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Lundi 27 Mars 2017         

Egypte : Le bilan des morts s’alourdit, ElBaradei démissionne

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Publié le Jeudi 15 Août 2013 à 09:13
AFP - L’Egypte se prépare ce jeudi à une nouvelle journée sous haute tension au lendemain de la dispersion sanglante au Caire des manifestations réclamant le retour du président islamiste Mohamed Morsi, qui a fait quelque 280 morts selon un bilan officiel, 2200 morts selon les Frères musulmans.

Aucun incident majeur n’avait été signalé jeudi à l’aube dans le pays, où le calme était revenu en fin de soirée moins d’une heure après l’entrée en vigueur d’un couvre-feu, selon des responsables de sécurité joints par l’AFP.

Ce calme pourrait toutefois n’être que temporaire, la tension restant à son comble dans le pays où les islamistes ont appelé à de nouvelles manifestations tandis que les forces de l’ordre prévenaient qu’elles n’accepteraient aucun nouveau sit-in, après avoir pris le contrôle des deux places du Caire où des pro-Morsi campaient depuis un mois et demi.

A l’issue d’une journée de heurts meurtriers, les autorités avaient décrété l’état d’urgence et un couvre-feu dans la moitié des provinces, dont celles du Caire et d’Alexandrie (nord).

Selon un nouveau bilan officiel rendu public jeudi matin, la dispersion sanglante des camps de manifestants au Caire et les violences à travers le pays  ont fait mercredi au moins 343 morts. Le chef des services d’urgence, Khaled al-Khatib, qui relève du ministère de la Santé, a indiqué à l’AFP que 300 civils avaient péri, tandis que le ministère de l’Intérieur a fait état de la mort de 43 policiers. Il s’agit de la journée la plus meurtrière depuis la révolte qui a renversé le président Hosni Moubarak en 2011.

Les autorités égyptiennes ont indiqué que 235 civils et 43 policiers avaient péri à travers le pays. Mais le bilan est probablement bien plus élevé, un journaliste de l’AFP ayant décompté 124 cadavres sur la seule place Rabaa al-Adawiya, QG des manifestants pro-Morsi au Caire, où le ministère de la Santé a fait état de 61 morts. En outre, un caméraman de la chaîne britannique Sky News y a été tué par balle.

Alors que le prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei a démissionné de son poste de vice-président, refusant «d’assumer les conséquences de décisions avec lesquelles il n’était pas d’accord», le Premier ministre nommé par l’armée Hazem Beblawi a, lui, salué la police pour «sa très grande retenue».

Hazem Beblawi est apparu à la télévision pour assurer qu'«aucun État qui se respecte n’aurait toléré» ces sit-in qui duraient depuis un mois et demi, s’engageant dans le même temps à poursuivre la mise en oeuvre du processus qui doit conduire à des élections début 2014.
«Les instructions étaient de n’utiliser que les gaz lacrymogènes, pas d’armes à feu», a assuré le ministre de l’Intérieur. «Mais quand les forces de sécurité sont arrivées, elles ont été surprises par des tirs nourris».

Après la dispersion, des heurts avaient eu lieu dans différents quartiers du Caire et fait plusieurs morts dans d’autres villes du pays.

A Alexandrie, deuxième ville du pays, un journaliste de l’AFP a fait état d’échanges de tirs nourris à l’arme automatique.

En outre, au moins quatre églises ont été attaquées, les militants accusant les pro-Morsi de mener «une guerre de représailles» contre les coptes, dont le patriarche avait lui aussi soutenu la décision de l’armée de destituer Mohamed Morsi, toujours retenu au secret.

Face aux violences meurtrières, M. ElBaradei, qui avait apporté sa caution morale à la destitution de Mohamed Morsi le 3 juillet par les militaires, a démissionné, mettant au jour les profondes divisions au sein des autorités de transition installées par la toute-puissante armée.
Il avait à plusieurs reprises plaidé pour une solution politique à la crise, répétant que les Frères musulmans devaient participer à la transition.

Dans la matinée, une autre figure morale s’était désolidarisée de l’opération meurtrière des forces de l’ordre: l’imam d’Al-Azhar, plus haute autorité de l’islam sunnite, qui avait expliqué n’avoir pas eu connaissance des méthodes que les forces de l’ordre comptaient employer.

La communauté internationale, qui avait tenté une médiation pour éviter une issue dramatique au bras de fer entre pro-Morsi et nouveau pouvoir, a condamné l’usage de la violence pour disperser les deux rassemblements de milliers d’islamistes venus avec femmes et enfants réclamer le retour au pouvoir du premier président élu démocratiquement du pays.

A Washington, le secrétaire d’État américain John Kerry a exhorté à organiser ces scrutins, condamnant un bain de sang «lamentable». La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton qui, la première, avait tenté une médiation au Caire, a réclamé la levée de l’état d’urgence «dès que possible».

Paris a appelé à «l’arrêt immédiat de la répression» et saisi l’ONU «pour qu’en urgence une position internationale soit prise en ce sens». Son secrétaire général Ban Ki-moon a, lui, «condamné dans les termes les plus fermes les violences».

Le Qatar, principal soutien des Frères musulmans, a dénoncé «la méthode utilisée contre des manifestants pacifiques», tandis que Berlin lançait un appel au calme dans le pays où les violences entre pro et anti-Morsi et entre pro-Morsi et forces de l’ordre avaient auparavant fait plus de 250 morts depuis fin juin, essentiellement des manifestants islamistes.


 

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