Hatem Belhaj, auteur de "Choufli Hal" se confie à Gnet Imprimer
Publié le Mercredi 19 Août 2009 à 12:23
Hatem Belhaj"Ceux qui se sentent visés par une satire se dressent souvent en censeurs"

La sitcom "choufli Hal", une série culte du mois de Ramadan qui nous a tant fait rire, interpellé et interloqué, fera cette saison ses adieux au public avec 15 épisodes seulement. Ce sera la quintessence de la réflexion de son auteur, Hatem Belhaj, qui se projette déjà dans l’après choufli Hal. Cet adepte de la satire sociale, dont le va-et-vient entre journalisme et télévision, s’est fait sans coup férir, trouve dans la société une source d’inspiration inépuisable. Il a bien voulu se prêter au jeu de questions/réponses…pour nous révéler les secrets du succès et de la longévité d’une série, qui verra en cette saison l’entrée en scène de Hichem Rostom, Mohamed Kouka etc, outre ses fidèles piliers, Kamel Touati, Mouna Noureddine et les autres.

Parlez-nous de cette nouvelle partie de Choufli Hal. En quoi est-elle différente des précédentes ? Comment les événements vont-ils évoluer ? Y aura-t-il de nouveaux acteurs ? Les faits se déroulent-ils entre la Médina et Ennasr ?
C’est la cinquième année de Choufli Hal (et sa sixième saison puisqu’il y a eu une saison diffusée en dehors du mois de ramadan). Cette saison, il ne va y avoir que 15 épisodes, les derniers de la sitcom, où les événements se concentreront sur l’évolution de la large famille du psychothérapeute Slimène Labiadh. Ainsi, la boucle sera bouclée entre les deux principaux décors, à savoir le centre-ville et la cité Ennasr. Bien entendu et comme chaque année, de nouveaux "invités" feront leur apparition à chaque épisode. Le casting ayant été assuré cette année par le réalisateur de la saison, Abdelkader Jerbi. Parmi les plus connus, il y aura Hichem Rostom, Mohamed Kouka, Baya Zardi (dans son propre rôle) etc. Mais, nous avons aussi donné leur chance à de nouveaux noms pour la plupart issus de l’institut des arts dramatiques ou de troupes théâtrales "ambitieuses ".
La série

La sitcom Choufli Hal ne cesse de susciter l’engouement populaire depuis son lancement ? Mais n’y a-t-il pas un risque qu’elle ne perde un peu de sa superbe ? Quelle est votre technique pour éviter, justement, une éventuelle lassitude du public ?

Le cauchemar de tout auteur est de lasser son public et souvent, c’est un défi très motivant pour imaginer d’autres situations burlesques. Après 135 épisodes et un téléfilm, le concept de Choufli Hal tient encore en haleine un nombre non négligeable de téléspectateurs. Ce n’est pas moi qui le dis mais les chiffres de l’audimat et si le 120ème épisode fait plus de 50% de PDM en première diffusion et à 22h30… c’est que le public n’a pas encore montré de signes de lassitude. D’ailleurs, je n’ai écrit cette année que 15 épisodes pour que justement, le public garde un bon souvenir après la fin de la série et pour cela, j’ai concentré les événements pour qu’il n’y ait aucun sentiment de lassitude.

Certains imputent la réussite de Choufli Hal au casting et donc, au jeu des acteurs. Quel en est pour vous le secret du succès et de la longévité ?
Mais ce sont toujours les acteurs qui portent un texte à l’écran et les acteurs de Choufli Hal ont épousé leurs personnages à merveille. Là, il faut rendre hommage à Slah Essid qui a réussi le casting de base et qui, durant quatre saisons, a pleinement rempli son contrat. Au fait, personne ne peut prévoir ni expliquer la longévité d’une œuvre. La mayonnaise prend quand toute l’équipe est motivée et inspirée. La sincérité dans la tâche ressort même à l’écran.

Vous étiez parmi les premiers à introduire le genre de la sitcom en Tunisie. Quel avenir lui prédisez-vous ?
Je n’ai pas pour autant inventé la roue, disons que nous sommes les premiers à avoir respecté le cahier des charges de la "fabrication" de Sitcom. Aujourd’hui, on classe toutes les séries "sitcom" (même les dessins animés) alors que rares sont celles qui sont tournées en studio. Quant au genre, il est très prisé et donc, on continuera longtemps à en faire jusqu’au jour où la sitcom sera détrônée par un autre genre…

5-Qu’est-ce que vous cherchez à travers choufli Hal ? A faire rire où à faire prendre conscience aux téléspectateurs de différents phénomènes qui sont en train de gagner du terrain dans la société tunisienne ?
Bien entendu, toute écriture humoristique est destinée à faire rire le téléspectateur. Par contre, je suis adepte de la satire sociale et toute société constitue un terrain fertile à ce genre d’humour. Là aussi, il faut prendre en considération deux caractéristiques du public tunisien. Un, il n’aime pas les donneurs de leçons. Deux, il adore l’humour "à degrés" sans pour autant pencher pour tout ce qui est décalé. Et puis, la télé exige beaucoup d’humilité de la part de l’auteur car son auditoire est plus large et les sensibilités plus nombreuses.

Kamel Touati, alias Slimane Labiadh, et Sofiane Châari, alias, Sbouï...

On sent vos efforts pour vous rapprocher du quotidien du Tunisien, a fortiori, du citoyen lambda ? Est-ce une démarche aisée ? Quelles sont vos sources d’inspiration majeures ?

Justement, il ne faut pas chercher à plaire mais plutôt à convaincre. Je suis par définition un citoyen Lambda et donc, je m’inspire du comportement que je peux avoir mais aussi de celui que j’exècre. L’observation est le premier outil de travail, vient ensuite la curiosité des choses qui, dans notre métier est une qualité essentielle, ensuite, il y a le "background" qui intervient, sans oublier la passion pour l’écriture, le sens de la formule, l’esprit et enfin le travail (documentation, recherches, transcription…). Mon environnement direct est souvent ma première source d’inspiration. Bien entendu, certaines personnes qui se sentent visées par une satire se dressent souvent en censeurs mais c’est ce qu’on appelle les risques du métier.

Maintenant que la Sitcom Choufli Hal quitte la petite lucarne, qu’aura-t-elle laissé dans l’esprit du Tunisien ? Et ce sera quoi la suite pour vous ?
La série fait déjà partie de la mémoire collective du Tunisien mais elle doit savoir s’arrêter. Depuis cinq ans, je ne réfléchis qu’à ses événements et franchement, j’ai envie de passer à autre chose. Le théâtre me tente, le thriller aussi mais pas encore le cinéma. Je me prépare et je me forme pour la réalisation. A l’avenir, je vais essayer de me lancer dans des expériences de groupe ou des coproductions. Je viens de créer une structure à cet effet baptisée "Eye Prod". Mieux vaut cultiver un label qu’un nom…

En Tunisie, on entend toujours les artistes, dans leur diversité, se plaindre d’une certaine marginalisation voire de la précarité de leur situation ? Qu’en est-il pour vous ? Votre expérience de scénariste a-t-elle été difficile ?
Pourquoi les parents ont toujours du mal à accepter l’idée que leur enfant devienne artiste ? Parce qu’ils savent comme tout le monde que ce travail est délicat et qu’il ne sourit qu’à quelques rares miraculés, souvent téméraires et bosseurs. Plus que de la précarité, les artistes se plaignent surtout de la rareté du travail. Mon expérience est sinusoïdale car même si j’ai mis plus d’un an et demi avant que la commission de sélection des projets à la télé n’accepte l’idée de faire produire ma première sitcom, j’estime que tout succès facilite le travail et la vie. Les vrais mécènes sont les annonceurs et généralement, ils ne se trompent jamais de cible.

Vous êtes à l’origine un homme de médias, journaliste chroniqueur et caricaturiste ? Comme est venu le basculement vers l’univers de la télévision...même si vous n’avez pas coupé les ponts avec la presse écrite, et que celle-ci est assez présente dans la sitcom Choufli Hal ?
Au début de ma carrière journalistique, mes collègues plus expérimentés s’amusaient à dire que le journalisme mène à tout, à condition de savoir s’en sortir. Et en mon for intérieur, je me suis toujours lancé le défi de ne jamais arrêter le journalisme. Ma passion pour ce métier m’a poussé à arrêter des études en médecine et à reprendre des études en journalisme et en communication. Je suis aussi un enfant de la télé et le basculement est venu naturellement mais pas facilement. En plus, 20 ans de chroniques quotidiennes sur "Le Temps", çà aide pour l’inspiration… Au moins, ça crée une discipline d’écriture et une meilleure adaptation au syndrome de la feuille blanche.

Propos recueillis par H.J.

 

Commentaires 

 
-1 #4 tffff
Ecrit par ikram     28-08-2009 19:22
vous pouvais récomance choufli hall
 
 
-1 #3 Dessin animé
Ecrit par Normal     23-08-2009 10:54
Pour une première soirée romadanesque les infos sur TV7 sont devenues du coup on va dire, moins lassant (pour ne pas être censuré par notre ami Gnet) en comparaison avec la fameuse caméra cachée des moins de 5 ans et du torse sans les pâtes Mellouli de notre major Tunisien qui te coupe l'appétit à plusieurs reprises sans faim
 
 
0 #2 une pénitence
Ecrit par marechal     19-08-2009 15:02
Pourquoi faut-il que toutes les émissions débiles, médiocres, faussement populaires - qui tiennent plus de la farce du 15 éme siècle que du vrai théâtre - fassent leur apparition pendant le mois de Ramadan.
Est ce une pénitence en plus???
 
 
+1 #1 fadda
Ecrit par uiop     19-08-2009 13:47
on a besoin de la nouveauté, de la création, du nouveau air..... c'est comme le cas de star academy 1 2 3 4 5 6 7 8 ....!!!
 
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