Brexit : l'UE donne deux semaines à Londres pour débloquer les négociations

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Publié le Samedi 11 Novembre 2017 à 09:13
Theresa MayNouvelObs - L'UE a donné vendredi deux semaines au Royaume-Uni pour clarifier ses engagements sur les termes de leur divorce, en faisant une condition pour accepter en décembre l'ouverture des tractations commerciales que Londres réclame avec insistance pour préparer l'après-Brexit.

L'utlimatum a été lancé au terme d'un sixième round de négociations peu fructueux. Cette session d'un jour et demi, à Bruxelles, a au contraire mis au jour un nouveau point d'achoppement, le dossier irlandais, Londres et Bruxelles divergeant sur le moyen d'éviter le retour d'une frontière "dure" avec l'Irlande.

Le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, a confirmé que les Européens exigeaient des clarifications urgentes du gouvernement britannique de Theresa May, de plus en plus fragilisé. Il a répondu par un simple "oui" à une question de la presse lui demandant si ce délai était bien de "deux semaines".

Ce n'est qu'à condition d'avoir des "engagements clairs et sincères" dans cette limite de temps que les Européens accepteront d'ouvrir la seconde phase des négociations, lors d'un sommet à la mi-décembre, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Si le délai n'est pas respecté, cette perspective serait reportée à "février ou mars", lors d'autres sommets programmés à l'agenda européen, selon un haut diplomate de l'UE.

Contrairement à la phase actuelle, la deuxième étape des négociations incluerait la relation future avec Londres, qui s'impatiente de son côté de pouvoir lancer des tractations commerciales couvrant la période post-Brexit.
60 milliards ?

"Nous devons maintenant aller de l'avant pour passer à nos discussions sur notre future relation", a ainsi redit vendredi le ministre britannique chargé du Brexit, David Davis.

Mais il faut d'abord trouver "un accord sur cette séquence du retrait ordonné du Royaume-Uni", "c'est la priorité absolue qui est la nôtre", a réitéré de son côté Michel Barnier.

Pour les 27, les trois sujets préalables à régler incluent notamment l'épineuse question du règlement financier du Brexit, c'est-à-dire du solde des engagements pris par le Royaume-Uni au sein de l'Union, dont il aura été membre pendant plus de 40 ans.

Le président du Parlement européen Antonio Tajani a récemment affirmé que la facture tournerait autour de "50 ou 60 milliards" d'euros, confirmant pour la première fois des estimations officieuses circulant à Bruxelles, et déplorant "les clopinettes" proposées par Londres.

Outre la facture, l'UE veut également des "progrès suffisants" sur question des droits après le Brexit des Européens vivant au Royaume-Uni, et sur les conséquences du divorce sur la frontière entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord.
Pas de nouvelles frontières

La tension semble être montrée d'un cran sur ce dernier dossier entre Londres et les 27, même si les deux parties s'accordent pour souhaiter qu'il n'y ait pas de retour d'une frontière "dure" avec des postes-frontières, et pour préserver l'accord de paix de 1998 qui a mis fin à trente années de guerre civile.

"La seule manière" pour y parvenir, a estimé vendredi le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, c'est "si le Royaume-Uni en entier ou l'Irlande du Nord continuent d'appliquer les règles de l'Union douanière et du marché unique".

"Cela ne signifie pas qu'ils doivent en être membres, mais cela signifierait continuer à appliquer ces règles", a précisé M. Varadkar, dont le point de vue est soutenu par l'UE.

"Nous reconnaissons le besoin de solutions spécifiques pour les circonstances uniques de l'Irlande du Nord", a admis David Davis, lors de la conférence de presse commune avec M. Barnier à Bruxelles.

Mais "cela ne peut pas revenir à la création d'une nouvelle frontière à l'intérieur du Royaume-Uni", c'est-à-dire entre la province britannique d'Irlande du Nord et le reste du royaume, si des règles différentes devaient s'y appliquer, a-t-il insisté.

"Le Royaume-Uni a décidé de quitter l'Union il y a plus de 500 jours. Et il quittera effectivement l'Union le 29 mars 2019 à minuit, heure de Bruxelles", a rappelé M. Barnier.

Pour bien montrer qu'il ne souhaitait pas reculer cette échéance, voire y renoncer, le gouvernement britannique a annoncé de son côté qu'il allait inscrire cette date, "le 29 mars 2019 à 23 heures GMT", dans le marbre d'un texte législatif.