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Mardi 02 Septembre 2014         

Ali Seriati : "Peut-être on partira, mais on brûlera Tunis"

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Publié le Lundi 17 Janvier 2011 à 13:38
Palais présidentiel de CarthageLe Monde- Cet homme n'est ni grand ni petit. On ne peut pas le décrire. Il n'a pas de nom. Il faut lui en inventer un : Zyed. Il se terre dans une maison du quartier Bardo, à Tunis, qu'il fait surveiller depuis la rue par de jeunes parents, les nerfs à fleur de peau. "Je change d'endroit toutes les heures", dit-il en refoulant des larmes.

Conseiller de Zine El-Abidine Ben Ali au palais de Carthage, il avait pris contact de sa propre initiative quelques jours avant la chute de l'ex-président parce que, disait-il, il ne voulait pas "être complice des massacres". Pour le rencontrer, ce dimanche 16 janvier, il faut suivre des émissaires à travers un dédale de rues.

Zyed tente aujourd'hui de fuir la Tunisie, mais son passeport français, qu'il exhibe trop brièvement, est faux. Son récit, souvent interrompu par le bruit de tirs tout proches qui le font violemment sursauter, met en scène les intrigues d'un clan familial sclérosé et une fin de règne agonisante bien avant le début, le 17 décembre 2010, des émeutes en Tunisie. "Il régnait une atmosphère délétère au palais, souligne-t-il. En septembre, il y a eu un accrochage très sérieux entre le président et sa femme, et, à partir de là, la présence de son frère Belhassen et de son fils Imed est devenue de plus en plus forte."
L'ancien conseiller avance aussi le nom de Slim Chiboub, marié à Dorsaf Ben Ali, la fille de l'ancien président, mais écarte celui d'un autre gendre, très en vue, Sakhr El-Materi, décrit comme "un requin qui n'a pas de dents".

"QU'IL CRÈVE"

En octobre, ce clan aurait mis au point, selon lui, un scénario "diabolique" consistant à laisser "le président en poste jusqu'en janvier 2013, puis sa démission aurait été annoncée pour raison médicale, suivie d'un appel pour des élections". Les partis "amis" auraient été instrumentalisés pour créer une polémique en présentant de faux candidats. Des manifestations organisées un peu partout par le RCD, le parti du pouvoir, se seraient conclues par une "manif monstre d'un million de personnes à Tunis pour réclamer la candidature de Leïla".

Mais, le 17 décembre, le suicide de Mohamed Bouazizi, immolé par le feu, change tout. "Ben Ali était totalement indifférent, il a dit quelque chose comme : 'Qu'il crève'. A ce moment, Abdelwahab Abdallah est devenu le véritable régent, et Abdelaziz Ben Dhia le filtre sans qui rien ne passait." Ali Sériati, le chef de la garde présidentielle, fait partie du dispositif.

L'ancien conseiller décrit des acteurs de plus en plus fébriles au fur et à mesure que le mouvement de révolte prend de l'ampleur dans le pays. Le 29 décembre, au lendemain du premier discours du président, il assiste à une réunion de crise. "Abdallah a dit : 'Il faut que tout ça soit manipulé par un groupe affilié à Al-Qaida au Maghreb islamique. Pour nos amis français, c'est la seule solution.' Ce à quoi a répondu Ben Ali, très cynique: 'AQMI en Tunisie, c'est la mort du tourisme, on va se suicider'."

DES APPELS D'ERIC RAOULT
Aux Américains, un même argument devait être présenté : Kasserine, la ville où les manifestations ont été les plus durement réprimées, était un "foyer islamiste". "Il y a eu un air de fête après les déclarations de Michèle Alliot-Marie lorsqu'elle a proposé d'aider à former des policiers tunisiens, poursuit Zyed. Et Eric Raoult appelait tout le temps pour dire qu'il ne fallait pas ouvrir la brèche aux islamistes ; Abdallah l'avait surnommé la 'passerelle'."

Contacté, M. Raoult reconnaît avoir "appelé souvent", mais, assure-t-il, "des amis comme Charfeddine Guellouz ou Habiba Massabi [députée RCD], pas la présidence, ce n'est pas de mon niveau".
La situation, cependant, s'aggrave en Tunisie. Le conseiller, qui révèle que l'ancien chef de l'Etat s'était réfugié dans sa propriété d'Hammamet avant de quitter le pays et avait préenregistré son dernier discours, rapporte cette dernière réunion : "Sériati a prévenu que les militaires, ces 'fils de bâtards', a-t-il dit, fraternisaient avec la population. Il a ajouté: 'Peut-être on partira, mais on brûlera Tunis : j'ai 800 bonhommes prêts à se sacrifier. Dans deux semaines, les mêmes qui manifestent vont nous supplier de reprendre les choses en main.'" Zyed, alors, est parti de son côté.


 

Commentaires 

 
0 #16 ASB
Ecrit par NJH     18-11-2012 11:31
MALLA GUINIA
 
 
+2 #15 showing coment
Ecrit par abou salman edari     03-04-2012 03:09
ce lui qui seme le ven recolte la tempete . voila mohamed mzali allah yarehmoil avait a l'epoque affaire a bourguiba;il a passer sa vie refugié loin de sa terre natal;ben ali quand il eté au pouvoir ne veux pas le gracié .est bien voila chacun son tours lui aussi va mourir comme un chien bati !!!!!!
 
 
-3 #14 un bafouilleur
Ecrit par kalaakebira     08-06-2011 22:22
moi je connait ce ziad personnellement et je ne crois pas a ce qu'il dit c'est un bafouilleur mais maintenant je le connais mieux "bafouilleur " est insuffisant pour lui je m'excuses
 
 
+3 #13 SERIATI LE FOU?
Ecrit par CMOI     23-01-2011 19:51
Seriati refoule ses larmes?Je vois que celui qui a écrit l'article ne connait pas vraiment ce monstre.Un policier a confié à une foule(le jours de la manifestation de la police) qu'il a été à plusieurs reprises molesté par Seriati car il ne contrôlait pas systématiquement toutes les voitures.Ce policier ,écœuré, confie que Seriati mettait sa bouteille de whisky sur la table et son beretta et commençait à insulter les policiers , à les agresser et les menaçait.Il les molestait jusqu'à déchirer leurs uniformes puis ordonnait qu'on les mette dans les geôles souterraines du ministères de l'interieur avec d'autres détenus,ou ils étaient battus à mort et y croupissaient deux ou trois ans .Avons nous été manipulés par la police qui veut se déculpabiliser devant le peuple Tunisien? Actuellement les rumeurs le plus folles circulent.Mais quand tout celà se décantera , il va falloir rendre des comptes au peuple Tunisien.Le peuple y veillera,restons éveillés et solidaires car nos ennemis ont des dents bien longues.
CMOI
 
 
+1 #12 Que des films!!!
Ecrit par tounssi     19-01-2011 15:26
Bonjour a tous,je ss trés decu de ce que les traitres osent encore inventés comme histoire.il faudrait que la justice fasse son travail,je ne ss pas rentré dans mon pays depuis 1992 a cause de la mafia de BEN ALI...j'avait une société avec 15 salariés...tt a été pris par les voleurs...chiboub est le pire de tous,de tte maniére je ne crois plus personne de l'ancien régime...tous complices...l'histoire de preparer sa coiffeuse pour prendre sa place..-ca c 'est possible...simplement que le gain est tres important...mais j'en suis certain qu'il seront tous un jour traduits devant la justice....
 
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