23 avril (date du premier tour de l'élection présidentielle-NLDR) nous n'aurons pas tous la gueule de bois".

Le sort de François Fillon reste suspendu à l'enquête ouverte par le Parquet national financier (PNF) pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits, le candidat ayant promis qu'il renoncerait s'il était mis en examen.

En outre, tous les sondages récents le donnent absent du second tour au profit d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, ce qui pourrait rallumer la contestation de sa candidature.


 

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